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Nos lecteurs ont la parole - Les Défis Et Enjeux Du Prochain Mandat Présidentiel

(II) Préserver et restaurer... Quel profil ?

... Après avoir défini le système et fixé l'objectif de sa survie, il s'agit de le préserver et de le remettre en marche. Comment et avec qui ?
Aussi, pour préserver ce système, faudra-t-il faire face aux risques existentiels. Pour moi, j'en recense trois : la décomposition de l'union nationale, la dette publique et les réfugiés.
Il faut donc expliciter le projet national et renouveler l'adhésion de toutes les composantes, pour en finir avec la guerre des autres chez nous, selon la formule du regretté Ghassan Tueini. C'est d'ailleurs une constante dans la vie politique libanaise, que les protagonistes fassent appel à l'extérieur pour améliorer leur position à l'intérieur. Procéder ensuite à une réconciliation nationale. Et tourner la page de l'état de guerre, dont nous ne sommes point sortis. Nous ne sommes pas encore sortis de l'état de guerre, du « tout ce qui n'est pas avec nous est donc contre nous ».
Quant à la dette publique, le chef de l'exécutif a l'obligation, avec les moyens qui sont les siens, de rappeler en permanence l'impérieuse nécessité de l'orthodoxie budgétaire, face à des dérapages incontrôlés. Avec une dette à près de 80 milliards, le « génie libanais » aura du mal, si on n'y prend garde, à éviter la catastrophe. De même, il devra inciter à la dignité économique, après le spectacle misérable de la servilité que nous venons de montrer, en poussant à une vie économique moins assistée, en y associant, sur des visées claires, la diaspora.
Pour ce qui est des réfugiés, tant syriens que palestiniens, au-delà du drame humain, il faudra garder en perspective l'idée du risque destructeur, que toute idée d'implantation ferait courir au pays dans toutes ses composantes et essayer de mobiliser la population libanaise, mais aussi la diaspora, et la communauté internationale. Le problème palestinien est spécifique, engageant la communauté internationale sur une échelle de temps qui nous échappe. Il s'agit d'éviter une implantation sournoise. C'est un réel enjeu, qui touche aussi aux droits de l'homme.
Par contre, les réfugiés syriens ont un tout autre traitement, puisqu'ils ont accès au monde du travail, mais, ayant un pays, un passeport, on peut espérer leur retour à échéance visible. Toutefois, il va falloir gérer la période transitoire, en essayant de les occuper avec l'aide internationale, dans des projets importants dans des zones franches, par exemple, conçues ad hoc, et il faudra bien, un jour, renouer le dialogue avec les autorités syriennes pour gérer leur retour.
Après le sauvetage du système, il s'agit de le remettre en marche. Pour cela, il faudra réhabiliter l'État, ce qui passe par les étapes suivantes : faire de la lutte contre la corruption une priorité nationale et relever les compétences silencieuses du secteur public. J'ai eu l'occasion de constater qu'il y a une majorité de fonctionnaires compétents, honnêtes, consciencieux, qui font tourner l'administration, en étant mal considérés, mal rémunérés, face à des brebis galeuses corrompues, bénéficiant des protections et des promotions.
Réhabiliter les services de l'État : nous avons notre eau privée, notre électricité privée, notre école privée, notre téléphone privé, à l'instar des grands pays, sauf que ces pays ont pu en arriver là après avoir pendant des décennies renforcé et consolidé le rôle de l'État, et conforté une image de qualité protectrice des prestations publiques. Avec l'avancée de la technologie, l'État est à même d'être le garant d'un service de qualité. Et aussi de réintroduire le rêve et l'espoir, en reconnaissant que les atouts du Liban sont mieux adaptés à la mondialisation et la révolution numérique qu'à la situation ante. Installés dans la sphère du progrès, nos jeunes ont de bons atouts pour réussir. Il faut pour cela œuvrer à leur créer un environnement favorable : aide à la recherche en biologie et en génétique, promotion d'un plan THD (Très haute définition), redonner de la vie à la terre, en favorisant une politique ambitieuse de l'environnement à travers une grande action d'aménagement urbain introduisant une politique moderne des transports
Le Liban est projet d'avenir. Sur le plan du projet national : seul pays des minorités au sein du monde arabe. Sur le plan international : seul pays où l'islam sunnite gouverne paritairement. La formule de partage, qui était jusque-là considérée comme un handicap, a été citée récemment comme modèle potentiel de résolution des conflits dans la région. Sur le plan interne : la vivacité de la société civile, la qualité de l'enseignement, mais aussi l'excellence des pôles informatique et santé sont autant d'atouts pour accéder à la modernité que véhiculent la mondialisation et la révolution numérique.
Enfin, la sauvegarde du système, sa remise en marche et le retour du rêve ; de là s'impose un profil présidentiel, qui soit prometteur, porteur d'espoir, sans qu'il ait besoin d'un véritable programme ; mais le président doit avoir une vision certaine. Il devra notamment rassurer sa communauté d'origine dont il est issu, donner l'exemple de la probité qu'il prône, incarner le modèle national qu'il défend, au-delà des factions et équitablement.
Surtout que ce profil soit représentatif de cette valeur ajoutée culturelle libanaise dans le concert des nations, ainsi que de cette valeur ajoutée chrétienne de la communauté à qui revient le poste.

Ibrahim EL-DAHER
Ancien ministre

... Après avoir défini le système et fixé l'objectif de sa survie, il s'agit de le préserver et de le remettre en marche. Comment et avec qui ?Aussi, pour préserver ce système, faudra-t-il faire face aux risques existentiels. Pour moi, j'en recense trois : la décomposition de l'union nationale, la dette publique et les réfugiés.Il faut donc expliciter le projet national et renouveler l'adhésion de toutes les composantes, pour en finir avec la guerre des autres chez nous, selon la formule du regretté Ghassan Tueini. C'est d'ailleurs une constante dans la vie politique libanaise, que les protagonistes fassent appel à l'extérieur pour améliorer leur position à l'intérieur. Procéder ensuite à une réconciliation nationale. Et tourner la page de l'état de guerre, dont nous ne sommes point sortis. Nous ne sommes pas encore...
commentaires (1)

"Surtout que ce profil soit représentatif de cette valeur ajoutée chrétienne de la communauté à qui revient le poste." ! Laquelle ? Si ça se trouvait, citez-en une, SVP !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

08 h 31, le 11 mai 2016

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Commentaires (1)

  • "Surtout que ce profil soit représentatif de cette valeur ajoutée chrétienne de la communauté à qui revient le poste." ! Laquelle ? Si ça se trouvait, citez-en une, SVP !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 31, le 11 mai 2016

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