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Moyen Orient et Monde

Pourquoi l’EI a-t-il perpétré un attentat dans une église en France ?

Décryptage

Le chrétien, en tant que tel, n'était pourtant pas considéré, jusqu'à maintenant, comme un ennemi prioritaire dans l'idéologie du groupe jihadiste.

27/07/2016

L'État islamique a revendiqué l'attaque perpétrée hier dans une église dans la petite ville de Saint-Étienne-du-Rouvray en France. C'est la cinquième fois que l'EI revendique une attaque sur le territoire français en moins de 18 mois. Les cibles, bien que toutes extrêmement symboliques, sont à chaque fois différentes : les juifs, le 8 janvier 2015, avec l'attentat de l'Hyper Casher (Paris) au lendemain de l'attentat contre Charlie Hebdo (revendiqué par el-Qaëda dans la péninsule Arabique – Aqpa); les jeunes en train de faire la fête avec les attentats du 13 novembre dernier à Paris ; la police, donc l'autorité, avec les attentats de Magnanville le 13 juin 2016 ; le symbole de la République avec l'attentat de Nice le 14 juillet 2016 ; les chrétiens avec l'attentat d'hier.

Le chrétien, en tant que tel, n'était pourtant pas considéré, jusqu'à maintenant, comme un ennemi prioritaire dans l'idéologie de l'EI. Comme le rappelle Jean-Pierre Filiu, professeur d'histoire du Moyen-Orient à Sciences Po Paris, dans une tribune intitulée « Une radicalisation très rapide, cela s'appelle une conversion », publiée dans le journal Le Monde le 17 juillet 2016, l'EI « divise le monde en cinq catégories : les "musulmans", terme réservé aux seuls membres de la secte, les "apostats", soit tout le reste des sunnites, les "hérétiques", soit les chiites et autres familles de l'islam, et enfin "les juifs et les croisés" ».

 

(Repère : Plusieurs attaques en France depuis les attentats de janvier 2015)


« À propos des chrétiens, l'EI tient le discours classique de l'islam vis-à-vis des autres gens du Livre », estime Gérald Arboit, directeur de recherche au Centre français de recherche sur le renseignement. En théorie, le chrétien a le droit de vivre dans les territoires contrôlés par l'EI à condition qu'il paye un impôt, la jizia. S'il ne le fait pas, il ne lui reste que trois choix : la conversion, la fuite ou la mort.
En juin 2014, les chrétiens de Mossoul ont décidé de fuir après la prise de la ville par l'EI. À Raqqa, certains ont décidé de rester et se sont vu imposer de règles très strictes comme l'interdiction de construire de nouvelles églises ou d'entretenir celles existantes, de prier ou de réciter la Bible en public. Le statut des chrétiens ne les protège pas pour autant d'être la cible d'attaques en fonction du contexte politique. Ce statut de dhimmi n'est donc valable qu'en temps de paix et uniquement pour les chrétiens d'Orient.

 

(Repère : Rappel des principaux attentats de l'EI contre des cibles occidentales)

 

Coalition des croisés
« Le discours de l'EI sur la chrétienté prévaut pour le Moyen-Orient, pas pour l'Occident », rappelle ainsi M. Arboit. Dans la logique jihadiste, les chrétiens occidentaux sont associés aux croisés et aux politiques impérialistes vis-à-vis de l'Orient. Le croisé, parce qu'il combat en terre d'islam, devient un ennemi prioritaire. Dans son communiqué de revendication, l'EI considère que l'attaque contre l'église en Normandie est « une réponse à l'appel à cibler des pays de la coalition des croisés ».

 

(Lire aussi : L'imam de Saint-Etienne-du-Rouvray "effaré" par le décès de son "ami" prêtre)


La chrétienté d'Occident n'a pas été épargnée dans la propagande du groupe jihadiste. L'Église de France avait été notamment menacée en avril 2015, après qu'une attaque contre une paroisse de Villejuif, en banlieue parisienne, a été déjouée. Sid Ahmed Ghlam, un étudiant algérien de 24 ans, est soupçonné d'avoir voulu prendre pour cible cette église. D'autres lieux de culte catholiques en région parisienne auraient peut-être figuré sur une liste retrouvée lors de l'arrestation du jihadiste. Quelques mois plus tard, le 20 juillet 2015, dans le cinquième numéro de son magazine en français Dar al-Islam mis en ligne par le groupe de médias officiel de l'EI, al-Hayat, un article appelait les partisans du groupe à viser, notamment, les églises. « Il faut toujours viser les endroits fréquentés, tels que les lieux touristiques, les grandes surfaces, les synagogues, les églises, les loges maçonniques, les permanences politiques, les lieux de prêche des apostats, le but étant d'installer la peur dans leur cœur. »

Pour Romain Caillet, chercheur et consultant sur les questions islamistes, les jihadistes n'ont fait que donner des directives générales. Le numéro huit de Dar al-Islam comprenait notamment les testaments des trois kamikazes des attentats du 13 novembre à Paris, dont l'un appelant à « viser un lieu de culte en Occident ». « Cela pouvait être aussi bien une église qu'une synagogue », rappelle Romain Caillet. Or l'église n'était pas ciblée en tant que telle, mais davantage en tant que lieu fréquenté par des croisés.

 

(Lire aussi : "Ce n'est pas un musulman qui a tué un catholique. C'est le mal, tout simplement")

 

Association symbolique
C'est la première fois qu'un attentat revendiqué par l'EI cible spécifiquement une église. Si, comme le précise Romain Caillet, les jihadistes français n'ont jamais mentionné les prêtres en particulier dans leurs discours, en faisant irruption à l'heure de la messe, dans l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray, les deux assaillants armés ont assurément choisi de s'attaquer à un symbole plutôt que de commettre un crime de masse. Car l'attaque commise diffère des précédents attentats perpétrés sur le sol français. C'est l'association symbolique de trois éléments qui confère à l'acte une autre portée. Le lieu d'abord : un lieu de culte, où le croyant est supposé se sentir en sécurité. La méthode ensuite : l'égorgement, et tout l'impact historique qui lui est conféré. Et enfin la victime : un prêtre de 86 ans, un homme de Dieu, dont le message est de propager la paix. « L'EI s'inscrit dans une théorie de faire déborder le conflit dans une dimension religieuse, comme ce qui a été fait en Irak et en Syrie, où le groupe jhadiste a été mis en contact avec des zones chrétiennes », estime Gérald Arboit.

Le président François Hollande a rappelé que « ce sont les catholiques qui ont été frappés, mais ce sont tous les Français qui sont concernés ». Pour Romain Caillet, la gay pride aurait pu tout autant être attaquée que l'église. « L'idée de l'EI est de faire feu de tout bois et d'infliger un traumatisme de plus à la société française », conclut-il.

 

 

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Chammas frederico

Certains vivent encore au moyen âge!
Le siècle des lumières n'est pas encore "arrive" pour eux, quant à la démocratie et les droits de l'homme...pour eux...des moyens de domination de l'Occident!
Quand cela changera t il ?

M.V.

Réponse ,parce que Daech ...considère les chrétiens comme des mécréants croisés ....! et "pense" que la terreur divine est égal à E = mc2 ... ils ont perdu d'avance ...mais, ils ne le savent pas encore ...! dommage , pour toutes les victimes de leurs co..erie obscurantiste .....

AIGLEPERçANT

Le Hezbollah a condamné, dans un communiqué, "l'attentat lâche commis contre un prêtre français par les gangs terroristes de Daech (EI)", présentant ses condoléances à la famille de la victime, à l'église française et internationale et au peuple français.

"Ce crime est l'un des maillons d'une longue chaîne de meurtre et de criminalité qui touche la vie, la liberté et la dignité de l'être humain, ainsi que le patrimoine humain et moral de l'humanité toute entière. Ce crime incite les gens de manière directe et indirecte à la haine contre l'Islam et contre les musulmans et sème la discorde entre les religions".


Et d'ajouter: " Une de fois de plus, un tel crime nous appele à se tenir face aux Etats qui ont parrainé et financé les terroristes dans notre région et qui ont couvert les crimes de ces terroristes, au point que le monde tout entier s'embrase sur leur feu".

Le Hezbollah a appelé enfin lesdits pays "à réviser leurs anciennes politiques erronées et d'adopter position unifiée contre le terrorisme".

AIGLEPERçANT

La réponse est simple , parceque l'ei des bactéries wahabites est sûr que de toute façon on finira par accuser le héros de la résistance aux bactéries , Bashar El Assad d'être responsable des ce genre d'atrocité ...

Du moins auprès de certains ....

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