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Liban

La reconstruction de l’église Saint-Élie de Brih, fruit du mariage entre tradition et modernité

Entretien

L'architecte Maroun Lahoud évoque, dans un entretien avec « L'Orient-Le Jour », la renaissance de l'église maronite Saint-Élie de Brih, symbole de la réconciliation entre druzes et chrétiens dans le Chouf.

06/08/2016

Plus de 30 ans après sa destruction pendant la « guerre de la Montagne » qui opposait, au début des années 80 du siècle dernier, les chrétiens aux druzes dans la région du Chouf, l'église maronite St-Élie de Brih (caza du Chouf) est désormais entièrement reconstruite. Brih est l'un des derniers villages qui, jusqu'à récemment, n'avait pas encore été englobé dans le processus de retour des chrétiens ayant fuit les massacres perpétrés à cette époque dans la région.

Repérable de loin grâce à sa couleur blanche presque scintillante, l'église comprend deux blocs carrés et « se caractérise par un volume sobre, une toiture plate et l'absence d'ornementations, comme toute église traditionnelle maronite », précise son architecte libanais, Maroun Lahoud, lors d'un entretien avec L'Orient-Le Jour. Une partie de sa façade s'étend vers le haut pour constituer le clocher de l'église, tout aussi sobre. Par ailleurs, deux placettes, une basse et une haute, créent un large espace extérieur donnant l'illusion d'un toit sans barrières qui s'ouvre sur le paysage. L'intérieur est illuminé à travers un éclairage indirect et naturel, grâce à des ouvertures murales en forme de croix. « La lumière est utilisée comme matière et donne l'impression que le volume flotte à l'intérieur ; cette mise en scène est amplifiée par le sol en marbre », relève Maroun Lahoud.

 

(Lire aussi : Pour Alice Chaptini, les barrières communautaires ont été surmontées, à deux ou trois exceptions près)

 

Selon M. Lahoud, qui est également professeur à l'Académie libanaise des beaux-arts, le projet a été assez laborieux car il fallait s'adresser en même temps à trois clients : au ministère des Déplacés qui l'a financé, au prêtre et à l'évêché de Saïda, ainsi qu'au Comité des habitants. Ces derniers étaient au début très réticents : « Il fallait les convaincre que le projet n'allait pas être inspiré des églises des années 40 dans lesquelles on utilise énormément d'arcades et d'éléments qui, pour eux, représentent la tradition et le patrimoine, souligne-t-il. Or comme il s'agit d'un projet qui symbolise la réconciliation, je me sentais responsable de montrer une nouvelle page, tout en valorisant la mémoire et le passé », ajoute-t-il.

La volonté de reprendre les codes traditionnels d'une manière contemporaine s'affiche d'ailleurs à travers l'utilisation de pierres provenant de l'ancienne église et de maisons avoisinantes détruites par la guerre, ou encore à travers la transformation d'une voûte sauvegardée en petite chapelle extérieure.

 

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Georges Rbeiz

Cette structure épurée ,moderne, éblouissante de sa simplicité qui met en évidence le symbolisme humble et merveilleux de notre foi .
Nos temps ont besoin de clarté .
Merci de nous iciter à découvrir ce bijou et sa région au plus vite.
Joanna Rbeiz

Le Faucon Pèlerin

Etant donné mon âge, 87 ans et mon éloignement, 3500km de là, j'aurais préféré la reconstruction de l'église Mar-Elias à l'identique comme elle l'était. C'est cela, à mon humble avis, la tradition maronite.

Chammas frederico

Une réussite, a tous points émouvante
Merci à tous les acteurs

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