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Liban - La Psychanalyse, Ni Ange Ni Démon

« À quoi sert encore l’art au Liban », suite à la table ronde de « L’OLJ » au Salon du livre

En 1976 sort un film réalisé par Herbert Ross, The Seven-per-cent-solution. La traduction française (comme toujours) est mauvaise : Sherlock Holmes attaque l'Orient-Express. Il s'agit d'une fiction qui met face à face Sigmund Freud et Sherlock Holmes. Intoxiqué à la cocaïne, Holmes est encouragé par son fidèle Watson, pour aller à Vienne retrouver Sigmund Freud en vue d'une désintoxication. La psychanalyse n'était pas encore née et Freud en était encore à l'hypnose. Il propose donc à Holmes des séances d'hypnose qui se terminaient toutes par : « Vous allez vous rappeler ce que vous m'avez dit. » Cette injonction avait pour fonction de restituer au patient sa mémoire et son savoir, et par là de le guérir.

À chaque séance d'hypnose, Sherlock Holmes raconte un souvenir traumatique, complètement oublié, refoulé. Il a 7 à 8 ans, et il monte l'escalier extérieur d'une haute maison. En haut de l'escalier, une porte de laquelle s'échappe une lumière blanche. Holmes a de la peine à monter les marches, il est inhibé par la peur. Mais à chaque séance d'hypnose, il monte quelques marches de plus. Finalement, avec difficulté, il arrive en haut, devant la porte. Il fait un pas vers l'intérieur et surprend sa mère dans le lit avec son précepteur, Moriarty. Surgit alors son père avec un fusil et il tire sur le couple illégitime. Le coup de feu tue la mère de Sherlock Holmes, mais Moriarty réussit à s'échapper.

Freud comprend alors que le génie de Sherlock Holmes provient de ce terrible traumatisme refoulé, oublié. De même, il comprend pourquoi Moriarty joue, dans toutes les histoires de Holmes, un rôle diabolique et persécuteur, Moriarty que Sherlock Holmes appelle le « Napoléon du crime ». Freud est devant un dilemme terrible : si, comme dans les séances d'hypnose précédentes, il dit à Holmes « Vous allez vous rappeler tout ce que vous m'avez dit », la guérison est assurée : en se rappelant ce traumatisme terrible oublié et refoulé par force dans la zone la plus lointaine de sa mémoire, Holmes peut guérir. La confrontation avec sa souffrance passée le libérera de son addiction à la cocaïne, dont le but, comme tout symptôme, est précisément de maintenir oubliée la douloureuse vérité. Mais dans ce cas, le risque est grand que Sherlock Holmes cesse d'être Sherlock Holmes.

Dans le cas contraire, si ce souvenir traumatique reste refoulé, il continuera d'être le moteur inconscient du génie de Holmes. Devant ce dilemme terrible, Freud choisit de sacrifier la thérapeutique au profit de l'art. Cette fiction imaginée par Nicolas Meyer dans son roman (1974) et mise en scène par Herbert Ross (1976) n'est pas loin de la vérité. D'une part, la souffrance des humains a toujours été à l'origine de l'art, le rêve en témoigne. Le rêve peut être considéré comme une production artistique autant il est l'expression de la mémoire oubliée qu'on appelle l'inconscient. Et dans cette mémoire oubliée réside un lot de souffrances inimaginables que chaque rêveur peut conjurer en rêvant toutes les nuits. Même s'il ne s'en souvient pas. En effet, chaque être humain rêve au moins pendant quatre heures de sommeil sur huit par nuit. À la différence de l'œuvre d'art qui est adressée à l'Autre, le sujet qui rêve est en même temps l'émetteur du rêve et son récepteur. Ce qui veut dire que le sujet est divisé. Cette division du sujet, ce décentrement insupportable à notre raison cartésienne, montre bien, comme le dit Arthur Rimbaud que « Je est un autre ». C'est là l'origine même de l'art.

L'artiste, lui, a besoin de l'Autre comme récepteur de son message artistique. Dans ce cas, l'art est-il une résistance ou une résilience ? Doit-on parler de résistance culturelle ou de résilience culturelle ? Amorcée lors de la table ronde de L'Orient-Le Jour, cette question, faute de temps, n'a pu être poussée aussi loin que le public le désirait. Comment l'analyste peut-il éclairer cette question ?

La comparaison faite avec le rêve pousse à considérer l'art comme une réponse à la censure et à la répression, qu'elle soient extérieures et collectives ou intérieures et subjectives. Bien entendu, il s'agit de l'art qui parle vrai, non pas de l'art décoratif qui ne nécessite pas forcément une implication subjective inconsciente. Ainsi, pour Picasso, « la peinture n'est pas faite pour décorer les appartements. C'est un instrument de guerre offensive et défensive contre l'ennemi ». Son fameux tableau Guernica, réalisé en quelques semaines après la destruction de la ville par l'aviation allemande le 26 avril 1937, est donc un acte de guerre. « Un acte de révolte, de protestation et de dénonciation contre la barbarie nazie, franquiste et fasciste italienne. Cette peinture aux formes dramatiques, aux contrastes violents et aux couleurs réduites au gris noir évoque la douleur et la mort des victimes morcelées et aussi la mort de la civilisation. »
À une répression collective, aveugle et barbare, Picasso répond par une peinture personnelle qui témoigne du refus de la massification de l'être humain et du refus « de la servitude volontaire ».

 

 

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commentaires (2)

LES ARTS ABATARDIS... QUE CE SOIT LA PEINTURE, UN CHIMP EN FERAIT MIEUX... EN MUSIQUE OU LE TAPAGE SE DIT MUSIQUE AUJOURD,HUI... ET EN PROSE DITE VERS BLANCS... JE N,OSE PAS LES NOMMER NI VERS NI POESIE CAR CE SERAIT DE L,HERESIE...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

17 h 20, le 17 novembre 2016

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Commentaires (2)

  • LES ARTS ABATARDIS... QUE CE SOIT LA PEINTURE, UN CHIMP EN FERAIT MIEUX... EN MUSIQUE OU LE TAPAGE SE DIT MUSIQUE AUJOURD,HUI... ET EN PROSE DITE VERS BLANCS... JE N,OSE PAS LES NOMMER NI VERS NI POESIE CAR CE SERAIT DE L,HERESIE...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    17 h 20, le 17 novembre 2016

  • " À QUOI SERT ENCORE L'ART AU LIBAN " DE QUEL ART QU'ON PARLE ? VOUS AVEZ L'ART QUI EST TRANSMIS ET DONNE DES BOUFFES DE BONHEUR ET L'ART QUI EST UNE POLLUTION VISUEL. MALHEUREUSEMENT LE DERNIER À PRIS LE PAS SUR LE PREMIER GRACE À L'IGNORANCE DES MÉDIA ET LES PUBLICISTES QUI COUVRENT LES ÉVÈNNEMENTS TRUQUÉS PAR DES FAUX ARTISTES. IL N'A JAMAIS ÉTÉ AUSSI FACILE D'ÊTRE UN ARTISTE, UN FAUX, UN ESCRO DANS L'ÉPOQUE QUE NOUS VENONS DE VIVRE.

    Gebran Eid

    14 h 49, le 17 novembre 2016

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