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Économie

La diaspora, un tremplin pour le développement des entreprises à l’étranger

Liban - Conférence

La troisième édition du « Global Business Summit », organisée jeudi dernier par les réseaux Life et Endeavor Liban, a permis aux entrepreneurs libanais de recueillir les bonnes pratiques pour se développer à l'étranger.

29/12/2016

Ils étaient plusieurs centaines d'hommes d'affaires, d'entrepreneurs et d'investisseurs, locaux ou expatriés, à se retrouver pour échanger bons conseils et contacts à l'occasion de la 3e édition de la conférence annuelle « Global Business Summit », qui s'est tenue le 22 décembre à l'hôtel Four Seasons à Beyrouth.

« Le but de cette conférence est, d'une part, de montrer aux investisseurs et aux hommes d'affaires expatriés que les compagnies libanaises ont le potentiel pour se développer à l'étranger, et d'encourager, d'autre part, les sociétés présentes à la conférence de participer à ce développement », explique à L'Orient-Le Jour le membre du conseil d'administration de Life, Adel Afiouni, pendant l'événement.

Sponsorisé par Bank Audi, la Banque libano-française et MedSecurities, ce dernier était organisé par l'antenne libanaise du réseau de mentorat entrepreneurial Endeavor et l'association rassemblant les dirigeants financiers expatriés, Life.

Car cette année, l'objectif est clair : il faut aider les entrepreneurs libanais, de start-up et de PME, à développer leurs entreprises à l'international, en les invitant à partager expériences et conseils. « De nombreux entrepreneurs libanais ont réussi à l'étranger et gardent des liens forts avec le Liban. C'est le cas par exemple des compagnies technologiques comme la plate-forme de "streaming" musical Anghami, la société de production de contenus numériques Diwanee, ou encore la société de restauration libanaise Semsom, présente dans plusieurs pays de la région et qui a ouvert à New York », indique à L'Orient-Le Jour Tarek Sadi, directeur d'Endeavor Liban.

De fait, les entrepreneurs libanais n'ont pas beaucoup d'autres choix que de se développer à l'international. « Le Liban est une base, pas un marché. Il faut démarrer sa start-up ici et se développer à l'étranger, le marché étant limité en raison de la taille de sa population », explique Delphine Eddé, cofondatrice de Diwanee, lors du panel « Développement à l'étranger : défis et opportunités ». Selon les estimations de la Banque mondiale, le Liban comptait 5,9 millions d'habitants en 2015 – un chiffre qui inclut 1,2 million de réfugiés syriens.

 

(Pour mémoire : Lancement d’une plate-forme mondiale pour la diaspora d’affaires)

 

Se concentrer sur l'exécution
Les Libanais peuvent compter sur l'un des plus grands atouts du pays du Cèdre : sa diaspora. « Les entrepreneurs peuvent profiter du fait que le Liban possède une diaspora composée d'une dizaine de millions de personnes, d'autant plus qu'une grande partie d'entre eux travaillent dans le domaine des affaires et de la finance. Les expatriés peuvent de leur côté utiliser leur expérience, leur savoir-faire et leurs réseaux pour tirer parti de l'expansion de l'écosystème libanais à laquelle nous assistons aujourd'hui », indique à L'Orient-Le Jour Adel Afiouni.

Reste que les entrepreneurs font encore face à certaines difficultés parfois liées à leurs propres carences. « L'étape liée à la phase d'exécution – c'est-à-dire savoir monter une société, comprendre les différents départements qui la composent, ou encore l'organisation du processus de recrutement – n'est pas suffisamment maîtrisée par les entrepreneurs au Liban... L'idée ne fait pas tout », explique Rami Rahal, le cofondateur de Blue Cloud Ventures, une entreprise de capital-risque basée à New-York, et membre du jury lors d'une séance de présentation de 10 start-up organisée pendant la conférence.

Or l'exécution est une composante-clé d'un développement réussi à l'international. « Si vous voulez réussir à l'étranger, mon conseil serait de vous concentrer sur le développement de votre produit et son exécution. En second lieu, il vous faut des conseillers, car vous ne pouvez pas être expert dans tous les domaines », conseille à l'auditoire Eddy Touma, cofondateur et PDG de la société Klangoo, qui commercialise l'outil d'analyse sémantique Magnet, basé aux États-Unis, et présent au Liban ainsi qu'aux Pays-Bas.

L'autre difficulté majeure concerne l'accès aux financements. Bien que la circulaire n° 331 émise par la BDL en 2013 ait permis d'injecter plus de 400 millions de dollars dans l'écosystème numérique libanais, elle exige néanmoins que les sociétés qui en bénéficient aient un impact positif sur l'économie libanaise et créent des emplois sur le territoire. « La circulaire n° 331 impose beaucoup de conditions, les financements récoltés doivent être dépensés au Liban. Il faut donc trouver d'autres sources de financement, et une fois que vous avez le capital, tout est possible », explique à L'Orient-Le Jour Élie Habib, cofondateur et directeur de la technologie (CTO en anglais) de la société Anghami.

Mais tous encouragent les entrepreneurs libanais à se lancer : « N'ayez pas peur de penser différemment. Lors de notre étude de marché avant d'ouvrir un restaurant Semsom à New York, les New-Yorkais ont répondu qu'ils ne souhaitaient pas manger libanais. Mais nous avons créé ce besoin et ce marché. Il n'y a pas d'obstacle ! » lance Christine Sfeir, fondatrice et PDG de Semsom.

 

 

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VITESSE DE CROISIÈRE

Ces libanais d'Afrique de l'ouest du centre et de l'est qui étaient des laisser pour compte au profit des libanais d'Amérique et du golfe , prennent leur revanche sur l'histoire.

Allez voir des pays comme le Sénégal la côte d'ivoire le Gabon et le Congo ex Zaïre etc... vous comprendrez pourquoi on appelle ces libanais des bâtisseurs.

Les 3/4 des immeubles , villas, maisons et dépôts sont construits par eux .

L'arrivée des chinois et autres indiens sur le marché ne tient pas la concurrence de ce que ces libanais ont réalisé depuis plus d'un siècle dans ces pays négligés par la patrie .

UNE AUTRE FORME DE RÉSISTANCE, QUI DÉRANGE.

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