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"Ce n'est pas un musulman qui a tué un catholique. C'est le mal, tout simplement"

france

Après l'égorgement d'un prêtre dans une église en Normandie, les catholiques français "sidérés" mais refusent la "division".

OLJ/AFP/Benoît FAUCHET
26/07/2016

La communauté catholique en France était en proie à la "sidération" après l'assassinat mardi d'un prêtre disant la messe, une attaque jihadiste inédite redoutée depuis des mois dans les églises, "lieux d'ouverture" qui ne doivent "pas fermer leurs portes".

"Nous sommes atterrés devant cette attaque qui a eu lieu, en plus, pendant la messe: c'est l'acte le plus sacré pour nous, le plus beau, on est émus de savoir que ce prêtre a donné sa vie à ce moment-là", confie l'abbé Pierre Amar, curé dans le diocèse de Versailles, près de Paris.

Sur les réseaux sociaux fleurit le mot "martyr" pour désigner le "sacrifice" du Père Jacques Hamel, égorgé mardi matin par deux hommes se réclamant du groupe Etat islamique (EI), dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray près de Rouen (nord-ouest).

"On était un petit peu tendus depuis Noël dernier: pour la première fois de notre vie, nos églises étaient sécurisées", rappelle l'abbé Amar. Allusion aux mesures de vigilance mises en œuvre auprès des lieux de culte chrétiens pour les fêtes de fin d'année, après les attentats jihadistes du 13 novembre.
Le dispositif avait été répliqué quasiment à l'identique pour la fête de Pâques, mais il paraissait difficile de sécuriser par des effectifs permanents un nombre d'églises catholiques estimé en France à quelque 45.000.

 

(Repère : Plusieurs attaques en France depuis les attentats de janvier 2015)

 

Dans plusieurs villes de France comme Lyon (centre-est) ou Montpellier (sud-est), les messes en début de soirée mardi seront célébrées en mémoire du prêtre assassiné. A Strasbourg (est), la cathédrale sonnera le glas. La Conférence des évêques a aussi appelé les catholiques français à une "journée de jeûne et de prière" vendredi.

La France a été souvent qualifiée par les papes de "fille aînée de l'Eglise".
"Ce que veulent ces gens, c'est détruire nos sociétés, provoquer une guerre des religions. La seule réponse à apporter, c'est la solidarité. Il ne faut pas tomber dans le piège de la division", estime le Père Christian Delorme, figure du dialogue interreligieux à Lyon.
"J'ai reçu de très nombreux messages de désarroi de la part d'amis musulmans, bouleversés, dont l'un me disait +pour la première fois, j'ai peur+", confie le prêtre.


"Lieu d'ouverture"

A Paris, à l'issue du chapelet de la basilique Notre-dame-des-Victoires, Anna qui préfère taire son nom, 43 ans, lâche: "Ce n'est pas une guerre de religions. Ce n'est pas un musulman qui a tué un catholique. C'est le mal, tout simplement".

L'EI a multiplié ces derniers mois dans sa propagande les références antichrétiennes, ciblant les dirigeants "croisés" occidentaux et "le royaume de la Croix" - l'Europe et notamment la France. Le ministère de l'Intérieur avait d'ailleurs craint que des églises puissent "constituer des cibles d'une exceptionnelle force symbolique".

 

(Repère : Rappel des principaux attentats de l'EI contre des cibles occidentales)

 

Faut-il que l'Eglise revoie sa doctrine concernant ses lieux de culte, souvent ouverts toute la journée, sans contrôle particulier ? Non, tranche la présidente de la Conférence catholique des baptisé-e-s francophones, Anne Soupa, "sidérée" devant cet attentat dirigé "contre des gens venus prier un Dieu d'amour".
"Une église est un lieu d'ouverture, de solidarité possible, de transcendance. On doit laisser cette porte ouverte, sinon ce serait fermer la porte à toute solution de paix", dit cette bibliste.
"Ce serait donner raison aux barbares que de fermer nos portes et de s'effacer", renchérit l'abbé Pierre-Hervé Grosjean, qui anime un blog baptisé Padreblog.

L'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray va-t-il générer des tensions entre communautés religieuses?
"Je ne suis pas candide mais je ne crois pas que cela va dresser les communautés les unes contre les autres", estime l'abbé Amar, curé à Limay, une ville qui compte plusieurs mosquées. Mais si ce prêtre dit ne pas avoir peur, il redoute que l'attaque de mardi la suscite "parmi les paroissiens".

Au printemps, le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, avait décelé un "risque de raidissement" dans les relations islamo-chrétiennes, tout en martelant: "Le chemin de l'Eglise nous invite au dialogue, sinon c'est l'affrontement".
"Criant vers Dieu" son émotion, l'archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, n'a pas dit autre chose mardi: "L'Eglise catholique ne peut prendre d'autres armes que la prière et la fraternité entre les hommes".

 

 

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IMB a SPO

Ah bon? Ce n'est pas un musulman? C est qui alors? un martien, un athe? Allons donc, ca suffit de faire l'autruche. Il faut bien nommer son ennemi sinon personne ne pourra le defaire. Et puis, ou sont les condamnations des autorites musulmanes? Ou est Dalil Boubakeur. Des ignobles tous! Le terrorisme partout dans le monde est pratique par des musulmans. Par ailleurs, je vois aussi que la France n'a pas hesitee a liquider ces terroristes, et personne ne s'en est offusque. Par contre lorsque le meme scenario se produit en Israel, il y a une levee de bouclier...Que hypocrisie...

ACQUIS À QUI

Belle réaction , qui répond à ceux qui disent c'est pas la chrétienté qui bombardent des civils en pays musulmans mais le Mal absolu .

C'est pas non plus la judaité qui tue les innocents palestiniens sunnites et chrétiens mais le mal absolu etc......etc...

Bery tus

bravo exactement !!!

NAUFAL SORAYA

Oui, c'est le Mal, indiscutablement...

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