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Les négociateurs syriens à Genève pour un nouveau round de discussions

Diplomatie

"Il n'y aura pas de règlement politique en tant que tel, ou bien seulement un accord syro-syrien purement formel", affirme un expert.

OLJ/AFP
23/03/2017

Les parties belligérantes en Syrie ont entamé jeudi une nouvelle série de discussions à Genève sous l'égide de l'ONU, mais l'espoir est mince de trouver une solution politique à ce conflit qui a déjà fait plus de 320.000 morts depuis six ans.

En l'absence de l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan De Mistura, en tournée dans plusieurs capitales, c'est son adjoint Ramzy Ezzeldin Ramzy qui a accueilli les délégations. "Nous avons entamé aujourd'hui des discussions préliminaires", a-t-il déclaré aux journalistes à l'issue de sa rencontre avec la délégation de Damas, dirigée par Bachar al-Jaafari, ambassadeur de Syrie à l'ONU à New York. "Nous espérons que nous entamerons des discussions substantielles demain", avec le retour de M. De Mistura, a-t-il ajouté.

M. Ramzy a ensuite rencontré la délégation du Haut comité des négociations (HCN), qui rassemble des groupes clés de l'opposition et est dirigée par Nasr al-Hariri. En fin d'après-midi, il a enfin eu un entretien avec les opposants proches de la Russie, le "Groupe du Caire" et le "Groupe de Moscou".
M. De Mistura était à Moscou mercredi et à Ankara ce jeudi. La Russie, soutien du régime de Damas, et la Turquie, proche de l'opposition, sont les parrains du cessez-le-feu en vigueur depuis décembre.

 

(Lire aussi : Des rebelles alliés à des jihadistes avancent dans la province de Hama)

 

Quatre rounds sans résultat
Quatre séries de pourparlers ont déjà été organisées depuis 2016 à Genève par M. de Mistura, sans résultat.
Lors du dernier round en février, ce diplomate italo-suédois est parvenu pour la première fois à faire accepter par les parties au conflit un agenda avec quatre sujets de discussion: la gouvernance (terme flou pour évoquer une transition politique), une nouvelle Constitution, la tenue d'élections et la lutte contre le terrorisme à la demande de Damas.

Mais le fossé reste profond entre l'opposition qui exige le départ du président syrien Bachar el-Assad, comme préalable à toute solution, et le gouvernement qui veut discuter en priorité de la "lutte contre le terrorisme", ce qui pour Damas désigne tous ses adversaires. Nasr al-Hariri a réaffirmé jeudi devant les journalistes que le HCN était venu à Genève pour "garantir le départ de Bachar el-Assad et sa clique".

Comme lors des précédents rounds, les discussions seront menées de façon indirecte, avec Staffan de Mistura dans le rôle d'intermédiaire et de modérateur. Mais Salem al-Meslet, porte-parole du HCN, a réclamé mercredi soir des négociations directes. "Nous sommes venus à Genève pour avoir de réelles discussions, pas pour perdre notre temps"", a-t-il dit à des journalistes. "Nous voulons voir un partenaire sérieux de l'autre côté de la table et nous continuons d'insister pour des négociations directes."

 

(Pour mémoire : Le régime syrien déstabilisé au cœur de Damas)

 

Pessimisme des analystes
Les analystes sont pessimistes sur le résultat de ces pourparlers, car le régime syrien est en position de force depuis l'intervention militaire de son puissant allié russe fin 2015, qui lui a permis de remporter des victoires face aux rebelles et aux jihadistes, notamment en reprenant la ville d'Alep (nord).

"A mon avis, il n'y aura pas de règlement politique en tant que tel, ou bien seulement un accord syro-syrien purement formel", a dit à l'AFP Yezid Sayigh, du Centre Carnegie sur le Moyen-Orient. "Les progrès du régime font de ce scénario une quasi certitude", a-t-il ajouté, se disant en revanche convaincu qu'un "accord" véritable ne pourra être obtenu "que par une médiation de la Russie".
Du côté de l'opposition, des tensions internes se font jour, alors que le soutien crucial des Etats-Unis bat de l'aile depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump.

Le fragile cessez-le-feu, en vigueur depuis décembre, est en outre menacé depuis plusieurs jours par des offensives des rebelles et des jihadistes dans l'est de Damas et dans le centre du pays. "Ces attaques (...) montrent clairement que ces groupes et les pays qui les soutiennent veulent continuer à recourir au terrorisme comme arme politique et saboter toute chance de trouver une solution à la guerre et au bain de sang", a commenté jeudi le journal pro-gouvernemental al-Watan. M. Hariri a qualifié ces attaques d'"auto-défense".

 

 

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