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Moyen Orient et Monde - Interview express

Muslim Ban : « L’administration Trump a sélectionné des pays plutôt faibles »

Edward Alden, expert au think tank américain Council on Foreign Relations (CFR) répond aux questions de « L'Orient-Le Jour ».

Carlos Barria/Reuters

Depuis sa signature vendredi dernier, le décret anti-immigration de la nouvelle administration Trump a provoqué l'indignation aux États-Unis et dans le monde. Il vise notamment les ressortissants étrangers de sept pays à majorité musulmane. Edward Alden, expert au think tank américain Council on Foreign Relations (CFR) analyse cette liste pour L'Orient-Le Jour.

Pourquoi ce décret concerne-t-il l'Irak, l'Iran, le Yémen, le Soudan, la Libye, la Somalie et la Syrie ?
Ces pays appartiennent à la liste des pays « soutenant le terrorisme » pour les États-Unis. La Corée du Nord et Cuba sont les deux seuls États à ne pas être sur la nouvelle liste. Huit pays sont sur la liste du département d'État des États-Unis : l'Iran, le Soudan, la Syrie, l'Irak, le Yémen et la Libye en font partie. La Somalie est le seul pays qui n'y est pas inscrit. L'explication la plus plausible, c'est qu'aucun d'eux, à l'exception peut-être de l'Irak, n'est un allié des États-Unis. L'administration Trump a sélectionné des pays plutôt faibles. Mais cette liste rend les experts perplexes ici aux États-Unis. En effet, aucun des individus impliqués dans les attentats du 11-Septembre ou les autres attaques terroristes aux États-Unis n'est citoyen de ces sept pays. Donc du point de vue sécuritaire face au terrorisme, cette liste surprend.

Pourquoi d'autres pays, comme le Pakistan, l'Afghanistan et l'Arabie saoudite, en sont exclus ?
La liste a apparemment été assemblée par un petit groupe de conseillers de Trump, sans implication du département d'État ou de la Défense, ni du département de la Justice ou encore celui de la Sécurité intérieure. L'Égypte, l'Arabie saoudite ou même le Pakistan, qui sont des alliés des États-Unis, sont sans doute plus en mesure d'opposer une résistance.

Qu'en est-il du soutien de l'Irak dans la lutte contre le terrorisme ?
Certaines parties de l'Irak sont contrôlées par l'EI, ce qui constitue une préoccupation de taille. Le gouvernement irakien a été un allié des États-Unis dans la lutte contre l'organisation terroriste. Le plus grave, c'est que des Irakiens ont aidé les Américains pendant la guerre et continuent de les aider, notamment en tant que traducteurs et interprètes. Ils se sont vus promettre une protection américaine, pour leur famille et pour eux, ainsi que la possibilité de venir vivre aux États-Unis si nécessaire. Ces personnes ont aussi été bloquées par le nouveau décret. L'administration de Trump se rend coupable d'un véritable abus de confiance à l'égard de ces personnes qui ont très souvent risqué leur vie en soutien aux États-Unis.

Cette liste pourrait-elle évoluer ?
En effet. Des divergences au sein même de l'administration ou une pression de la part du Congrès pourraient faire changer la liste. Une opposition pourrait venir de la part du secrétaire à la Défense John Mattis, qui s'est expressément opposé à ce genre de mesures. Le sénateur Bob Corker qui préside le Comité des affaires étrangères du Sénat, s'est aussi élevé contre ce décret. Mais si l'on regarde les tweets de Donald Trump ce matin, il semble assez déterminé à continuer sur cette lancée.

 

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