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Moyen Orient et Monde

« L’Iran est plus confiant depuis l’accord nucléaire »

Entretien express

Plus d'un an après l'accord sur le nucléaire entre l'Iran et les 5+1 (États-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Chine, Allemagne), quel a été l'impact de cet accord sur la politique étrangère de Téhéran au Moyen-Orient ? Quelles sont les opportunités de coopération entre l'Iran et les grandes puissances ? « L'Orient-Le Jour » a rencontré le Dr Ali Ahmad, directeur du programme de politique énergétique et sécuritaire au Moyen-Orient, lors de sa conférence intitulée « L'accord nucléaire iranien : des opportunités pour une coopération régionale au Moyen-Orient ». La causerie a eu lieu à l'Institut Issam Farès de l'AUB, jeudi.

15/10/2016

Lors de la signature de l'accord sur le nucléaire, la communauté internationale a quelque part fait le pari que l'Iran allait intégrer le concert des nations et modérer ses positions. Aujourd'hui il semble plus impliqué que jamais dans tous les grands dossiers régionaux. S'agissait-il d'un pari perdu d'avance ?
Pendant les négociations de l'accord sur le nucléaire, les participants n'ont absolument pas discuté de ces sujets controversés. L'Iran est, certes, impliqué dans des dossiers chauds, avec le Yémen, la Syrie et le Liban, mais ce n'était pas le moment adéquat de discuter de cela. C'est pourquoi nous n'avons pas pu constater d'améliorations immédiates dans ces dossiers. Cependant, globalement, le fait de recommencer à dialoguer avec l'Iran va permettre de réunir à la même table les Occidentaux et les Américains, afin qu'il puisse y avoir des discussions face à face. À long terme, je pense qu'on verra des bénéfices suite au rétablissement du dialogue, quand il aura mûri, et que la confiance aura été rétablie. Il est vrai que l'un des effets de ce deal est que l'Iran se sent plus sûr de lui en tant que puissance régionale, et c'est pour cette raison qu'il a agi comme il l'a fait cette année. Je pense que ses actions sont contre-productives car il ne suffit pas d'être ami avec les Occidentaux, il faut l'être aussi avec ses voisins. C'est dans l'intérêt de l'Iran et du monde arabe en général.

Quelle est la stratégie de l'Iran postnucléaire dans la région ?
À court terme, l'Iran souhaite deux choses. Sa priorité est de reconstruire et réinventer son économie, car il ne faut pas oublier qu'il a subi des sanctions pendant 37 ans. Deuxièmement, l'Iran veut améliorer sa situation sécuritaire. Le pays a été en guerre contre l'Irak dans les années 80 et, depuis, les questions sécuritaires ont été un élément déterminant de sa politique étrangère.


(Pour mémoire : Un an après l’accord, l’Iran « relativement » satisfait)

 

Quelles relations entretiennent l'Iran et les grandes puissances de la région ?
Les relations avec l'Arabie saoudite sont très mauvaises. Elles ont atteint un niveau critique. Par ailleurs, il y a toujours autant de désapprobation et de haine mutuelle entre Israël et l'Iran, et ce n'est pas près de changer de sitôt. Avec la Turquie, en revanche, il y avait eu beaucoup d'améliorations au niveau des relations, et cela s'est dégradé au fur et à mesure du déroulement des printemps arabes.

Est-il possible de négocier avec les Iraniens sur le dossier syrien ? Pour le moment, c'est plutôt la Russie qui joue le rôle de partenaire principal.
La Russie est, certes, davantage sur le devant de la scène, notamment face à la communauté internationale, mais l'Iran est également un acteur important, du moins sur le terrain. Je pense qu'un accord de paix sérieux qui serait proposé permettrait de les réunir tous à la même table. Je ne pense pas que, pour l'instant, le gouvernement iranien a une solution concrète pour régler le conflit. Est-ce que la ligne rouge est le fait de garder au pouvoir Bachar el-Assad, ou ne pas abdiquer devant des ennemis de l'Iran? On peut faire la différence entre les deux. Bachar el-Assad peut partir mais la Syrie peut rester une amie de l'Iran, en fonction des modalités de résolution du conflit.

 

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