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Humanitaire

«  Plus de 13 millions de personnes ont besoin d’une assistance urgente  » en Syrie, alerte l’Onu

L'organisation internationale reprend l'acheminement des aides en Syrie.

Mardi, l’Onu avait suspendu les opérations interagences après l’attaque lundi soir contre un convoi acheminant de l’aide à 78 000 personnes à Ouroum al-Koubra, dans l’ouest de la province d’Alep. Photo Croissant-Rouge syrien

Les Nations unies ont repris hier leur aide humanitaire en Syrie et ont envoyé un convoi vers Moadamiyat al-Cham, une zone assiégée dans la périphérie de Damas, a annoncé hier un porte-parole à Genève. «  Aujourd'hui, nous envoyons un convoi interagences (...) avec de l'aide d'urgence pour les habitants d'une zone assiégée de la province de Damas  », a indiqué Jens Laerke, du bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'Onu (OCHA) dans un communiqué. «  Nous avons repris les distributions d'aide en raison de l'impératif humanitaire qui exige de rester et de fournir une assistance même dans la situation la plus difficile  », a-t-il expliqué. Il a toutefois souligné que la nécessité de pouvoir garantir le «  passage sûr  » des convois restait une exigence aussi.

Mercredi soir, l'Onu avait déjà annoncé être «  prête  » à reprendre ses convois humanitaires vers les lieux assiégés ou difficiles d'accès en Syrie, qu'elle avait suspendus après l'attaque lundi soir contre un convoi acheminant de l'aide de l'Onu et du Croissant-Rouge syrien à 78 000 personnes à Ouroum al-Koubra, dans l'ouest de la province d'Alep. Une vingtaine de civils ainsi que le directeur d'antenne locale du Croissant-Rouge syrien, Omar Barakat, ont été tués alors qu'ils déchargeaient les camions du convoi. 18 des 31 camions du convoi ont été détruits.

Pendant ce temps, «  quelque 13,5 millions de personnes ont besoin d'une assistance humanitaire urgente  », affirme à L'Orient-Le Jour  David Swanson, le porte-parole régional sur la crise syrienne de l'OCHA. «  Nous essayons d'atteindre 5,47 millions de ces personnes qui se trouvent dans des zones assiégées et dites difficiles d'accès, et qui sont prioritaires. Des opérations inter-agences sont alors mises en place, sous l'égide de l'Onu, de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge  », explique le porte-parole. C'est ce type d'opérations qui était en cours lundi. Depuis les raids, seul ce type d'opérations a été interrompu pendant 48h, tandis que les autres distributions d'aides se poursuivaient normalement dans le pays. «  À présent, nous travaillerons au cas par cas  », ajoute-t-il.

 

(Repère : La crise humanitaire en Syrie: faits et chiffres)

 

«  S'il vous plaît, M. Assad  »
Toutefois, rien ne garantit qu'une attaque similaire à celle de lundi n'ait pas lieu, dans l'impunité la plus totale. Les responsables n'ont toujours pas été identifiés, mais une enquête indépendante a été exigée par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, lors de l'Assemblée générale de l'Onu lundi. En outre, Moscou et Washington s'accusent mutuellement de l'attaque. Hier encore, le Pentagone en a jugé Moscou «  responsable  », que ce soit par le biais de sa propre aviation ou celle du régime syrien.

La sécurité des convois qui ont repris la route hier vers la banlieue de Damas ne dépend donc que de la situation sur le terrain, avec tous les risques que cela implique. Bien entendu, précise M. Swanson, ces opérations sont toujours très méticuleusement organisées et étudiées. «  Tous les détails sont donnés à l'avance aux différents protagonistes du conflit et les véhicules utilisés portent des signes très clairs et visibles indiquant leur nature humanitaire  », avance-t-il, qualifiant l'attaque de lundi de «  crime de guerre  ».
En attendant, Jan Egeland, le chef du groupe de travail de l'Onu sur l'aide humanitaire en Syrie, a imploré hier le président syrien Bachar el-Assad de lui permettre de distribuer l'aide alimentaire bloquée à la frontière turco-syrienne, soulignant qu'elle sera périmée lundi. «  Donc, s'il vous plaît, président Assad, faites ce que vous avez à faire pour nous permettre d'accéder à l'est d'Alep et aussi aux autres zones assiégées  ».

 

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Les Nations unies ont repris hier leur aide humanitaire en Syrie et ont envoyé un convoi vers Moadamiyat al-Cham, une zone assiégée dans la périphérie de Damas, a annoncé hier un porte-parole à Genève. «  Aujourd'hui, nous envoyons un convoi interagences (...) avec de l'aide d'urgence pour les habitants d'une zone assiégée de la province de Damas  », a indiqué Jens Laerke,...

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