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Liban - La Situation

Le contrat de la centrale de Deir Ammar divise, puis paralyse le gouvernement

Le ministre de l’Intérieur avec les mohafez des régions.

On croyait que, en excluant la nomination d'un nouveau mohafez pour le Mont-Liban, celle d'un nouveau conseil d'administration pour Télé-Liban et l'examen du dossier de la Sécurité de l'État, le Conseil des ministres évacuait toutes les questions épineuses exigeant une unanimité et que la réunion prévue au Grand Sérail serait tranquille. C'était sans compter avec les deux sujets brûlants du paiement de la TVA sur les travaux d'édification d'une centrale électrique fonctionnant au gaz à Deir Ammar, et du volet bancaire des sanctions US contre le Hezbollah.

Et si ce dernier volet relève de circonstances indépendantes de la volonté des autorités, celui de la centrale a démontré, une fois de plus, combien le fonctionnement des institutions est brouillon et, pour ainsi dire, primitif.
Le malentendu porte, grosso modo, sur la comptabilisation de la TVA que la société domiciliée en Grèce, JP Avax, doit régler au Trésor libanais sur les travaux d'édification d'une centrale, sachant que l'accord de 702 milliards de livres libanaises signé avec cette compagnie date de mars 2013 et qu'il a été contresigné par la Cour des comptes et le ministre de l'Énergie respectivement un et deux mois plus tard.
La querelle porte sur la légitimité d'un accord excluant la TVA, sachant que dans l'échange de notes entre la compagnie et l'État libanais, il était précisé que cette TVA était tacitement comprise dans le prix fixé et qu'en fin de compte, le ministère de l'Énergie avait considéré le 14 avril dernier que l'accord conclu jouissait de l'autorité de la chose jugée.

Ces vérités alambiquées par leurs présupposés et implications juridiques devaient faire l'objet d'un interminable débat de plus de trois heures et diviser les ministres. C'est ainsi que, face à un Ali Hassan Khalil qui, en grand argentier, s'est cru en devoir de réclamer le paiement de la TVA, Gebran Bassil, Élias Bou Saab, Alain Hakim et même Mohammad Fneich ont objecté à toute modification des clauses du contrat qui entraînerait automatiquement un recours en arbitrage et des amendes. C'est au point qu'excédé et lassé par des discussions byzantines, le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, devait se retirer de la séance, entraînant avec lui la sortie de plusieurs autres ministres et le report du débat à la prochaine séance.

Le Conseil des ministres a, par ailleurs, soulevé brièvement, pour s'en féliciter, le sujet des élections municipales, ainsi que celle des déchets ménagers, à une semaine environ de la fermeture de la décharge de Naamé (19 mai). C'est ainsi qu'Alain Hakim a jugé avec gravité que l'enfouissement des ordures ménagères derrière une digue maritime, sans tri préalable, serait « un crime contre l'environnement », ce qui lui a valu quelques réparties cyniques de ses collègues.


(Lire aussi : Les alliances politiques fluctuent, mais la présidentielle fait du surplace)

 

Par ailleurs, l'actualité locale a été marquée hier par la poursuite des préparatifs de la deuxième journée municipale, ce dimanche, avec en vedette la bataille à Jounieh, qui s'annonce homérique, et qui se distingue déjà des autres par l'ampleur des dépenses électorales engagées de part et d'autre. Dans cette bataille, les partis du tandem Forces libanaises-CPL se retrouvent face à face, appuyant chacun l'une des deux listes qui s'affrontent.
Autres batailles qui seront intéressantes à suivre, celle de Deir el-Kamar, où le leader du PNL, Dory Chamoun, se retrouve face à une coalition Kataëb-FL discrètement appuyée par le PSP ; et celle de Sin el-Fil, où c'est presque le one man show de Nabil Kahalé face aux partis. Des batailles intéressantes sont également annoncées à Roumieh et ailleurs dans le Metn.

Le ministre de l'Intérieur a réuni hier les mohafez pour leur demander de tirer les leçons de la gestion déficiente de la première étape du scrutin. Les lenteurs et les retards dans l'annonce des résultats justifient pleinement cet avertissement. À ce jour, on ne connaît toujours pas, par exemple, le score de Charbel Nahas et de Ghada Yafi à Beyrouth, histoire de savoir ce qui se serait passé si les voix qu'ils ont obtenues s'étaient reportées, par exemple, sur la liste Beyrouth Madinati.
En parallèle, les cris d'indignation de Saad Hariri, qui proteste contre les mauvais scores réalisés dans les trois circonscriptions de Beyrouth I, continuent de susciter des commentaires.

 

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On croyait que, en excluant la nomination d'un nouveau mohafez pour le Mont-Liban, celle d'un nouveau conseil d'administration pour Télé-Liban et l'examen du dossier de la Sécurité de l'État, le Conseil des ministres évacuait toutes les questions épineuses exigeant une unanimité et que la réunion prévue au Grand Sérail serait tranquille. C'était sans compter avec les deux sujets brûlants du paiement de la TVA sur les travaux d'édification d'une centrale électrique fonctionnant au gaz à Deir Ammar, et du volet bancaire des sanctions US contre le Hezbollah.
Et si ce dernier volet relève de circonstances indépendantes de la volonté des autorités, celui de la centrale a démontré, une fois de plus, combien le fonctionnement des institutions est brouillon et, pour ainsi dire, primitif.Le malentendu porte, grosso modo,...
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