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La Dernière

Le choix d’une femme

Un peu plus
28/01/2017

Et c'est reparti pour un tour. Une fois de plus, on remet en cause le droit à l'avortement pour les femmes. Une fois de plus, on les condamne. Les luttes de toutes les Simone Veil risquent d'être éteintes. Oui, l'IVG (Interruption volontaire de grossesse) est encore interdite dans de nombreux pays. Et oui, les femmes aimeraient ne pas avoir recours à cette intervention. Elles préféreraient ne pas être confrontées à ce choix-là. Parce que oui, il s'agit là d'un choix. Un choix qu'on juge. Comme si c'était facile pour une femme de faire un choix.
C'est pénible pour une femme d'avoir à décider si elle gardera cet enfant ou pas. Douloureux d'aller chez le médecin pour qu'il « aspire » ce petit fœtus. Difficile de le faire dans l'illégalité sans se faire traiter d'inconsciente, d'égoïste, de criminelle. Il est aisé de critiquer, voire d'insulter une femme quand elle prend cette décision-là. Facile. Trop facile. Et non, elle ne l'a pas cherché. Elle ne l'a pas voulu non plus.
Mais les femmes connaissent ça. Elles savent que leur vie sera faite de décisions aussi compliquées que condamnables. Quelle que soit l'option qu'elles privilégieront, elles en paieront le prix. Et il ne s'agit pas seulement de (ne pas) vouloir (d')un enfant.
Il s'agit également de leurs carrières, de leurs velléités de liberté, de leur besoin/désir d'amour. De vivre seule ou à plusieurs. Ne pas devenir mère ou de l'être à temps partiel. De silence ou de cris. De se battre avec ou sans (l)armes. De partir ou de rester. De changer de vie, d'appartement, de ville, de pays. « Elle a préféré sa carrière à son mariage » ; « Elle néglige ses enfants » ; « Elle quitte son mari » ; « Elle va suivre l'homme qu'elle aime »... Et donc ? Oui, elle a préféré sa carrière parce qu'elle lui a apporté plus de joies et de gratifications que son mariage. Oui, elle a brillé dans l'ombre de son boss bien plus que sous les sunlights de cette soirée de noces où 1 000 personnes sont venues applaudir son union bancale. Non, elle ne néglige pas ses enfants si elle rentre tard. Si elle passe par la salle de sport avant de revenir chez elle. Si elle papote avec ses copines au lieu de faire des angles droits à l'aide d'une équerre. Oui, elle a quitté son mari et n'a pas voulu se taire. Elle avait le choix de rester ou de plier bagages. Elle a préféré choisir le voyage. Même si elle le savait semé d'embûches. Oui, elle a quitté son mari parce qu'elle en avait ras le bol. C'était un gentil garçon fidèle. Oui, mais elle l'a quitté quand même et elle a été incendiée. Elle a fait ce choix, parce qu'elle l'a eu, elle, ce choix. Elle n'a pas voulu la fermer comme d'autres qui sont contraintes de le faire. Elle n'a pas cédé aux menaces de prendre les enfants, de ne pas recevoir de pension. Oui, elle est partie et a laissé la garde au père parce qu'elle n'en pouvait plus. Parce qu'elle ne voulait pas voir sa vie lui passer sous le nez. Non, ça n'a pas été facile pour elle. Ça a été destructeur. Ça l'a brisée de dedans, mais c'était elle ou lui. Et pas elle ou eux. Ses deux filles et son petit garçon. Et ce n'est jamais une win-win situation. Il y a et il y aura des dommages collatéraux... quelle que soit la décision.
Oui, elle a choisi sa carrière. Ce poste extraordinaire qu'on lui offrait à Londres. Oui, elle a décidé de le prendre. De faire la navette entre ici et là-bas. Non, ça n'a pas été facile pour elle. Ça a été dur. Et au-delà de cette douleur de femme/mère, il y a eu les invectives extérieures. Mais elle a fait ce choix-là. Parce qu'un jour, sa petite quittera la maison quand elle aura fait ses propres choix.
Oui, elle a choisi un autre homme. Une femme. Plusieurs mecs. Oui, elle a opté pour une vie légère sans engagements. Et, bien évidemment, elle a été conspuée.
Mais elle sait que si elle avait fait le choix inverse, c'est-à-dire accepter, abandonner ses batailles, rester dans le placard, elle aurait été vilipendée. On n'épargne et n'épargnera jamais les femmes. Un (trop) grand nombre d'entre elles ont dû se plier au choix des autres. Celui de leurs parents, de leurs pères surtout. De leurs maris, de la loi. Non, elles n'ont pas forcément le choix.
Alors quand elles peuvent l'avoir, qu'on leur foute la paix.

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Ma Fi Metlo

L'avortement est un choix non-seulement des états qui décident de l'appliquer que des femmes qui décideront de le faire .

Comme pour les mariages pour tous ou tout autre sujet de société primordial.
En Occident les gens sont suffisamment éduqués pour comprendre comment éviter de choper la bestiole , donc oui qu'on s'oppose à une systématisation de l'avortement est aussi criminel que de l'empêcher totalement.

Il faudra moduler en fonction des situations , des cas de viols de mise en danger de la maman etc....d'inceste etc...

Hitti arlette

Pourquoi la femme se met - elle dans une situation pour le mois ridicule ? alors que l eventail de choix de la contaception est si grand ?" Choix ou pas d 'avorter"..Et avant d aller batifoler dans les bras de son mec pouquoi ne pas remuer sa matiere grise avant de sucomber à ses pulsions amoureuses- libidineuses.Tomber enceinte et puis aller crier a la liberte a l avortement avec tous les risques que ce dernier represente pour sa sante et son portefeiuille .. N est ce pas Medea ?

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