Producteur de cinéma, un métier moteur du secteur audiovisuel - Carole AWIT

LES CARRIÈRES NON TRADITIONNELLES

Producteur de cinéma, un métier moteur du secteur audiovisuel

Au-delà de l’argent, aimer le 7e art.

Avec un secteur du cinéma de plus en plus dynamique au Liban, l'intérêt pour le travail de production augmente. Retour sur un métier abordant toutes les étapes de fabrication d'un film.

13/04/2017

Le producteur s'occupe du financement des productions cinématographiques et gère les aspects à la fois commerciaux et artistiques de chaque projet qu'il développe. Son rôle consiste à suivre toutes les étapes de la création du film, de l'écriture du scénario jusqu'à sa sortie en salle. Il va orchestrer la stratégie de production, embaucher l'équipe et collaborer avec toutes les personnes qui interviennent sur le projet cinématographique, de son développement jusqu'à sa promotion. Afin de pouvoir produire des films courts, moyens ou longs, il doit disposer de financements privés, mais aussi signer des coproductions avec des pays étrangers, trouver des fonds de soutien, des aides à la production et des subventions.

Les qualités requises

Le producteur apporte son soutien à des films auxquels il croit et œuvre sans répit pour trouver, en plus de l'argent nécessaire à leur production, des distributeurs qui leur permettront d'être diffusés au Liban et à l'étranger. Pour pouvoir évoluer dans son travail, il doit aimer le 7e art, avoir une grande culture cinématographique et une connaissance profonde du marché de l'audiovisuel. Un bon sens de l'organisation et un esprit pratique lui permettront de trouver des solutions quand des problèmes se présenteront. Il a en outre le sens des affaires et il est amené à contrôler constamment les budgets et les dépenses.

Pour que son projet puisse aboutir au meilleur résultat possible, le producteur travaille en étroite collaboration avec le réalisateur qu'il écoute attentivement et à qui il fait part de son avis sur certains choix artistiques. Il est amené à collaborer avec des gens de différentes nationalités et à voyager un peu partout dans le monde, et pour cela, une maîtrise de certaines langues étrangères est requise. « Le producteur offre à une œuvre d'art les moyens d'exister, d'être diffusée sur le plan local et à l'international, et il permet à plein de gens d'en vivre. Il a parfois la chance de participer à la concrétisation de grands projets cinématographiques qui peuvent laisser une trace dans l'histoire du 7e art et véhiculer des messages importants », explique Myriam Sassine, productrice de cinéma et enseignante à l'Académie libanaise des beaux-arts (ALBA).

Les difficultés du métier

Le producteur de cinéma peut être très sollicité par les réalisateurs, et il n'est pas toujours évident pour lui de faire le tri entre tous les scénarios qu'il reçoit afin d'y retenir les meilleurs projets. Créer et produire des œuvres cinématographiques reste difficile au Liban, car le secteur n'est pas assez développé et il faut faire preuve de motivation pour pouvoir travailler avec des moyens restreints et des budgets serrés. Pour chaque investissement relatif à un film, le risque financier est gros, « car un producteur peut investir beaucoup de son temps et une grande somme d'argent dans un projet qui n'aboutit pas ou qui ne rencontrera pas le succès attendu, et la déception peut être grande », précise Myriam Sassine. Le producteur travaille constamment sous pression, car il a des délais et des budgets à respecter. Le marché du cinéma est enfin imprévisible, et les producteurs ne peuvent pas deviner lequel de leur projet sera un échec commercial et lequel rencontrera un succès fulgurant.

Les débouchés

Après des études en audiovisuel, une spécialisation en production ou une toute autre formation (affaires, management, gestion, etc.), le futur producteur commence par être assistant à la production, afin de s'initier aux multiples aspects du métier de producteur. Après avoir acquis de l'expérience, il peut commencer à prendre en charge ses premiers projets, le plus souvent des courts métrages et des documentaires à petit budget. « Petit à petit, il pourra s'occuper de projets plus ambitieux. Cette évolution se fait plus ou moins rapidement en fonction des projets qu'il choisit, des partenariats qu'il arrive à créer et des gens qu'il réussira à convaincre de travailler avec lui », note enfin Myriam Sassine.

Se spécialiser en production

Une dizaine de formations audiovisuelles sont proposées par différentes universités, telles que l'ALBA, l'USJ, l'USEK, l'Université libanaise, la LAU, la NDU et l'Université al-Kafaat, et comportent des cours de production. Pour intégrer ces établissements, un entretien et un concours d'entrée sont souvent nécessaires. En choisissant de s'inscrire dans une université privée, le jeune peut débourser jusqu'à 10 000 dollars américains par année.

L'ALBA est la seule université libanaise à proposer un master inédit en production qui forme des professionnels capables d'initier et d'accompagner la création d'œuvres audiovisuelles.
Pour ceux qui souhaitent étudier en France, la Fémis, l'École supérieure de l'image et du son (ESIS) et l'Institut national de l'audiovisuel, qui recrutent sur concours, offrent entre autres des formations en production.

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