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Déchets

Costa Brava : un juge des référés exige plusieurs nouveaux rapports

L'Aviation civile et les ministères de l'Agriculture, de l'Environnement et de la Santé devront présenter leurs documents sur la construction de cette décharge côtière, au sud de Beyrouth.

Le juge des référés de Baabda, Hassan Hamdane, a publié hier une décision dans le cadre d'un procès intenté par des militants de la société civile pour la fermeture de la décharge de Costa Brava (Choueifate, sud de Beyrouth). Cette décision vise à demander à plusieurs administrations, notamment la Direction générale de l'aviation civile, ainsi que les ministères de l'Agriculture, de l'Environnement et de la Santé, de présenter des rapports sur l'impact actuel de la décharge. Ces rapports seront donc axés sur la sécurité de l'Aviation civile (étant donné la proximité de la décharge avec l'aéroport et le danger que peuvent représenter les oiseaux attirés par un tel volume de déchets), et sur la conformité du travail dans cette décharge avec les normes de santé, d'environnement et de protection de la faune marine.

Cette décharge, en construction depuis mai 2016, est l'une des deux décidées par le Conseil des ministres dans le cadre de son dernier plan de gestion des déchets adopté en mars dernier, à la suite d'une crise de neuf mois qui avait noyé d'ordures les rues du Mont-Liban et de Beyrouth. La seconde se trouve sur le littoral de Bourj Hammoud, et elle est aussi controversée que la première. Le plan a été critiqué dès son adoption du fait qu'il prévoit deux décharges côtières, impliquant un danger de pollution de la mer. Les appels d'offres ont également soulevé de nombreux points d'interrogation. Celui relatif à la décharge de Costa Brava, dont il a été question hier, a été remporté une première fois en mai par l'entrepreneur Jihad el-Arab (société Araco), avant qu'il ne soit annulé par le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) suite à de forts soupçons sur des prix trop élevés en comparaison avec l'autre décharge. Et c'est le même Jihad el-Arab qui a remporté le second appel d'offres en juillet 2016... avec 11 millions de dollars d'écart par rapport à sa première offre.

 

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En outre, les deux décharges impliquent de grands remblais en mer pour l'installation des cellules d'enfouissement.
Selon Imad Kadi, militant écologiste de la région de Choueifate et membre du collectif Choueifate Madinatouna, les observations sur le terrain « confirment des soupçons selon lesquels la construction de la décharge ne répond pas aux normes requises ». À L'OLJ, il explique qu'il y a actuellement deux procès intentés contre l'entrepreneur. Selon lui, la décision du juge des référés « se place dans le contexte du procès intenté par le collectif de la société civile Le peuple veut réformer le système ». « Cette décision du juge des référés est un indicateur clair de sa volonté d'enquêter sur la conformité des travaux sur le chantier de la décharge, souligne Imad Kadi. Son interprétation de la conformité du chantier aux normes peut aller jusqu'à invoquer les dispositions de la convention de Barcelone pour la protection de la Méditerranée et les dangers de pollution de la mer. »

 

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Le second procès a été intenté par le groupe auquel appartient Imad Kadi auprès du procureur général chargé des questions de l'environnement dans le Mont-Liban, et porte sur la violation de l'article 52 du code de l'environnement, loi 444. Cet article stipule que tout projet susceptible de modifier en profondeur la nature d'un site quelconque doit faire l'objet d'une étude d'impact environnemental (qui doit être approuvée par le ministère de l'Environnement avant le démarrage du chantier). « Or cette décharge a été lancée sans aucune étude d'impact environnemental, comme le veut la loi, souligne Imad Kadi. Dans le cadre de ce procès, le juge a chargé un expert, Naji Kodeih, de présenter un rapport sur l'état des travaux, ce qu'il a déjà fait, hormis certains détails sur lesquels il œuvre toujours. Vu le caractère secret de l'enquête, personne ne peut y avoir accès pour le moment. »
Outre la construction de la décharge, le site accueille déjà les déchets d'une large zone dans une aire de stockage. Selon Imad Kadi, les habitants d'une vaste région, allant de la banlieue sud à Doha, ressentent déjà les désagréments de la proximité des déchets, notamment les odeurs, mais aussi les émanations de gaz méthane.

 

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