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Moyen Orient et Monde

Après les attaques-suicide à Homs, al-Waer subit des bombardements punitifs

Éclairage

Les habitants de la dernière poche rebelle de la grande ville de l'Ouest syrien appellent à l'aide.

01/03/2017

« Nous sommes bombardés de façon ininterrompue par le régime, qui utilise contre nous toute sorte d'armes imaginables », déplore Mohammad Sebaï, un activiste du centre des médias de Homs, se trouvant dans le quartier rebelle d'al-Waer, et contacté hier via WhatsApp.

Après avoir été épargné pendant plusieurs mois par les violences suite à un accord entre le régime et les insurgés en décembre 2015, al-Waer, quartier assiégé de la partie occidentale de la ville de Homs, se trouve aujourd'hui totalement acculé. Depuis le début du mois, le régime a intensifié ses raids contre les habitations. Après la reddition de Wadi Barada, dans la périphérie de Damas, le régime espère contrôler la dernière poche rebelle de la grande ville connue comme la « capitale de la révolution » syrienne. Début 2011, Homs devient l'épicentre des manifestations anti-Assad, puis de la lutte armée face à la répression.

Après plus de 4 ans de siège par l'armée syrienne, les rebelles capitulent et signent un accord sous l'égide de l'ONU, le 1er décembre 2015. Une petite partie des combattants accompagnés de leurs familles quittent alors le fief rebelle, lors d'opérations d'évacuation vers la province d'Idleb ou de Homs. Cette évacuation fait partie des accords locaux que Damas souhaite passer avec les rebelles assiégés dans certaines zones urbaines. Mais les bombardements vont compromettre la poursuite des opérations.

 

(Lire aussi : L'alliance Tahrir el-Cham revendique les attaques à Homs)

 

Hôpital bondé
Aujourd'hui, le quartier séparé du reste de la ville par l'Oronte compterait près de 75 000 personnes assiégées regroupées sur 2 km², selon l'activiste sur place. « Nous subissons la pire attaque meurtrière jamais vue. Le régime utilise contre nous des obus, des bombes à fragmentation, des missiles sol-sol, et effectue des tirs de mortier, pour ne citer que cela », affirme Mohammad Sebaï.

L'intensification des bombardements des derniers jours est notamment perçue comme des représailles après les attaques coordonnées contre les forces de sécurité samedi dernier à Homs, qui ont fait une quarantaine de morts. L'alliance jihadiste Tahrir al-Cham a revendiqué lundi soir ces attaques perpétrées par cinq kamikazes, d'après la vidéo mise en ligne par Abou Mohammad el-Jolani, chef de Fateh al-Cham, l'ex-branche syrienne d'el-Qaëda. Les négociations de Genève sous l'égide des Nations unies, qui ont repris jeudi dernier après dix mois d'interruption, ont été mises à mal pendant le week-end par ces attentats et par la poursuite des raids de l'aviation syrienne. Le fragile cessez-le-feu proclamé le 30 décembre 2016 pourrait ainsi voler en éclats face à la recrudescence des violences.

Rien qu'hier, six personnes ont trouvé la mort dans les bombardements du régime sur al-Waer, et 25 autres ont été blessées. Parmi eux, « mon collègue, un Casque blanc, a été tué en tentant de sauver des civils des décombres. Et plusieurs enfants se trouvent actuellement dans un état grave en attente d'être pris en charge », poursuit Mohammad Sebaï. « Nous n'avons ni eau, ni lait, ni médicaments... Les femmes et les enfants sont réfugiés dans des abris souterrains », interpelle un médecin de l'unique hôpital de campagne encore en service, dans un message vocal diffusé par les activistes.

Ces derniers déplorent une pénurie de médecins spécialisés, mais également de matériel médical et de médicaments, tels que des seringues, des analgésiques ou des antibiotiques. « Nous demandons à recevoir des aides d'urgence ou à faire sortir la totalité des civils », poursuit Dr Abou Amro. La semaine dernière, les habitants assiégés depuis quatre mois ont cru en une livraison imminente d'aides. Deux convois d'aide humanitaire de l'ONU, censés rejoindre le quartier rebelle, ont été pris pour cible par des miliciens prorégime.

Plusieurs camions ont ensuite été pillés. « Le régime a maintes fois refusé que des aides nous parviennent. La dernière fois (mercredi dernier), les provisions ont été détournées par les milices chiites vers Mazraa, un quartier sous contrôle du régime », rapporte l'activiste. « Si cela continue ainsi, nous courons droit à la catastrophe humanitaire », alerte le jeune homme. Les conditions sanitaires se détériorent à la vitesse grand V et les civils risquent de subir le même sort que les habitants d'Alep-Est, avant que les quartiers ne soient repris par les forces du régime en décembre 2016.

 

 

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Talaat Dominique

un petit problème 75000 personnes sur 2 km² ????

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CES ACTIONS BARBARES DU REGIME QUI NE CE SONT POINT ARRETEES DU TOUT CAUSENT LES REACTIONS DES REBELLES ET SURTOUT CELLES BARBARES DES TARES...

ACE-AN-NAS

On lisait bien dans ce journal que toute action entraînait une réaction .

Pauvres civils , otages des bactéries wahabites comme ils l'ont été tout au long de ce complot , avec Alep pour exemple, qu'on ne badine pas aves les résistances .

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

De véritables Criminels de guerre, ces aSSaSSins aSSadiques bääSSyriaNiques ainsi que leurs acolytes les Chïïtiques fakkihîstes passibles ; tous ; de Crimes contre l'Humanité devant une Cour Pénale Internationale.
Le "Monde Civilisé?" attend quoi de plus Barbare encore pour réagir ?!

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