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Liban

La délocalisation de la décharge de Costa Brava devient urgente pour éviter le pire

Aviation civile
12/01/2017

Le risque que court l'aviation civile au Liban devient de plus en plus pressant. Trois incidents, dus au grand nombre de mouettes survolant le dépotoir de Costa Brava créé il y a un an près de l'Aéroport international de Beyrouth, se sont déroulés en moins de deux semaines.

Pour ne citer que quelques exemples, hier même, un avion de Qatar Airways a dû atterrir d'urgence à 12 h 45, quelques minutes après son décollage, en raison de l'infiltration de mouettes dans ses moteurs. Avant-hier, c'est un avion de la Middle East Airlines qui a fait l'objet d'un incident similaire. Et, il y a deux semaines, c'est la British Airways qui a été confrontée au même cas.

Le chef du Rassemblement démocratique, le député Walid Joumblatt, est immédiatement monté au créneau pour mettre en garde contre ce danger. « Il faut, à tout prix, éloigner le dépotoir de l'aéroport afin d'éviter une catastrophe. Hier, nous en avons évité une à la dernière minute », a-t-il posté hier sur son compte Twitter.

« Nous nous retrouvons aujourd'hui face à une urgence. Nous reconnaissons qu'il y a un danger occasionné par les oiseaux et auxquels les avions civils font face », a affirmé hier de son côté le ministre des Travaux publics et des Transports, Youssef Fenianos, à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre Saad Hariri.

« Il est vrai que l'existence du dépotoir de la Costa Brava a contribué à l'augmentation du nombre d'oiseaux, mais d'autres raisons, telles que le fleuve de Ghadir, où sont déversées les eaux usées, constituent des facteurs favorables à l'apparition de ce phénomène », a précisé M. Fenianos.
Sur ce plan, il a précisé que des équipements diffusant des sons de rapaces pour effrayer les mouettes ont été installés dans le dépotoir et dans l'aéroport, ajoutant que le gouvernement allait augmenter leur nombre.
La décision de prendre cette mesure « temporaire » a été suivie d'une décision judiciaire de fermer provisoirement le dépotoir de Costa Brava en raison de l'augmentation du nombre d'oiseaux. La décision a été prise hier par le juge des référés de Baabda, Hassan Hamdane.

 

(Pour mémoire : Zeaïter : L'entreposage des ordures à proximité de l'aéroport met en danger le trafic aérien)

 

Une bataille encore longue...
Imad Kadi, avocat et membre du Mouvement écologique libanais, qui avait intenté un procès en vue de fermer la décharge de Costa Brava, s'est félicité hier de la décision prise par le juge Hamdane. « Bien que temporaire, la fermeture du dépotoir reste tout de même un pas en avant sur le bon chemin, celui qui aboutira à la fermeture définitive du Costa Brava », a-t-il affirmé.

« La mesure "temporaire" prise par le ministère des Travaux publics et des Transports, qui consiste en l'installation d'équipements diffusant des sons de rapaces, mérite parfaitement ce qualificatif », a-t-il dit. « Les oiseaux se sont finalement habitués aux sons, de sorte qu'une augmentation de ces équipements ne feront preuve d'efficacité que pendant deux ou trois semaines supplémentaires. Au bout de cette période, il faudrait augmenter davantage le nombre de ces machines, et le cycle deviendra ainsi incessant », a-t-il expliqué.
L'activiste a estimé que la décision judiciaire en question est une mesure nécessaire pour éviter qu'une catastrophe ne se produise dans un avenir prochain. « La grande victoire sera célébrée le jour où la crise des déchets sera résolue conformément aux critères sanitaires internationaux, avec comme priorité la réduction du taux de déchets », a déclaré M. Kadi.

Et de poursuivre : « Le Conseil du développement et de la reconstruction n'est pas censé trouver des solutions à des mouettes et des oiseaux qui survolent le dépotoir à proximité de l'aéroport, mais à la crise des déchets en tant que telle. » M. Kadi a ensuite noté qu'un autre procès a été intenté, toujours en ce qui concerne la décharge de Costa Brava, en raison de la violation de la loi stipulant qu'une étude d'impact environnemental devrait être effectuée avant la réalisation d'un projet pareil.

 

(Pour mémoire : Les ordures entassées près de l'aéroport attirent les oiseaux et nuisent au trafic, prévient Kabbani)

 

Pour la délocalisation du dépotoir
Pour commenter la situation, un pilote à la retraite évoque le film Sully, réalisé par Clint Eastwood en 2016. Ce dernier retrace l'histoire vraie d'un capitaine qui avait réussi en 2009 à amerrir un avion dont les réacteurs avaient été endommagés par des oiseaux au beau milieu de la rivière Hudson, à New York, sans qu'une seule des 155 personnes à bord ne soit blessée.
« Cet incident pourrait arriver à n'importe quel moment à un avion décollant de l'aéroport de Beyrouth, et pour les mêmes raisons », a dit l'ancien pilote. Pour lui, « le danger existe et il est grave ».

Le risque aviaire, qui désigne en aéronautique le risque de collision entre des oiseaux et les aéronefs, est commun. Au cours de leur formation, les pilotes apprennent à gérer une situation pareille. Ce qui par ailleurs sort du commun, toujours selon l'expert, est le grand nombre de mouettes et d'oiseaux de toutes dimensions qui survolent le dépotoir, et par conséquent l'aérodrome.

L'entrée d'oiseaux en contact avec les moteurs de l'avion risquent de causer l'extinction du moteur qui se fêle, de réduire la visibilité, et d'entraver l'opération de radar si jamais l'oiseau touche le bout de l'avion. « Au lieu d'installer des équipements qui font fuir les oiseaux, il faudrait mieux abolir le problème principal et donc déplacer le dépotoir », s'est indigné le pilote.

Selon lui, les facteurs attirant les oiseaux ne se limitent pas uniquement au dépotoir de Costa Brava qui constitue cependant la raison principale de l'augmentation du nombre d'oiseaux, au moins actuellement. Les eaux usées déversées dans le fleuve Ghadir, les éleveurs de pigeons dont l'activité, dans un espace précis, a été interdite il y a quelques années par une loi, ou encore la migration des oiseaux sont également des éléments favorisant la présence des oiseaux dans une zone qui devrait leur être strictement interdite.

 

 

 

 

Pour mémoire

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Jaber Kamel

C'est pas parce qu'on est un peu blasé de voir les décapitations que font les bactéries wahabites , pour que vous nous montrez cette horreur en image ...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

QUI EST L,ECERVELE QUI A COMMIS CE MASSACRE DE CES OISEAUX POUR A LA FIN LES JETER DANS LA POUBELLE ?

Irene Said

Qu'attend le (nouveau) ministre concerné par ce problème, Monsieur Tarek el-Khatib, pour agir en toute urgence ?
Qu'une catastrophe arrive...avec des victimes ?

Depuis le 17.7.2015, personne, parmi tous ces "responsables, ministres, directeurs etc." n'a su agir avec comme base un véritable plan à long terme, quitte à l'imposer par décret, vu l'urgence du problème !
Ils ont seulement trouvé des "solutions" temporaires, d'une inefficacité et stupidité criantes !
Et voilà où nous en sommes...au début de 2017

Messieurs les "responsables de ce problème" , que font les autres pays avec leurs déchets ???
Ils les jettent aussi dans la mer et à côté d'un aéroport ???
Si vous demandiez conseil aux pays qui ont su règler ce problème...basique...tout en adaptant la solution au Liban ???
Ou votre fierté toujours mal-placée vous en empêche ?
Irène Saïd

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