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Cinéma

Philippe Aractingi à l’écoute des cœurs

Événement
09/02/2017

Listen, ou Ismaï, est l'histoire d'un jeune ingénieur du son, Joud, homme doux et discret, très sensible de l'oreille, qui va tomber amoureux de Rana, une jeune actrice pétillante et rebelle, aux antipodes de son univers. Malgré leurs différences, ils se découvrent complémentaires. Lorsque Rana tombe dans le coma, Joud ne trouvera un moyen pour la réveiller que les différentes musiques du monde, qu'il lui fera parvenir par l'intermédiaire de sa sœur. Y parviendra-t-il ?

Le film est un voyage dans les émotions mais surtout dans le son, grâce à Rana Eid, ingénieur du son du film qui a travaillé sur The Valley (2014), Tramontane (2015) et 3 000 Nights en 2016. Le son, à côté de Hady Bou Ayash, Rouba Zaarour et Yara Bou Nassar, est un quatrième personnage en soi. Primordial de surcroît car c'est ce son qui rythme l'action et qui dessine une courbe allant du plus bruyant au plus silencieux qu'est le dialogue amoureux. En effet, le film commence par beaucoup de bruits de gens qui parlent et qui vocifèrent, pour finir par le règne du silence.

Cette quatrième œuvre de Philippe Aractingi est fraîche, jeune, réaliste et d'une sensibilité extrême. Il faudra la voir ou l'écouter avec le cœur. On salue les belles images et la délicatesse avec laquelle sont représentées les scènes d'amour. L'œuvre ouvre également le débat sur les différents visages de l'amour et le côté féminin qui est en chaque homme. Par contre on reprocherait au cinéaste de verser un peu trop dans l'effet itératif. Les scènes se répètent dans la seconde partie jusqu'à créer l'ennui. Ce à quoi Aractingi répondra que « cet ennui est nécessaire à la trame de l'action ». Autre petit bémol est le dialogue qu'on retrouve souvent dans les films de Philippe Aractingi concernant les racines et l'attachement à la terre. Certes, c'est un fil conducteur à toutes ses œuvres, mais est-cela vraiment nécessaire dans un film d'amour ?

Enfin, il est à souligner que la censure est intervenue pour une question de communauté représentée sans le permis du Conseil supérieur druze. Quand pourra-t-on faire un film moderne sans qu'aucune censure (de n'importe quel bord) n'ait à dire son mot ?

 

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