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Culture

Le revival des Nuits libanaises à Baalbeck

Conférence de presse

Le festival, cru 2017, a annoncé hier six spectacles, du 7 juillet au 15 août.

13/04/2017

La présidente du Festival de Baalbeck, Nayla de Freige, a rendu public, hier, le programme panaché de la 61e édition du festival qui étale cette année ses six spectacles du 7 juillet au 15 août. La conférence de presse s'est tenue à la Salle de Verre, à Hamra, en présence des ministres de la Culture Ghattas Khoury et du Tourisme Avédis Guidanian, ainsi que de la directrice générale de ce ministère, Nada Sardouk, du mohafez de Baalbeck-Hermel, Bachir Khodr, du président de la municipalité de Baalbeck, le général Hussein Lakkis, et des représentants des principaux sponsors, dont la Société générale de banque au Liban et la Fondation al-Walid ben Talal.

« Cette année est différente, a déclaré d'emblée Mme de Freige. Nous avons de nouveau notre président d'honneur, qui est, depuis la création du festival, le président de la République en exercice. Nous remercions le président Michel Aoun pour le soutien qu'il nous a exprimé lors de la visite du comité au palais présidentiel. »

Avant d'exposer le programme, la présidente du festival a tenu particulièrement à exprimer sa gratitude au ministère de l'Intérieur et aux forces de sécurité (armée et FSI) pour leur travail, « ainsi qu'au mohafez de Baalbeck-Hermel, M. Bachir Khodr, ici présent, qui est toujours là pour nous aider. Les choses ont tellement évolué positivement depuis qu'il a été nommé ! Le président de la municipalité, le général Hussein Lakkis, est aussi à nos côtés et fait le lien entre le festival et la ville de Baalbeck. Là aussi, je peux dire que notre collaboration est très constructive ».

 

20 000 spectateurs en 2016
Nayla de Freige a rappelé que l'année dernière, avec la riche programmation des 60 ans du festival, et grâce à de bonnes conditions sécuritaires, le festival a connu un succès incontestable, drainant plus de 20 000 spectateurs à Baalbeck. « Nos efforts ont été récompensés, entre autres, par les médias et par un trophée qui nous a été remis par le ministère de l'Économie pour le dynamisme que nous avons apporté à la Békaa. Et ce qui nous va droit au cœur, c'est la reconnaissance de la société civile de Baalbeck qui s'exprime sur les réseaux sociaux, et à travers l'hommage de l'ONG Lost, dirigée par Rami Lakkis, dont nous avons découvert l'efficacité. »

Pour conclure, Nayla de Freige a joint sa voix à celle de la présidente du Festival de Beiteddine, Nora Joumblatt, pour protester contre la surtaxation (l'État prélèvera sur chaque billet jusqu'à 35 % cette année). « Cette hausse va malheureusement influer négativement sur les festivals et leur réputation à l'étranger », a-t-elle regretté.

Concernant la programmation du festival, il convient de signaler que l'ouverture sera marquée par un revival des fameuses Nuits libanaises du festival, qui ont présenté, depuis leur lancement en 1957, des créations des frères Rahbani, de Toufic el-Bacha, Zaki Nassif, Roméo Lahoud, Walid Gholmieh, Philémon Wehbé... avec Feyrouz, Sabah, Nasri Chamseddine, Melhem Barakat, Samir Yazbeck, etc.
« De nombreux grands tubes de ces nuits célèbres vont être mis en spectacle, tout en donnant la possibilité aux jeunes chanteurs confirmés d'interpréter leurs propres créations. Nous passons le flambeau à la nouvelle génération », a déclaré à L'Orient-Le Jour le metteur en scène Gérard Avédissian en précisant que la dabké présentée lors de ce spectacle sera chorégraphiée et quelque peu modernisée.

Dans la section « world music », la trois fois lauréate aux Grammy Awards Angelique Kidjo rendra un hommage à Celia Cruz, Nina Simone et Miriam Makeba. Les nostalgiques des années 80 retrouveront avec joie le groupe de rock américain Toto avec ses chansons Africa, Rosanna, Stop Loving You.
Très attendu également le spectacle « spécial Baalbeck » du trompettiste Ibrahim Maalouf.

 

(Lire aussi : Vibrant hommage à Nayla de Freige et au mohafez de Baalbeck pour la réussite du « père des festivals »)

 

 

 

Trois questions à Nayla de Freige, présidente du Festival de Baalbeck

Quel bilan tirez-vous de l'édition 2016 et quelles sont vos attentes pour celle de 2017 ?
L'édition 2016 était exceptionnelle. Nous avions mis la barre haut pour fêter nos 60 ans avec des artistes locaux et internationaux majeurs, et les échos du festival ont résonné loin, à l'étranger. Les bonnes conditions sécuritaires nous ont beaucoup aidés et le nombre des spectateurs a quasi doublé. Cette année, notre programmation est destinée à un public très varié, avec un « revival » des Nuits libanaises reprises par une nouvelle génération de chanteurs confirmés; de la « world music » avec un hommage aux femmes artistes militantes noires sélectionnées par Angelique Kidjo; le groupe pop-rock américain Toto qui est heureux de venir à Baalbeck; Ibrahim Maalouf qui prépare quelque chose de très grand, pour Baalbeck ; un excellent trio classique français avec piano, violon et violoncelle qui jouera à l'intérieur du temple. Nos temps forts doivent attirer plusieurs générations de spectateurs. J'espère que les dates de la multitude des festivals ne se chevaucheront pas trop. Et j'espère surtout qu'il n'y aura pas d'incidents sécuritaires d'ici là dans le pays pour que les Libanais de l'étranger et les touristes soient nombreux à venir au Liban, car Baalbeck, pour ces visiteurs, est une destination incontournable.

Les jeunes continuent de se plaindre de la cherté des billets des festivals. Avez-vous prévu des modalités
et tarifs spéciaux pour eux ?
Nous n'avons pas changé notre gamme de prix depuis plusieurs années. Nous appliquons des prix de groupe qui pourraient inciter les jeunes à se regrouper pour acheter leurs billets, tous spectacles confondus. Pour avoir les informations nécessaires, ils peuvent appeler la billetterie ou le bureau du festival.

Si vous deviez diriger pour une seule année un autre festival libanais, ce serait lequel et pourquoi ?
On a souvent dit qu'il fallait créer une association des grands festivals libanais à caractère international, qui serait dirigée à tour de rôle par chacune des présidentes de ces différents festivals, chacune apportant des compétences complémentaires. Nous en avons discuté à plusieurs reprises avec le Festival de Beiteddine et, plus particulièrement, avec Nora Joumblatt. J'aimerais diriger cette association pendant un an, si elle voit le jour. Sa mission serait d'harmoniser l'organisation des festivals dans le pays, de privilégier une bonne coordination, classifier les festivals, préserver leurs intérêts et leurs droits, tout en gardant à chacun sa spécificité, et encourager l'émulation positive. Je crois qu'on en a vraiment besoin.

Programme

Vendredi 7 et dimanche 9 juillet : la nouvelle génération fête les Nuits libanaises
Samedi 15 juillet : Angélique Kidjo
Samedi 22 juillet : Ibrahim Maalouf
Dimanche 30 juillet : Trio Wanderer
Vendredi 4 août : Samira Saïd
Mardi 15 août : Toto.

 

Le top trois de la rédaction

SPECTACLE

Les Nuits libanaises
La nouvelle génération d'artistes fête les Nuits libanaises dans un spectacle de chant et de danse avec Rami Ayache, Aline Lahoud et Brigitte Yaghi. Chorégraphie : Sami Khoury. Chef d'orchestre : Élie Alia. Concept et mise en scène : Gérard Avédissian. À l'occasion du soixantième anniversaire des Nuits libanaises, le Festival international de Baalbeck passera le flambeau à une nouvelle génération d'artistes, leur donnant l'opportunité de montrer leur talent en reprenant des chansons célèbres du passé, tout en ajoutant des créations contemporaines de leur répertoire.

Vendredi 7 et dimanche 9 juillet, marches du temple de Bacchus.

 

CONCERT
Ibrahim Maalouf
Après avoir participé à Ilik Ya Baalbak en 2015 et interprété Kalthoum en 2016 au Casino du Liban dans le cadre du Festival de Baalbeck, le talentueux artiste franco-libanais - Victoire de la musique en 2014 pour son album Illusions, Victoire de la musique pour sa tournée triomphale Red & Black Light, prix Lumières et César pour la meilleure musique de film avec Dans les forêts de Sibérie en 2017 – se produira sur les marches du temple de Bacchus lors d'un concert conçu spécialement pour le festival, avec la participation de nombreux musiciens, chanteurs et invités spéciaux.

Samedi 22 juillet, marches du temple de Bacchus.

 

 

MUSIQUE DE CHAMBRE
Trio Wanderer
Célébré pour « un jeu d'une extraordinaire sensibilité et une complicité presque télépathique », le Trio Wanderer, composé de Jean-Marc Phillips-Varjabédian au violon, Raphaël Pidoux au violoncelle et Vincent Coq au piano, est une des formations de musique de chambre les plus demandées au monde. Régulièrement invité par les institutions les plus prestigieuses, il fête ses trente ans de carrière et plus de vingt albums couronnés de nombreuses reconnaissances, dont des Victoires de la musique, à trois reprises, comme meilleur ensemble instrumental de l'année et, tout récemment, le Diapason d'or pour le nouveau disque Dvorak.

Dimanche 30 juillet, temple de Bacchus.

 

Ils ont dit...

Ghattas Khoury, ministre de la Culture :
« Le Liban est un pays qui intrigue. Il est en crise perpétuelle sur le plan politique, alors que sur le plan culturel, c'est l'éclaircie la plus totale. Ce gouvernement œuvre à regagner la confiance des Libanais. Et au ministère de la Culture, nous ne raterons aucune occasion de montrer le visage civilisé et cultivé du pays. Le 22 avril, nous visiterons Baalbeck à l'occasion du lancement, en collaboration avec les Nations unies, du projet de protection du patrimoine et des biens culturels face aux catastrophes naturelles. »

Avédis Guidanian,ministre du Tourisme:
« En dehors de la Salle de Verre, c'est le branle-bas dans le pays. Il serait sans doute préférable de rester ici, où nous lançons jour après jour les festivals qui vont rythmer l'été. Nous lançons un souffle d'espoir, nous lançons des sourires supplémentaires. Je souhaite à travers Baalbeck, son festival pionnier et ses temples symboles du Liban, affirmer que la saison estivale sera florissante. J'y crois absolument. Il faut sortir du cauchemar, il faut dire "kafa" (ça suffit). »

Abdel Salam Marini, directeur de la Fondation al-Walid ben Talal:
« Je voudrais vous promettre que cette Salle de Verre, qui est témoin du lancement des festivals de l'été, sera réhabilitée par notre fondation et apparaîtra, l'année prochaine, sous un nouveau look. »

Bachir Khodr, mohafez de Baalbeck-Hermel:
« La situation sécuritaire cette année est de loin meilleure que celle des années précédentes. Le Conseil des ministres se réunira en assemblée à Baalbeck, nous espérons que ce sera le 7 juillet, le jour du lancement du festival. »

Joanna Baloglou,représentant la SGBL:
« Nous apportons notre soutien au Festival de Baalbeck pour la 3e année consécutive. Et nous saluons les efforts déployés par le comité organisateur. »

 

 

Lire aussi 

Nora Joumblatt : Voudrait-on liquider les festivals d’été ?

 

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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

"Le metteur en scène Gérard Avédissian a précisé que la dabbkéhhh présentée lors de ce spectacle sera chorégraphiée et quelque peu modernisée." !
Pourquoi seulement "quelque peu" ? Il faudra plutôt totalement la moderniser !
Uuuuuuuuft ! Äâââl "quelque peu", äâââl !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

"Président de la municipalité de Bäälbick, le général H'ssâïnéllakkîss." !
Général ?!
De quelle armée ?

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