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A Paris, le phénomène des bandes de jeunes sous l'oeil des autorités

"Cette fois, il y a eu un coup de couteau mortel" qui a déclenché un mouvement de bande, déplore un policier mais les phénomènes d'affrontement entre bandes de jeunes ne sont pas nouveaux.

Un jeune homme menotté dans un commissariat français. Photo Fred Dufour/AFP/Archives

La mort d'un adolescent poignardé lors d'une altercation lundi à Paris a déclenché rapidement une descente vengeresse d'une vingtaine de jeunes dans un établissement voisin: le phénomène d'affrontement de bandes est pris très au sérieux depuis quelques années par les autorités.

"Cette fois, il y a eu un coup de couteau mortel" qui a déclenché un mouvement de bande, déplore un policier mais les phénomènes d'affrontement entre bandes de jeunes ne sont pas nouveaux.

A la préfecture de police de Paris, les sept policiers de la cellule de suivi du plan bandes (CSPB) observent minutieusement ce phénomène depuis 2009, jusqu'à en faire une cartographie.

"En 2016, nous avons identifié 126 membres présumés de bandes dans Paris et sa petite couronne et l'agglomération compte une quarantaine de bandes violentes", selon le capitaine Vanessa Villard, adjointe au chef de groupe du CSPB.
Les arrondissements parisiens les plus concernés sont le XVIIIe, le XIXe, le XXe, le XIIe mais aussi le XIIIe, le XIVe et le XVIIe.

"On n'est pas dans le phénomène des gangs", tient à souligner le capitaine Villard, "il n'y a pas de structure, pas de chef. On est plutôt sur des groupes évolutifs en fonction des quartiers", explique-t-elle.
"Parfois les affrontements partent d'un fait comme un vol de scooter, parfois on ne sait pas pourquoi", ajoute-t-elle, racontant le cas d'un élève changé d'établissement scolaire et d'arrondissement qui s'entend dire par un camarade "t'es pas du quartier, ça me suffit pour te planter (poignarder)".

"C'est un phénomène qui avait un peu disparu et qui a ressurgi il y a deux ou trois ans", selon le commissaire du XXe arrondissement Jacques Rigon, chef du 2e district.
"Il y a des gamins qui s'affrontent entre bandes depuis des années, ils ne savent même plus pourquoi", déplore un ancien policier du XIIe arrondissement.
"On a noté qu'il y a aussi des affrontements qui partent du rap. Les quartiers créent leur groupe de rap, il y a des appels sur les réseaux sociaux, ça +clash+ et ça dégénère. C'est très à la mode", selon Vanessa Villard.
"Il y a aussi un rajeunissement important" des protagonistes, souligne le commissaire Rigon. "Sur les XVIIIe et XIXe arrondissement il y a des +fight+ (combats, ndlr) avec des 12-13 ans, avant c'était 16-17 ans", selon lui.
En 2016, 28% des jeunes concernés avaient 13 ans, 36% entre 16 et 18 ans et une dizaine de jeunes avaient moins de 13 ans, selon les statistiques de la CSPB.


'Friands de batte de baseball'
En mai 2016, le procureur de la République de Paris François Molins a mis en place un groupe local de traitement de la délinquance regroupant les services de police, les magistrats, l'Education nationale et les mairies d'arrondissement.
"Nous avons un plan d'action parfaitement rodé", assure le commissaire Rigon. "Nous sommes tous en veille et prêts à partager l'information. Nous sommes très liés aux chefs d'établissements scolaires", explique-t-il.

Les jeunes sont en contact avec les policiers de la mission prévention et communication qui sillonnent les établissements animant des rencontres. Sur son arrondissement, "tous les chefs d'établissement ont mon numéro de portable", assure le commissaire et "la mairie du XXe est très active".

Quant à la répression, "c'est interpellation systématique et placement en garde à vue" dès qu'il y a rassemblement avec des armes comme des bâtons. Ensuite il y a enquête de la sureté territoriale de Paris.
"Ils sont très friands des battes de baseball", souligne le capitaine Villard, "il y a de plus en plus d'utilisation d'armes blanches". "Il y a eu une période où c'était les béquilles", rajoute le commissaire Rigon.

Dans le XXe en 2016, il a dénombré 24 phénomènes de bandes, 61 interpellations et 25 déférements devant la justice.
Le phénomène d'intrusion dans les établissements scolaires "reste anecdotique", selon Vanessa Villard. Dans le XXe, ça se passe "plutôt en fin de journée, le soir ou les week-ends, dans les quartiers", confirme le commissaire Rigon.

 

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