Liban - Investissements

Liban-Mexique : vers un rapprochement des pôles ?

Si les relations commerciales entre le Liban et le Mexique restent très modestes, leur positionnement géographique incite les investisseurs des deux côtés à intensifier leur coopération.

La délégation d’affaires libanaise qui s’est réunie fin avril au Mexique. Photo D. R.

Le 18 mai 2015, une délégation d'hommes d'affaires mexicains débarquait à Beyrouth pour participer à un forum organisé par l'ambassade du Mexique au Liban et le Rassemblement des dirigeants et chefs d'entreprise libanais (RDCL). Onze mois plus tard, une quinzaine d'entrepreneurs libanais, menés par le président du RDCL, Fouad Zmokhol, faisaient le chemin inverse pour 8 jours de réunions avec plusieurs représentants du gouvernement, de différentes Chambres de commerce et de mastodontes industriels mexicains comme Grupo Carso (industrie, BTP, télécoms), Grupo mexico (mines et infrastructures) et Grupo IUSA (construction et industrie).

« Ce voyage n'était qu'une première étape qui fera l'objet d'un suivi régulier avec notamment des rencontres annuelles entre les délégations », assure Antoine Menassa, le président de l'Association d'hommes d'affaires libanais et français (Halfa), qui faisait partie de la délégation. Outre la signature d'un protocole d'accord entre le RDCL et la Chambre de commerce libano-mexicaine pour encourager la création de partenariats commerciaux, cette visite a surtout été l'occasion pour les hommes d'affaires de discuter des opportunités d'investissement dans deux pays qui se positionnent comme des portes d'entrée vers des marchés bien plus larges. « Le Mexique est une passerelle vers l'Amérique latine, les États-Unis et le Canada. Les entrepreneurs libanais ont besoin de leurs homologues mexicains pour investir ces marchés tandis que nos partenaires comptent sur nous pour mieux se positionner au Moyen-Orient », résume M. Zmokhol.

Positionnement stratégique

Pourtant, selon les douanes libanaises, les importations de produits mexicains ne dépassent pas la barre des 55 millions de dollars par an depuis 2012, tandis que les exportations libanaises restent en deçà d'un million de dollars par an. « Ces chiffres ne tiennent pas compte des produits fabriqués au Mexique et importés au Liban depuis les États-Unis », tempère Ramez Mecattaf, qui dirige le groupe Mecattaf, spécialisé, entre autres, dans les opérations de change, sans nier néanmoins « qu'il reste encore beaucoup de chemin à faire ».

Mais plus que les flux de marchandises, ce sont surtout les possibilités d'investissements directs qui ont été au cœur des discussions. Et à cet égard, c'est surtout l'attractivité mexicaine qui semble avoir primé. « Le Mexique bénéficie d'un positionnement stratégique indéniable, étant au cœur de trois grandes zones de libre-échange que sont l'Aléna (signé en 1994 avec les États-Unis et le Canada), l'Alliance du Pacifique (signé en 2012 avec le Chili, la Colombie, le Pérou) et désormais le Partenariat transpacifique (signé en février dernier avec 11 autres pays d'Amérique et d'Asie) », souligne Juan Antonio Cepeda, le représentant pour le Moyen-Orient de l'agence gouvernementale mexicaine Pro-Mexico. L'économie mexicaine peut aussi compter sur un marché d'environ 120 millions d'habitants, un PIB estimé à près de 1 300 milliards de dollars en 2014 et un secteur tertiaire qui emploie 51 % de la population active, notamment dans le secteur touristique. « Ce dernier constitue, avec l'agroalimentaire et le secteur de l'énergie – qui a connu une privatisation de la production et de la distribution d'électricité il y a deux ans –, l'un des secteurs les plus attractifs du pays », estime Gérard Saliba, directeur général des magasins Mike Sport, qui négocie un partenariat avec la chaîne mexicaine Marti, également spécialisée dans la vente d'articles de sport.
Place forte de l'industrie automobile, le pays a également investi dans les nouvelles technologies ou le matériel médical. « Près de 80 % des équipements médicaux vendus aux États-Unis sortent des usines mexicaines », confirme le président de l'Association d'amitié libano-mexicaine, Georges Hayek, présent parmi les membres de la délégation. Enfin, les entrepreneurs du pays du Cèdre peuvent compter sur un contingent d'émigrés ou de descendants d'émigrés au Mexique, généralement estimé à plusieurs centaines de milliers de personnes.

Du côté du marché libanais, les opportunités identifiées par les investisseurs mexicains semblent relever d'un horizon plus lointain : « Le président de Grupo Mexico suit de près l'évolution du dossier du pétrole et du gaz offshore libanais, tandis que de nombreuses sociétés se positionnent déjà pour participer à la reconstruction syrienne », indique M. Cepeda.




Pour mémoire

Les jeunes Libano-Mexicains, une communauté attachée à son pays d'origine

Le Mexique célèbre 70 ans de relations bilatérales avec le Liban


Le 18 mai 2015, une délégation d'hommes d'affaires mexicains débarquait à Beyrouth pour participer à un forum organisé par l'ambassade du Mexique au Liban et le Rassemblement des dirigeants et chefs d'entreprise libanais (RDCL). Onze mois plus tard, une quinzaine d'entrepreneurs libanais, menés par le président du RDCL, Fouad Zmokhol, faisaient le chemin inverse pour 8 jours de...

commentaires (2)

LE PLUS AVEC LE MOINS...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

14 h 35, le 09 mai 2016

Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • LE PLUS AVEC LE MOINS...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    14 h 35, le 09 mai 2016

  • "Le groupe Mecattaf, spécialisé, ENTRE AUTRES, dans les opérations de change(?!)." ! Quel rapport, ENTRE AUTRES, avec.... ; e. g. ; La Libanaiiise.... "Industrie" ? !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    06 h 20, le 09 mai 2016