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Loi électorale : Mikati soumet sa proposition au débat

Liban

"Ce que nous proposons respecte Taëf", déclare Aoun.

10/02/2017

L'ancien Premier ministre libanais Nagib Mikati a soumis vendredi au débat une nouvelle loi électorale, en vue des législatives prévues en mai prochain. Le projet avait été élaboré par le ministre de l'Intérieur du gouvernement qu'il a présidé de juin 2011 à février 2014, Marwan Charbel. Il prévoit un scrutin à la proportionnelle intégrale et un découpage en 13 circonscriptions.

"La plus adéquate"
Au cours d'une conférence de presse, M. Mikati a demandé que la nouvelle loi électorale "puisse transformer le pouvoir" et "soit basée sur l'accord de Taëf". "Cette loi n'est pas idéale, mais elle est la plus adéquate si l'on veut une solution et non pas une crise", a déclaré l'ancien Premier ministre. Elle permet a tous de participer (à la vie politique) et donne aux minorités le droit d'être représentées au Parlement".

Cette proposition fixe également un quota de candidatures des femmes, crée six sièges de députés à la diaspora libanaise, comprend un mécanisme de contrôle des dépenses et prend en compte les conditions des personnes à besoins spéciaux.

"L'élite politique du pays avait qualifié cette loi d'excellente et je souhaite qu'elle soit adoptée. Bien évidemment, des remarques seront émises, mais le président du Parlement Nabih Berry se chargerait de découper les circonscriptions de manière à satisfaire toutes les parties", a-t-il ajouté.
M. Mikati a par ailleurs annoncé qu'il était en train de préparer sa liste pour les prochaines législatives à Tripoli, au Liban-Nord.

"Aucun problème" pour Frangié
Interrogé par la chaîne locale LBCI, le chef des Marada, Sleiman Frangié, a déclaré n'avoir "aucun problème" avec la loi Mikati, se déclarant en faveur d'une loi électorale "juste". La semaine dernière, M. Frangié avait apporté son soutien aux revendications du bloc parlementaire dirigé par le leader druze libanais Walid Joumblatt sur la question de la loi électorale.
M. Joumblatt est en faveur d'une version amendée de la loi en vigueur, dite de 1960, basée sur la majoritaire plurinominale. Celle-ci est néanmoins critiquée, du moins en apparence, par la majorité de la classe politique.

De son côté, Ammar Houri, député du Courant du Futur, a rejeté la proposition Mikati car elle institue la proportionnelle intégrale, à laquelle le Hezbollah et le mouvement Amal se sont déclarés favorables. Pour rappel, le PSP de M. Joumblatt, avec les Forces libanaises (FL) et le Futur, avaient proposé une mouture mixte, alliant scrutin majoritaire et proportionnel.

Le président Michel Aoun, le Premier ministre Saad Hariri, le Courant patriotique libre, les FL, le Hezbollah et le mouvement Amal, ont multiplié les rencontres ces derniers jours pour dégager une entente autour d'une mouture similaire.

"Respecter la coexistence"
Dans la journée, le président Aoun avait déclaré que les propositions concernant la nouvelle loi électorale, dans la perspective des législatives prévues en mai prochain, respectent le cadre de l'accord de Taëf et du Pacte national.

"Les moutures proposées pour la loi électorale ne sortent pas du cadre de Taëf car le Pacte national stipule que la loi électorale doit respecter la coexistence", a déclaré M. Aoun, recevant une délégation du Parti démocratique libanais présidé par le député druze de Aley, Talal Arslane. "Nous faisons en sorte que les minorités soient représentées", a-t-il ajouté.

Plus tôt dans la journée, M. Arslane s'était prononcé contre la loi de 1960 et s'était déclaré favorable à la proportionnelle. "La loi (actuelle) de 1960, contrairement à la proportionnelle, n'assure pas une juste représentation de la communauté druze", a-t-il déclaré, ajoutant que "cette loi n'amène que deux députés druzes à Aley alors que la proportionnelle en assurerait huit".

De son côté, M. Hariri, qui s'est rendu vendredi à Bécharré, au Liban-Nord, pour présenter ses condoléances au chef des FL, Samir Geagea, dont la mère est décédée, a déclaré qu'il n'y avait "pas de délai immuable". "Nous œuvrons pour adopter une nouvelle loi électorale", a-t-il ajouté, interrogé à sa sortie par les journalistes au sujet du temps qui presse pour l'adoption d'un nouveau texte.

 

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