Des partisans du « non » réunis dans une salle de mariage à Üsküdar, sur la rive asiatique d’Istanbul.
La salle de mariage se remplit peu à peu. Mais pour une fois, les convives ne sont pas rassemblés pour faire la fête. En ce jour pluvieux à Üsküdar, sur la rive asiatique d'Istanbul, ils sont venus assister à une réunion publique contre la réforme du régime présidentiel en Turquie. « Normalement, un rassemblement politique comme celui-ci devrait avoir lieu dans un local appartenant à la municipalité, explique Hatice, l'une des organisatrices de l'événement. Mais la mairie du quartier, qui soutient le gouvernement, a refusé de nous accueillir. Nous avons donc dû nous débrouiller autrement ! »
Sous les boules à facettes, une centaine de personnes écoutent attentivement les intervenants du jour. Universitaire, écrivain, ancien député, ils ont tous en commun de dire ouvertement « non » au projet de réforme constitutionnelle qui doit renforcer les pouvoirs du président turc, Recep Tayyip Erdogan. Assise aux premiers rangs, Ayse prend des notes. Pour cette fonctionnaire à la retraite, cette conférence est salutaire: « À la télévision, dans les journaux, on nous répète sans cesse les mêmes idées en faveur du "oui". En fait, il n'y a qu'ici que je peux recevoir des informations différentes, par exemple sur la place des femmes dans la nouvelle Constitution. » Pendant ce temps, Hatice filme le débat avec une tablette et le diffuse en direct sur l'application Périscope. « Les électeurs qui assistent à ces assemblées sont, pour la plupart, déjà sûrs de voter "non" en avril prochain, précise-t-elle. Le but, c'est de leur donner des arguments pour qu'ils puissent à leur tour convaincre d'autres personnes. »
(Pour mémoire : Voile dans l'UE : Erdogan dénonce une « croisade » contre l'islam)
Organisés par quartiers, les opposants au texte se rassemblent depuis quelques semaines sous la bannière du « hayir », « non » en turc. Apolitiques, ces collectifs se démènent sur le terrain pour rallier à leur cause les indécis un à un. Comme en cette fin d'après-midi sur la rue Istiklal, la principale artère commerçante d'Istanbul, toujours bondée. Tracts à la main, Fuat Celik tente d'engager la conversation avec les passants. « Quand quelqu'un m'annonce qu'il pense voter oui, je commence par le laisser m'expliquer pourquoi. Et puis je lui demande: "Avez-vous vraiment lu le nouveau texte de la Constitution ?" Souvent, la réponse est négative, alors je reprends tout, point par point, avec cette personne. » Pour l'instant, les partisans du non affirment recevoir un accueil plutôt bienveillant de leurs compatriotes dans la rue. « Les gens sont à l'écoute. La dernière fois, nous avons distribué près de 4 000 tracts en une heure et demie », souligne fièrement Fuat.
(Lire aussi : Turquie-UE : simple prise de bec ou rupture?)
L'égalité du temps de parole bafouée
En difficulté dans les sondages, M. Erdogan et son parti, l'AKP, redoublent donc d'efforts pour saturer l'espace médiatique. Depuis le mois dernier, un décret autorise les chaînes privées, majoritairement progouvernementales, à ne plus respecter l'égalité du temps de parole entre les deux camps. « Nous ne sommes quasiment jamais invités à nous exprimer dans les grands médias, se plaint Bekir Özkan, un président de section du CHP, le principal parti d'opposition. Ou alors quand ils nous interviewent, les journalistes reprennent les propos d'Erdogan et comparent les défenseurs du non à des terroristes ou aux putschistes responsables de la tentative de coup d'État en juillet dernier. » Une stratégie pas forcément payante d'après le politologue Sinan Ulgen : « Une partie des Turcs sont en train de prendre de la distance avec ce type de discours simplistes. »
En attendant, le bloc du oui continue son matraquage. « Le gouvernement fait campagne avec les moyens financiers et matériels de l'État. Le rapport de force est très déséquilibré », souligne Sinan Ulgen. Un exemple parmi d'autres, place Taksim, le point de départ historique des révoltes populaires en Turquie. Depuis 2007, les messages à caractère politique y sont interdits. Une réglementation qui n'a pas empêché des militants pro-Erdogan de suspendre récemment d'immenses drapeaux « Evet » (« Oui » en turc) sur ce lieu symbolique. « Ils ont fait ça de nuit, avec une grue, et surtout, avec la complicité des policiers qui surveillent la place en permanence, dénonce Ahmet Kiraz, avocat et membre du CHP. Nous allons devoir déposer un recours devant la commission électorale. » Les drapeaux « Evet » ont finalement été décrochés place Taksim. Une petite victoire pour les partisans du non. Mais le difficile combat contre le projet de réforme constitutionnelle ne fait que commencer.
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LE MINI REVEUR SULTANIQUE... DENIGREUR DES GENOCIDES COMMIS... EX POURVOYEUR DES TARES TERRORISTES EN SYRIE ET EN IRAQ... MASSACREUR DES KURDES... VEUT PLONGER LA TURQUIE DANS LE FANATISME OTTOMAN ET L,EXTREMISME ISLAMISTE COPIE DU NAZISME HITLERIEN... AU RISQUE DE DIVISER... DU DEJA FAIT... LE PEUPLE DE SON PAYS ET LAISSER PLANER LE SPECTRE D,UNE GUERRE CIVILE !
07 h 18, le 19 mars 2017