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Alep, le principal champ de bataille de la guerre en Syrie

De la cité florissante et de sa vieille ville réputée dans le monde, il ne reste qu'un théâtre de désolation.

Alep, située dans le nord de la Syrie et dont le contrôle est l'un des principaux enjeux de la guerre, est l'une des villes les plus affectées par le conflit qui en cinq ans a fait plus de 300.000 morts. Youssef KARWASHAN / AFP

Alep, située dans le nord de la Syrie et dont le contrôle est l'un des principaux enjeux de la guerre, est l'une des villes les plus affectées par le conflit qui en cinq ans a fait plus de 300.000 morts.

Quelques jours après la fin d'une trêve d'une semaine initiée par les Américains et les Russes, l'armée syrienne a annoncé jeudi soir une offensive majeure en vue de reprendre les quartiers rebelles de l'ancienne capitale économique de la Syrie, qui pourrait donner lieu à une opération terrestre.

 

Alep dans la guerre
Relativement épargnée par le mouvement contestant le pouvoir du président syrien Bachar el-Assad lancé à la mi-mars 2011, Alep connaît en avril-mai de la même année des manifestations de milliers d'étudiants, rapidement dispersées.

En juillet 2012, les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), composée de civils ayant pris les armes et de déserteurs pénètrent à Alep et s'emparent de près de la moitié de la ville. Début août, les troupes loyalistes lancent une offensive terrestre, avant l'entrée en action d'armes lourdes et pour la première fois d'avions bombardiers.

Ancienne capitale économique, la deuxième ville de Syrie est alors divisée entre secteurs loyalistes dans l'ouest, où vivent 1,2 millions d'habitants et des quartiers tenus par les rebelles dans l'est, où résident 250.000 personnes.

 

(Lire aussi : Déluge de feu sur Alep en prélude à une offensive terrestre du régime syrien)

 

Une métropole dévastée
De la cité florissante et de sa vieille ville réputée dans le monde, il ne reste qu'un théâtre de désolation.

Depuis décembre 2013, l'armée utilise contre les quartiers rebelles des "barils d'explosifs", largués à partir d'hélicoptères et d'avions militaires, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et des militants. Le recours à cette arme qui tue de manière aveugle est dénoncé par l'Onu et les ONG internationales. De leur côté, les insurgés ripostent avec des tirs de roquettes meurtriers sur les quartiers gouvernementaux.

Les conditions sanitaires dans la partie rebelle de la ville sont alarmantes, selon les médecins qui y travaillent, et les bombardements n'épargnent pas le personnel médical.

 

(Lire aussi : Dans Alep-Est assiégé, la dangereuse quête de carburants alternatifs)

 

Offensive rebelle pour desserrer le siège
Le 17 juillet 2016, les forces du régime coupent le dernier axe d'approvisionnement des rebelles, la route du Castello. Ils assiègent totalement leurs quartiers, où les habitants sont confrontés à de nombreuses pénuries et à une flambée des prix.

Le 31 juillet, l'Armée de la conquête, une alliance de groupes rebelles et de jihadistes, lance une importante offensive pour tenter de desserrer le siège. Le 6 août, elle annonce avoir pris le quartier gouvernemental de Ramoussa, à la périphérie sud d'Alep, ce qui lui permet d'ouvrir une route de ravitaillement pour les quartiers rebelles assiégés. Mais le 8 septembre, l'armée reprend Ramoussa, renforçant le siège sur les zones insurgées.

Selon l'OSDH, au moins 130 civils ont été tués entre le 31 juillet et le 8 septembre. Les affrontements ont fait plus de 700 morts parmi les combattants des deux camps.

Dans la bataille d'Alep, les rebelles sont aidés par les jihadistes du Front Fateh el-Cham (ex-Front al-Nosra) et le régime par des combattants iraniens et du Hezbollah ainsi que par la Russie.

Après une trêve entre le 12 et 19 septembre, les combats ont repris crescendo, avec d'intenses raids aériens du régime vendredi sur les quartier rebelles.

 

(Lire aussi : Quand les soldats remplacent commerçants et touristes dans le souk d’Alep)

 

Une ville multimillénaire
Joyau architectural, Alep est l'une des plus vieilles villes du monde à avoir été constamment habitée, depuis au moins 4.000 ans avant J.-C., grâce à sa situation stratégique entre la Méditerranée et la Mésopotamie.

Spécialisée dans l'industrie manufacturière, la métropole était la deuxième ville de l'Empire ottoman au XIXe siècle.

La citadelle d'Alep, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco en 1986, a commencé à être édifiée au Xe siècle. Sa construction a pris trois siècles.

Mais en juillet 2015, une section de ses remparts s'est effondrée. Auparavant, le minaret seldjoukide de la mosquée des Omeyyades s'était effondré, et le souk d'Alep, avec ses boutiques parfois centenaires, avait été partiellement détruit par les flammes. L'Unesco a placé en 2013 la Vieille ville d'Alep sur la liste des sites du patrimoine mondial en danger.

 

 

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