Cinéma

Le Liban et son éventail de films hauts en couleur

Festival

« Ayyam Beirut Cinema'iya » tire à sa fin et c'est le Palestinien Raed Andoni qui clôture ces journées riches et variées avec le documentaire « Ghost Hunting ».

23/03/2017

La course aux films va bientôt s'achever. Et c'est bien dommage. Car courir les rues de Beyrouth, de Metropolis à l'Institut français qui accueille la section al-Fouad, en passant par le centre Dawawine pour les films expérimentaux, était exaltant. Tout autant le fait de découvrir cette variété panachée de longs, courts métrages et documentaires. Avec certainement un petit bémol : voir que la censure ne chôme pas. Sélection.

« Those Who Remain » d'Éliane Raheb.
Ce documentaire de 95 minutes suit la vie quotidienne de Haïkal, paysan et agriculteur qui vit à Shambouk, au nord du Liban, à quelques kilomètres des frontières syriennes. À travers les quatre saisons, la nature qui change, donnant à voir une sublime palette de couleurs, la cinéaste interroge Haïkal et décrypte cet attachement à la terre dans un climat géopolitique très dur où les multiples confessions s'imbriquent, formant un tableau complexe. On est déjà familiarisé avec le travail de cette cinéaste laborieuse qui passe parfois deux ans à produire un film, ; à son style mi-documentaire, mi-reportage qui inspecte, fouille, sonde les personnages jusqu'à leur profond intime. Après Sleepless Nights en 2012, Éliane Raheb présente un film moins tourmenté, teinté de douceur, d'humour et d'espoir. Plus lumineux que le précédent, Those Who Remain est une belle leçon de vie. Espérons qu'il pourra atteindre le plus grand public possible et qu'il pourra faire le tour des villages et des municipalités.

 

(Pour mémoire : Un festival qui donne la voix à ceux qui n'en ont pas)

 

« Ubuntu » de Christian Abi Abboud
Le nom Ubuntu provient d'un ancien mot bantou qui signifie « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous ».
C'est à partir de ce joli mot que Christian Abi Abboud réalise un travelling dans ce film où il suit les pas d'une jeune Syrienne dans la trentaine qui quitte sa vie à Dubaï pour suivre sa sœur en Suède. De très belles images d'une Suède immobile, tranquille, contrastant avec le parcours bouleversant de la protagoniste qui raconte en mots « perlés » les différentes blessures de sa vie. Un premier film d'une sensibilité qui déborde un peu la caméra et l'art de filmer.

 

« Chronic » de Mohamed Sabbah
Projeté au cinéma Montaigne dans le cadre du cinéma al-Fouad « Chronic » traitant de l'amour, de la mort, mais aussi de la survie aux blessures. Mohamed Sabbah mélange fond et forme, les fusionne dans un moule singulier, laissant voir une pellicule organique quasi charnelle. « Ce sont les images qui se précipitaient dans ma tête avant l'écriture et qui, par la même occasion, la créaient.» Profitant d'une bourse de Robert Bosch (Allemagne) il y a trois ans, le jeune cinéaste diplômé de l'ALBA se consacrera à ce premier film de fiction. Structurant au début des premiers plans bien léchés, Sabbah laisse parler une caméra quasi folle à la fin du film. À travers un projet photographique qu'initie l'acteur principal, interprété par un Charbel Kamel habité, c'est une réflexion sur le deuil qui est proposée. Comment archiver les émotions, comment ne pas les laisser s'évaporer, telles sont les questions posées par Chronic. Interrogé sur la suite du parcours de ce film, Mohamed Sabbah dira : « Je ne l'ai pas encore présenté à la censure car je voulais qu'il soit à tout prix vu au Liban, mais s'il ne va pas être projeté à Beyrouth, j'espère qu'il aura une autre vie dans les festivals, petits ou grands, peu importe. »

 

(Pour mémoire : « Tramontane » ouvrira les Journées cinématographiques de Beyrouth)

 

« Take 18 » de Marie-Louise Elia
« Non, ce film n'est pas un thriller », confie Marie-Louise Elia qui a présenté son court métrage au Metropolis Empire Sofil. Et pourtant, il en a les paramètres. En couleurs, et en noir et blanc, Take 18 a la texture d'un film noir. Sur le plateau de tournage, une actrice est tuée à la 18e prise. À travers ce récit, la réalisatrice libanaise sort du « cadre » de l'écran pour s'interroger sur les images et leur pouvoir de manipulation. Elle réussit, en 20 minutes, à désorienter le spectateur et à le troubler. N'est-ce pas là le réel objectif du 7e art ?

 

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