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Décret Trump : une étudiante iranienne raconte son expulsion des Etats-Unis

témoignage

"Le policier m'a dit +vous avez deux possibilités : soit vous acceptez et vous êtes d'accord pour partir de votre plein gré ... soit vous serez expulsée de force au risque d'être interdite de revenir durant un à cinq ans voire plus", se souvient Sara.

OLJ/AFP/ Jocelyne ZABLIT
31/01/2017

Sara Yarjani croyait franchir les contrôles sans problème, comme d'habitude, en arrivant vendredi dernier à l'aéroport de Los Angeles : cette étudiante iranienne n'avait aucune idée du chaos que venait de déclencher un décret anti-immigration de Donald Trump. Elle ignorait que 23 heures plus tard, elle serait expulsée et deviendrait l'une des premières victimes du décret signé le jour même par le nouveau président américain, interdisant temporairement l'entrée aux Etats-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane dont l'Iran.

Sara, qui s'est entretenue lundi soir avec l'AFP depuis Vienne où elle dispose d'un statut de résident permanent, explique que son calvaire a débuté peu après l'atterrissage de son avion vendredi soir alors que le décret anti-immigration était entré en vigueur -sans qu'elle le sache.
"J'avais été en vacances au Canada pour voir ma sœur avant d'aller en Autriche et je rentrais pour reprendre les cours", raconte cette jeune femme de 35 ans, diplômée d'université et étudiant la santé holistique au California Institute for Human Science, situé au nord de San Diego.
"Je ne m'attendais pas du tout à être arrêtée. Je suis déjà entrée à plusieurs reprises dans ce pays et j'ai toujours été très bien traitée, poursuit-elle, je franchissais d'habitude les contrôles douaniers en quelques minutes".

Cette fois, elle a vite compris que les choses avaient changé. L'agent des services de l'immigration auquel elle avait tendu son passeport l'a conservé et l'a emmenée dans une salle d'attente.
Elle a alors dû se tenir debout contre un mur, les bras levés, pour subir une fouille au corps effectuée par deux policières aboyant leurs consignes. Puis se voir intimer l'ordre de retirer son foulard, ses bijoux et les lacets de ses chaussures. Puis devoir remettre tout l'argent liquide dont elle disposait ainsi que son téléphone portable.
Elle allait retrouver plus tard ses effets personnels. Mais entre-temps, elle a dû subir quatre heures d'attente et d'interrogatoires, avec interdiction de passer le moindre coup de fil.

(Lire aussi : Lutte contre le terrorisme : quatre raisons pour lesquelles le « Muslim Ban » est contre-productif)

 

"De gré ou de force"
Un policier affirmant que son visa d'étudiante n'était plus valable l'a obligée à signer un formulaire par lequel elle donnait son accord pour l'expulsion.
"Le policier m'a dit +vous avez deux possibilités : soit vous acceptez et vous êtes d'accord pour partir de votre plein gré ... soit vous serez expulsée de force au risque d'être interdite de revenir aux Etats-Unis durant un à cinq ans voire plus", se souvient-elle. "Le policier s'exprimait sur un ton très menaçant et je sentais que je n'avais pas le choix".

C'est peu après minuit, lorsqu'elle a été autorisée à téléphoner brièvement à sa sœur pour l'informer de son expulsion, que Sara s'est rendue compte de la pagaille qui régnait dans les aéroports américains à cause du décret anti-immigration.
"Je suis arrivée à Los Angeles à 20h35 vendredi et repartie à 19h30 le lendemain", se remémore-t-elle.
Alors que deux policières armées l'escortaient pour son vol de retour vers l'Europe, elle a pu rapidement jeter un coup d’œil à son téléphone portable et voir qu'une juge avait partiellement bloqué l'application du décret.
"J'ai dit à l'une des policières qu'une juge avait pris une décision contre le décret (...) et que je ne devais pas être mise dans l'avion, mais tout ce qu'elle m'a dit c'est +ah, génial+ tout en m'ordonnant de continuer à avancer", raconte-t-elle.

 

(Lire aussi : Muslim Ban : « L'administration Trump a sélectionné des pays plutôt faibles »)

 

De retour en Autriche chez ses parents, Sara essaie toujours de comprendre ce qui s'est passé et de déterminer la conduite à tenir. Sa voix se brise lorsqu'elle explique se sentir en pleine confusion: "d'un côté, je suis soulagée d'être sortie de cette arrestation mais de l'autre je suis vraiment triste car j'aime vraiment mes études".
"J'ai travaillé si dur depuis un an et demi et cela a été si compliqué de pouvoir aller étudier là-bas un sujet qui me passionne réellement".

Elle souligne avoir été très soutenue par les responsables de son université qui se sont inquiétés de son sort, alors que des avocats de l'American Civil Liberties Union (ACLU) lui ont proposé leur aide.
"M'empêcher d'entrer dans le pays où je poursuis mes études n'a aucun sens", observe Sara qui devait passer son diplôme l'été prochain. "J'ai été traitée comme si j'avais commis un acte vraiment répréhensible", s'étonne-t-elle, "je ne pense pas que faire des études pour aider les gens soit un crime qui mérite l'expulsion".

 

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Hallak Andre

la nouvelle mesure anti-immigration concerne moins de 8 % des musulmans du monde si l'on exclue l'Iran, et ne peux être considérée comme discriminante et stigmatisante pour l'islam .

Ces mêmes pays ont déjà été frappés d'embargo sur des produits médicaux et autres biens d'équipements par l'ancienne administration Obama, sans que ceci ne suscite l'émoi ...pourtant , pour une souffrance et une morbidité parfois bien supérieure.

Mais il n'est de frontière que ne peux franchir l'espoir....

Alors, des peuples, pour échapper au totalitarisme et la tyrannie ont décidé de partir coûte que coûte et, leur tourment dans cette épreuve ne peux être ignoré.

Il faudrait que Donald Trump accepte de recevoir au moins ceux qui disposent déjà d'un visa.

Cette tension perceptible de par le monde, a éclipsé un autre événement : la nomination de l'ultraconservateur Steve Bannon comme membre permanent du conseil National de la sécurité NSC, conjugué au retrait de ce même conseil du chef d'état major et du directeur du Directeur du renseignement national DNI, perçus comme déloyaux dans un problème récent relatif à une fuite du MI6.

Cette permutation que comparent des démocrates à Caligula nommant son cheval consul de Rome, isole encore plus Donald Trump . A moins que ce dernier ait décider de parer à cette carence en s'appuyant sur James Mattis chef du Pentagone et Mike Pompeo Nouveau Directeur de la CIA , tous deux fidèles en toute circonstance.

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