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Économie

La diaspora courtisée pour investir dans le tourisme

Conférence

Miné par la situation politico-sécuritaire, le secteur veut attirer davantage les fonds des expatriés pour accélérer sa reprise.

10/08/2016

La diaspora libanaise est décidément très convoitée par les acteurs de l'économie libanaise et ceux opérant dans le secteur touristique ne font pas exception à la règle.
Attirer davantage les capitaux des émigrés vers ce secteur en déclin depuis plusieurs années, tel était l'objectif déclaré des intervenants à la table ronde sur « les opportunités d'investissements dans l'industrie touristique pour la diaspora libanaise », qui s'est tenue dans le cadre de la conférence sur les émigrés organisée hier à l'hôtel Monroe par le Lebanese International Business Council (LIBC).
Car l'industrie du tourisme reste un pilier important pour l'économie libanaise qui assure actuellement « des emplois directs pour 7,9 % de la population active occupée et 21,3 % d'emplois directs et indirects de la population active », a avancé le président de l'Autorité de développement des investissements au Liban (Idal), Nabil Itani. Il a souligné aussi qu'entre 2003 et 2015, 78,39 % du montant des investissements soutenus par Idal, soit 1,35 milliard de dollars, était destiné au secteur touristique.
Mais ce dernier connaît un déclin significatif depuis le début du printemps arabe. Un déclin principalement dû « aux problèmes sécuritaires et aux instabilités politiques qui ont affaibli le secteur pendant la période 2011-2014 », a rappelé le ministre du Tourisme, Michel Pharaon. Entre 2010 et 2014, le nombre de touristes comptabilisés par son ministère a ainsi chuté de 37,5 % à 1,36 million de visiteurs. La tendance a toutefois commencé à légèrement s'inverser depuis : au premier semestre 2016, 723 105 arrivées de touristes ont été enregistrées, soit une hausse de 7,7 % en glissement annuel et de 23, 6 % par rapport à la même période en 2014. Un regain que M. Pharaon a attribué notamment « à la réussite d'une stratégie sécuritaire basée sur trois piliers: l'accord politique sur le maintien de la sécurité, la présence du gouvernement et le soutien à l'armée ». Cependant, ce regain est encore loin des performances enregistrées il y a six ans.
En attendant, cette chute globale de la fréquentation a directement affecté les résultats du « secteur touristique, dont la part dans le PIB, qui était de 35,2 % (soit l'équivalent de 14,1 milliards de dollars) en 2011, ne représentait plus que 19,2 % (8,5 milliards de dollars) en 2013, avant d'augmenter à 22,1 % (10,4 milliards de dollars) en 2015 », a noté M. Itani.

Maison de la diaspora
Pour redynamiser cette activité, les intervenants ont notamment insisté sur le nécessaire accompagnement des potentiels investisseurs expatriés par les autorités locales. « Idal est prête à fournir aux investisseurs de la diaspora un support administratif en leur servant de relais avec les institutions publiques », a affirmé M. Itani. « Les organismes libanais devraient coopérer davantage en vue de mettre en place une stratégie unifiée d'attraction des investisseurs expatriés, (...) ainsi que des structures de soutien efficaces pour ces derniers », préconise de son côté auprès de L'Orient-Le Jour le président de l'Association d'hommes d'affaires libanais et français (Halfa), Antoine Menassa.
Un projet de la LIBC, intitulé « la maison de la diaspora », a justement été présenté en marge de la conférence dans ce but. « Elle hébergera un centre d'affaires qui mettrait à disposition des expatriés les services d'avocats, de comptables, d'un cabinet de conseil parrainé par Idal ou d'une représentation du ministère des Affaires étrangères... L'idée est de faciliter tant leurs démarches personnelles que leurs investissements », explique à L'Orient-Le Jour Nassib Fawaz, président de la LIBC. Le projet, qui devrait nécessiter un investissement de 120 millions de dollars, inclura également un musée, un hôtel, un centre commercial, une salle de conférence et des espaces de bureaux.
Mais le principal facteur de redynamisation des investissements reste sans doute une poursuite de la reprise de la fréquentation, favorisée par des niches porteuses. M. Pharaon a donc profité de la table ronde pour présenter son projet « Ana », qui sera destiné aux jeunes expatriés libanais issus des troisième et quatrième générations désirant visiter leur pays d'origine. « Nous proposerons dans quelques mois, en collaboration avec des agences de voyages implantées dans plusieurs pays de résidence des expatriés, deux offres de séjours organisés de 12 ou 24 jours », a-t-il annoncé, avant d'ajouter « le transfert de ce projet au secteur privé », sans plus de précisions. Le ministre a par ailleurs livré un bilan d'étapes des trois autres grands axes de sa stratégie de redynamisation du secteur, à savoir le tourisme rural, religieux et médical.

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