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Moyen Orient et Monde

À Wadi Barada, la bataille de l’eau fait rage

Éclairage

Le régime poursuit les combats dans cette région située au nord-ouest de la capitale, en justifiant que le groupe jihadiste Fateh al-Cham y est présent.

04/01/2017

Dans la ceinture damascène, la bataille de l'eau bat son plein. Depuis plus de dix jours, la région de Wadi Barada est le théâtre d'une offensive sans précédent lancée par les forces du régime de Bachar el-Assad, appuyées par les combattants du Hezbollah, contre les groupes rebelles qui contrôlent cette zone ultradisputée, située à seulement 15 km de Damas.

Quatre districts administratifs au nord-ouest de la capitale syrienne, Aïn el-Fijé, Madaya, Qoudsaya et Zabadani, regroupent des villages le long de la rivière Barada, actuellement assiégés par le régime. Avec le début du conflit syrien en 2011, cette région auparavant fertile, irriguant Damas et la Ghouta orientale, s'est progressivement appauvrie. Elle reste néanmoins stratégique puisque s'y trouvent les principales sources d'approvisionnement en eau potable pour les quatre millions d'habitants de la capitale et de ses environs.

Mais l'offensive des troupes du régime à Wadi Barada a poussé des groupes rebelles à geler leur participation aux discussions d'Astana. Ils accusent le régime de « commettre de fréquentes violations » et de « menacer la vie de centaines de milliers de personnes ». « Ces violations se poursuivant, les factions rebelles annoncent le gel de toute discussion liée aux négociations d'Astana », ont-ils affirmé dans un communiqué lundi soir, en prévenant qu'à moins « d'un retour à la situation antérieure, l'accord (de trêve) sera considéré nul et non avenu ».Parmi les signataires figurent les groupes islamistes Jaïch al-Islam et Faïlak al-Rahmane, influents à Damas, de même que le groupe Sultan Mourad, appuyé par la Turquie, et Jaïch al-Ezza, selon l'AFP.

 

(Lire aussi : Comment Poutine cherche à imposer sa paix en Syrie)

 

Source d'eau
D'après des activistes syriens communiquant avec des journalistes étrangers, via un groupe WhatsApp dédié à Wadi Barada, l'offensive du régime a redoublé en intensité hier. Près de 35 missiles sol-sol ont visé les villages de Bassimeh et Aïn al-Fijé, où se trouve une importante source d'eau. Plus de 40 barils d'explosifs ont été largués sur le premier village cité, toujours selon les activistes. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les troupes du régime utilisent des hélicoptères et des tirs d'artillerie après avoir avancé lundi jusqu'aux abords de Aïn el-Fijé. « Les forces du régime ont tenté d'avancer vers la localité de Bassimeh, mais ne sont pas parvenus à la prendre », confie Abou Mohammad el-Baradaoui, directeur du centre d'information de Wadi Barada, contacté par L'Orient-Le Jour.

Damas accuse les rebelles de cibler les infrastructures, notamment en contaminant les puits d'eau au mazout et en coupant le réseau d'approvisionnement vers la capitale et sa banlieue. Une journaliste de L'Orient-Le Jour de passage à Damas a pu constater les sérieuses pénuries d'eau occasionnées par ces combats se tenant dans la périphérie de la ville. Des habitants se plaignaient hier via WhatsApp à L'Orient-Le Jour des manques et de la hausse des prix des camions-citernes qui approvisionnent la capitale.
Les rebelles affirment de leur côté que les installations hydrauliques ont été endommagées lors de bombardements du régime. Lundi, l'opposition à Wadi Barada a réaffirmé dans un communiqué qu'elle était prête à accueillir les équipes techniques de la Croix-Rouge et des Nations unies afin de déterminer qui sont les auteurs des dommages causés sur les installations. « Nous sommes prêts à aider les équipes de maintenance à restaurer la source de Aïn al-Fijé afin que l'eau parvienne à la population à Damas », est-il écrit. L'opposition réclame en outre la fin immédiate du siège imposé par le régime.

 

(Lire aussi : À Damas, le calvaire des Syriens privés d'eau depuis une semaine)

 

Vers une crise humanitaire
« Plus de 150 000 civils, en comptant les déplacés venus s'installer dans la région, se trouvent actuellement à Wadi Barada », poursuit Abou Mohammad el-Baradaoui. « La situation humanitaire s'aggrave au fil des jours. Les provisions alimentaires ont été bombardées, mais une partie a pu être transportée vers des zones sûres. Au niveau médical, c'est catastrophique. Il n'y a presque plus de médicaments disponibles, et le corps médical a été visé lors de raids, le contraignant à déplacer l'hôpital de campagne ailleurs afin de soigner les blessés qui sont arrivés en soirée », raconte l'activiste.

Les médias prorégime ont fait état hier du déploiement, la veille, de forces du Bouclier du Qalamoun, l'un des groupes supplétifs de l'armée syrienne déployé à la frontière libanaise, afin de la soutenir, dans sa bataille contre les groupes rebelles. Le régime affirme que le groupe Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda) est présent à Wadi Barada. Le groupe jihadiste est exclu de la trêve et des négociations. Le gouverneur de la province de Damas, Ala' Ibrahim, a affirmé hier au quotidien prorégime al-Watan que « des combattants montrent qu'ils sont prêts à se rendre, mais al-Nosra menace de les tuer ». De leur côté, les rebelles nient la présence de ce groupe. « Les factions qui combattent le régime à Wadi Barada sont affiliées à l'Armée syrienne libre. Il s'agit des groupes de la région comme Liwa Ahel al-Cham, Kataëb Ahel al-Cham, ou Liwa al-Qadissiya. Aucun d'entre eux n'est affilié à des groupes jihadistes ou à el-Qaëda », affirme Abou Mohammad el-Baradaoui.

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

MAIS HOMMAGE AUX VRAIS REBELLES DU PEUPLE...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

SI LES POMPES SONT BLOQUEES PAR QUI QUE CE SOIT LE REGIME FAIT BIEN DE S,EN EMPARER ET LES OUVRIR POUR LES 4 MILLIONS D,HABITANTS DE DAMAS...

ACE-AN-NAS

LA TRAQUE AUX BACTÉRIES WAHABITES NE PRENDRA FIN QU'APRÈS ÉRADICATION TOTALE DES BACTÉRIES WAHABITES MANIPULÉES PAR L'OCCIDENT ET SES ACCESSOIRES.

ÉTANT DONNÉ QUE LE HEZB RÉSISTANT LIBANAIS EST DE LA PARTIE ,IL FAUDRA SE RASSURER QUE CELA SERA CHOSE FAITE, MEME SIL FAUT ATTENDRE 20 ANS COMME POUR AVOIR LIBÉRER LE SUD LIBAN APRÈS 20 ANS D'OCCUPATION DES USURPATEURS MANIPULATEURS.

LA ROUE TOURNE COMME LE MONDE LE FAIT ACTUELLEMENT.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE MONDE EN A ASSEZ DE TOUS CES GROUPUSCULES AUX NOMS EXTREMISTES FINANCES POUR DETRUIRE ET QUI SE PRETENDENT REBELLES DU PEUPLE...

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