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Liban

À Jisr el-Wati, une école publique accueille 237 enfants libanais et 727 étrangers

Crise syrienne
31/03/2016

L'ambassadeur de France, Emmanuel Bonne, a déclaré, hier, que son pays continuera à soutenir le Liban, aidant la communauté hôte et les réfugiés syriens dans plusieurs domaines, notamment celui de l'éducation.
M. Bonne a tenu ces propos lors d'une visite qu'il a effectuée à l'école Uruguay, à Jisr el-Wati, avec la représentante de l'Unicef au Liban, Tanya Chapuisat. Une délégation de la mission humanitaire du Quai d'Orsay, constituée de M. Dominique Mas, chef de la mission, et Carine de Rugy, chargée de la région Afrique du Nord-Moyen-Orient à la mission humanitaire, accompagnait l'ambassadeur français. La délégation du Quai d'Orsay effectuera diverses visites lors de son séjour au Liban.
Côté libanais, on notait la présence de la directrice de projet de l'éducation gratuite, aussi bien aux enfants libanais que syriens, au ministère de l'Éducation, Sonia Khoury, et de la directrice de l'école publique Uruguay, Rachel Chidiac.

Lors de la réunion avec l'Unicef et la délégation française, la situation des écoles qui accueillent des réfugiés syriens a été présentée. Ces écoles sont au nombre de 238 dans tout le Liban. Depuis le début de l'année scolaire 2015, ces établissements ont deux horaires, l'un, le matin, quand les classes comptent une majorité d'enfants libanais, et l'autre, l'après-midi, destiné aux enfants syriens. Les écoles publiques bilingues accueillant des réfugiés dans le Mont-Liban et à Beyrouth sont à majorité francophones. Dans la Békaa et au Liban-Nord, ces établissements sont anglophones. Les élèves syriens, victimes de traumatismes et de violence, sont, à leur tour, violents. Il semble également que leurs parents ne les ménagent pas... Souvent, on retrouve avec eux des canifs, des pistolets en plastique qu'ils affichent pour se défendre ou encore des menottes ou des chaînes.
Depuis le début de l'année scolaire, l'école Uruguay compte 617 élèves pour l'horaire du matin, dont 380 étrangers, notamment des réfugiés syriens, irakiens et palestiniens, et 347 élèves lors du shift de l'après-midi et qui est constitué exclusivement de réfugiés syriens. Les enfants viennent notamment de Jisr el-Wati, de Sin el-Fil, de Nabaa, de Bourj Hammoud et de Mansourieh. La directrice souligne dans ce cadre que le défi le plus difficile est d'intégrer ces enfants étrangers à l'école.

Grâce à l'initiative de l'Unicef qui a reçu des échos favorables et surtout des dons de la communauté internationale, l'éducation primaire et publique est devenue entièrement gratuite pour les Libanais et les étrangers qui vivent au Liban. L'Unicef assure par an, à travers le programme Race, au ministère de l'Éducation 360 dollars par élève de l'école publique faisant partie de l'horaire de l'avant-midi et 600 dollars pour chaque élève se rendant en classe durant l'après-midi.

( Lire aussi : Scolarisation des réfugiés syriens : Franc succès dans l'éducation de base, mais peu d'adeptes chez les ados )

 

Conférence de Londres
Dans un entretien avec la presse, M. Bonne a exprimé un message de reconnaissance et de soutien au Liban pour les efforts accomplis par ce pays pour accueillir les réfugiés. Il a rappelé l'engagement de la France au Liban, notamment face aux conséquences de la crise syrienne.
« Je veux d'abord saluer l'effort d'accueil que font les Libanais, et en particulier les écoles libanaises, pour les enfants syriens réfugiés dans ce pays. C'est un effort important, nécessaire, mais qui n'est pas facile à faire. J'ai rencontré un certain nombre de ces enfants qui avaient cessé d'apprendre depuis des années et qui ont à nouveau la chance d'apprendre aujourd'hui au Liban. Donc, je suis d'abord venu dire merci aux enseignants de ces écoles et au ministère libanais de l'Éducation nationale pour tout ce qu'ils font en faveur des réfugiés. Les élèves libanais qui sont dans ces écoles libanaises travaillent avec les enfants syriens. C'est un effort d'accueil que les enfants libanais font aussi. Il est nécessaire de pouvoir soutenir les écoliers libanais de la même manière que les enfants syriens. La France apporte son soutien à ce programme de scolarisation et tient beaucoup à ce que les besoins des enfants libanais soient pris en compte », a-t-il souligné.
« La France apporte une aide aux agences des Nations unies, dont l'Unicef qui fait ici un excellent travail, sous la forme de dons financiers. C'est un effort que nous allons amplifier suite à la conférence de Londres (tenue le 4 février 2016), et c'est un effort qui portera notamment sur les questions de coopération sous forme de dons d'abord et ensuite sous forme d'assistance technique », a-t-il poursuivi, en réponse à une question de L'Orient-Le Jour.

Le programme Race (« Reaching All the Children with Education ») est piloté par l'Unicef et le ministère de l'Éducation. La France a alloué 10 millions d'euros (5 millions en 2015 et 5 millions supplémentaires en 2016 suite à la conférence de Londres) dans le cadre de ce programme, dont la spécificité est l'intégration d'enfants syriens aux cours du matin aux côtés des élèves libanais, la mise en place de classes l'après-midi pour les réfugiés syriens et le renforcement des capacités d'accueil du système public d'éducation libanais.
De nombreux donateurs participent au financement du programme Race qui a permis de réintégrer 160 000 enfants syriens âgés de 6 à 15 ans dans le système scolaire libanais sur l'année 2015-2016. La rentrée prochaine devrait permettre à 450 000 enfants au total d'être à nouveau scolarisés. Il restera cependant des enfants syriens non scolarisés.

Dans un entretien avec L'Orient-Le Jour, la représentante de l'Unicef au Liban a souligné que le programme Race II a été lancé lors de la conférence de Londres, il est échelonné sur quatre ans et permettra à davantage d'enfants syriens d'intégrer l'école, rappelant que ce programme a permis d'intégrer environ 200 000 élèves syriens aux écoles. Ces chiffres ne comprennent pas la maternelle et le secondaire.
Pour 2016, l'Unicef a besoin de 227,86 millions de dollars pour agir au Liban. Elle a reçu jusqu'à présent 33,54 millions de dollars. « L'Unicef œuvre à développer les capacités des enfants et des adolescents, libanais et syriens, que ce soit à travers l'école pour les plus petits ou les stages de formation pour les plus grands », a-t-elle poursuivi, notant que « des activités parascolaires seront assurées prochainement aux enfants qui fréquentent l'école ». Cela a commencé par l'aide allemande qui finance des cours de football aux élèves des établissements publics.

 

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VIRAGE CONTRÔLÉ

Qui disait que la France ne savait pas faire de Bonne chose, la géopolitique mise à part ?

M.V.

Le Bonne ambassadeur ...fait de la récup avant la venue (j'espère annulée) de Normal 1er ...

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