X

À La Une

Marine Le Pen choque sur le rôle de la France pendant l'occupation nazie

Présidentielle

"Je pense que la France n'est pas responsable du Vel d'Hiv" à Paris - la plus grande arrestation massive de juifs pendant la Seconde guerre mondiale-, a dit la chef de l'extrême droite.

OLJ/AFP
10/04/2017

A rebours de la stratégie de normalisation de son parti d'extrême droite, Marine Le Pen a choqué lundi à 13 jours du premier tour de la présidentielle en jugeant que la France n'était pas "responsable" de la déportation de juifs sous l'occupation nazie.

En tête des intentions de vote pour le 23 avril, au coude à coude avec le centriste Emmanuel Macron, la candidate des "patriotes" a renoué avec le "refus de repentance", un thème cher aux dogmes traditionnels du Front national.

La candidate, qui s'efforce de lisser l'image sulfureuse de son parti longtemps alimentée par les propos antisémites et révisionnistes de son père, Jean-Marie Le Pen, s'est attiré les foudres de plusieurs candidats, d'associations juives et d'Israël.

"Je pense que la France n'est pas responsable du Vel d'Hiv" à Paris - la plus grande arrestation massive de juifs pendant la Seconde guerre mondiale en France-, a estimé dimanche la dirigeante de ce parti en constante progression depuis qu'elle en a pris la tête en 2011.
"Je pense que de manière générale, plus généralement d'ailleurs, s'il y a des responsables, c'est ceux qui étaient au pouvoir à l'époque, ce n'est pas LA France", a-t-elle poursuivi lors d'une émission.

En juillet 1942, plus de 13.000 juifs avaient été arrêtés à la demande des nazis et sur ordre du pouvoir français en place pendant l'occupation. Parqués au Vélodrome d'hiver, ils avaient été ensuite acheminés dans les camps d'extermination nazis.

La responsabilité de cette rafle a pendant des décennies été attribuée aux responsables politiques de l'époque, non à l'Etat, et ce n'est qu'en 1995 que le président de droite Jacques Chirac a reconnu la responsabilité de la France. Depuis, aucun président n'a remis en cause la reconnaissance d'un "crime commis en France par la France", selon les mots de l'actuel président socialiste François Hollande.

 

(Lire aussi : Rien ne va plus....)

 

"Héritage"
Pour Marine Le Pen, "on a appris à nos enfants qu'ils avaient toutes les raisons de la critiquer (la France), de n'en voir peut-être que les aspects historiques les plus sombres", ajoutant: "Donc, je veux qu'ils soient à nouveau fiers d'être Français".

Son concurrent Emmanuel Macron a aussitôt fustigé "le vrai visage de l'extrême droite". Elle "n'aime pas l'Histoire, je pense qu'elle l'arrange", a jugé le candidat socialiste Benoît Hamon.
A droite, des responsables ont aussi condamné ces propos. "La vérité, c'est que le Vel d'Hiv a été un crime qui a été commis par l'État français, par le régime de Vichy, bien sûr, mais aussi par l'administration qui a secondé les décisions qui ont été prises par le gouvernement français", a réagi le candidat du parti Les Républicains François Fillon. "Je trouve que le Front national est extrêmement mal placé pour parler de ces sujets, lui qui compte encore dans ses rangs beaucoup de nostalgiques du régime de Vichy", a ajouté M. Fillon.

"Marine Le Pen assume tout l'héritage de son père (...). Si certains étaient tentés d'oublier ces évidences, séduits par le ripolinage médiatique de la +dédiabolisation+, la présidente du FN s'est elle-même chargée de les rappeler hier", a de son côté estimé le député Jean-François Copé.
Lundi, le quotidien Le Monde a jugé qu'elle avait "franchi une ligne rouge".

Israël, dont la politique officielle est de n'avoir aucun contact avec le FN accusé d'antisémitisme, a pour sa part condamné une déclaration "contraire à la vérité historique telle qu'elle a été exprimée par les déclarations des présidents de France".
Des associations juives de France ont dénoncé "le révisionnisme" de la candidate.

Face au tollé, Marine Le Pen a fustigé une "instrumentalisation politique", en rappelant qu'elle considérait que "le régime de Vichy n'était pas la France", comme le général de Gaulle ou le socialiste François Mitterrand.

Pour l'historien Nicolas Lebourg, spécialiste de l'extrême droite, Marine Le Pen "cherche à se démarquer de nouveau comme candidate antisystème" dans un contexte où les sondages la placent en tête "depuis longtemps mais sans évolution".
Fait inédit, le nombre d'indécis, un électeur sur trois, n'a jamais été aussi fort à moins de deux semaines du vote et les candidats cherchent à mobiliser cette frange électorale.

Selon le politologue Bruno Jeanbart, Marine Le Pen, qui a qualifié les chambres à gaz de "summum de la barbarie" en 2011, avait toutefois "jusque là toujours hésité, refusé le débat" sur le passé de la France. Or, selon lui, "les Français sont très attentifs à l'idée qu'il ne faut pas passer son temps à s'excuser pour le passé".

En février, des propos d'Emmanuel Macron sur la colonisation française qualifiée de "crime contre l'humanité" avaient suscité une polémique, le poussant à atténuer ensuite sa déclaration.

 

 

Lire aussi

Et si elle passait... que ferait la France anti-FN?

Présidentielle en France: les discours des candidats au crible des chercheurs

La frappe américaine en Syrie divise les prétendants à l'Elysée

Le "syndrome russe" à l'œuvre dans la campagne présidentielle française

Impopulaire ou irresponsable

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Alexandre Hage

Cette femme ne lui manque que des moustaches en 11 et un troisième reich.
Cependant sans polimiquer est ce qu'on peut affirmer que le Liban a collaboré avec l'occupation israélienne parce qu'une partie de certains traîtres libanais avait collaboré ? Le général de Gaules lui même avait affirmé que la France de Vichy n'est pas la France. La question qui se pose est la suivante : pourquoi avait elle dit ça à 2 semaines du premier tour après tant d'effort pour se refaire une virginité politique noirci par tant de déclarations xénophobes de son père ? De toutes manières cette femme est une copie conforme de son père avec une pointe plus extrême concernant les français musulmans. Il ne faut pas se leurrer sa dernière connerie s'est passée au Liban avec le mufti.juste pour se faire de la pub ça montre son respect pour cette confession.elle met tout le monde dans le même panier islam et intégristes takfiristes.

VIRAGE CONTRÔLÉ

Quand on dit que c'est la seule à se battre pour l'intérêt de la France française on ne dit pas autre chose.

Bravo Marine poursuit ta route.

L'Orient-Le Jour

Merci pour votre commentaire, l'erreur a été corrigée.
Bien à vous

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PARAGRAPHE 10 LIGNE 2 DOIT LIRE A POUR SA PART ETC...

Honneur et Patrie

Je n'entre pas dans cette polémique nauséabonde sur la France occupée. Les Le Pen, père et fille, ont toujours combattu le général de Gaulle et sa France libre pour adorer le maréchal Pétain. Voilà que Marine, maintenant qui dit le contraire.
C'est la France occupée du maréchal Pétain, l'idole de Jean-Marie le Pen qui avait exécuté le crime du Vel d'Hiv'.

M.V.

Belle séquence de désinfo/diversion de l'AFP , et sous la dernière nomenklatura socialiste au pouvoir en Europe ...Marine Le Pen choque t'elle par ces scores aux élections..?

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants