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Tournée du secrétaire général de l’Onu

Ban au chevet des réfugiés palestiniens et syriens dans le Nord et la Békaa

Le président de la Banque mondiale annonce une aide de 100 millions de dollars au Liban.

Ban Ki-moon portant un jeune réfugié syrien dans le camp de Dalhamiyé, dans la Békaa. Aziz Taher/Reuters

Le second jour de la visite au Liban du secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a été consacré à une tournée auprès des camps de réfugiés palestiniens et syriens au Liban-Nord – notamment le camp de Nahr el-Bared – et dans la Békaa.
Mais la journée a surtout été marquée par l'annonce faite par le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, d'une aide de 100 millions de dollars au Liban face à la crise des réfugiés syriens, sous forme de prêts – ce qui nécessite cependant une relance de l'action parlementaire et gouvernementale pour voter les décrets d'application nécessaires à l'allocation de cette aide.
C'est de Nahr el-Bared, près de Tripoli – où la poursuite des travaux de reconstruction du camp de réfugiés palestiniens se heurtent à une impasse, notamment faute de fonds –, que M. Ban a entamé sa tournée.
Le patron de l'Onu est arrivé en hélicoptère, sous haute escorte assurée par les forces armées libanaises, à l'aéroport René Moawad de Kleiate. Un grand convoi automobile l'a conduit au camp de réfugiés, où il a été reçu par le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, l'ambassadeur de Palestine, Achraf Dabbour, ainsi que par les responsables des différents groupes palestiniens et ceux de l'Unrwa.
Le responsable du projet de reconstruction du camp à l'Unrwa, Johnny White, a d'abord exposé dans les détails la progression des travaux à M. Ban, qui a effectué une tournée dans le camp.
Le responsable onusien a ensuite rencontré l'ambassadeur de Palestine, qui lui a remis une plaque commémorative frappée du drapeau palestinien et deux mémorandums, l'un de la part de l'ensemble des formations palestiniennes au Liban, l'autre du comité de suivi des travaux de reconstruction du camp.
Ce second mémorandum appelle notamment le secrétaire général de l'Onu à lancer un appel en faveur du parachèvement de la reconstruction du camp en un laps de temps de trois ans maximum, sous le contrôle de l'Unrwa, chargée de collecter les fonds nécessaire à ce projet.
Dans une allocution en présence de son hôte, M. Dabbour a lui aussi exhorté M. Ban à lancer un appel pour obtenir les fonds nécessaires à la clôture du processus de reconstruction du camp.
Une série de manifestations ont d'ailleurs été organisées à cette fin par les habitants dans les ruelles du camp. « Ban, s'il te plaît, sors-nous d'ici », ont notamment scandé les manifestants, dont l'accès au responsable onusien a été interdit.
Cependant, Ban Ki-moon a pu entendre les revendications des protestataires et voir le mouvement de rue à partir du toit de l'école secondaire de Amqa, dont il a inspecté les locaux. Il a également rencontré des familles palestiniennes qui vivent dans le camp, s'informant de leurs conditions de vie.

Kobbé
Le secrétaire général de l'Onu a ensuite quitté le camp de Nahr el-Bared en direction de Tripoli, où il a inauguré un centre social dans le secteur de Kobbé, en présence notamment du président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, du président de la Banque islamique pour le développement, Ahmad Mohammad Ali Madani, du ministre Derbas, du mohafez du Liban-Nord, Ramzi Nohra, de la coordinatrice spéciale de l'Onu pour le Liban, Sigrid Kaag, et de l'ambassadeur du Liban à l'Onu, Nawaf Salam.
« Nous sommes ici pour apporter notre soutien aux populations de la région et améliorer leurs conditions sociales, et à cette fin, nous devons soutenir le Liban », a affirmé M. Ban au cours de la cérémonie d'inauguration.
« L'Onu travaille étroitement avec le gouvernement libanais et les ONG régionales et internationales pour apporter un soutien au Liban, a-t-il poursuivi. Ce centre apportera des soins essentiels aux personnes vulnérables. Je suis impressionné par ce que j'ai vu ce matin, notamment au niveau de l'aide psychologique et éducationnelle fournie par l'Unicef. Le Pnud (Programme des Nations unies pour le développement) et le HCR (Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) apportent également leur soutien », a-t-il dit, insistant sur le fait que « nul ne doit être marginalisé ».
Et le secrétaire général de conclure : « Ceci est ma première visite à Tripoli, qui était le théâtre de tensions. Mais aujourd'hui, la paix et la stabilité ont été restaurées. Nous souhaitons que la Banque internationale de développement, la Banque mondiale et les ONG poursuivent leur travail. »
De son côté, le ministre Derbas s'est félicité que « Tripoli soit à nouveau un point rayonnant sur la carte du monde ».
Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a pour sa part assuré que la BM est « prête à revitaliser la situation économique de Tripoli », précisant que la BM avait alloué au Liban une aide d'une valeur de 20 millions de dollars. « Mais nous avons besoin que le Parlement et le gouvernement libanais votent les lois nécessaires qui nous permettront d'apporter une aide plus importante » a-t-il souligné. Il a également appelé à « redynamiser l'action du gouvernement et du Parlement pour venir en aide aux réfugiés ».
Le président de la Banque islamique de développement, Ahmad Mohammad Ali, a quant à lui remercié le ministre Derbas et le Liban pour l'accueil réservé aux réfugiés syriens. « Nous apprécions énormément les efforts du Liban à ce niveau », a-t-il indiqué, affirmant que la Banque enverrait d'ici à quelques semaines une mission au Liban pour étudier les moyens d'aider le pays, notamment sur le plan des réfugiés syriens.
À l'issue de sa tournée dans le centre social, Ban Ki-moon s'est rendu à Mina, dans le secteur dit « Hay el-Tanak », où il a été à la rencontre de réfugiés syriens présents sur les lieux et des habitants du quartier.

Les camps de réfugiés syriens
Le secrétaire général de l'Onu a ensuite visité les camps de fortune de réfugiés syriens à Bhanine, dans le caza de Minié, en présence des représentants de l'Unrwa et des ministères de la Santé, de l'Éducation et des Affaires sociales. Il a inspecté les cliniques médicales installées dans ces camps ainsi que les centres d'activité pour les enfants, avant d'écouter les doléances des réfugiés.
Dans un communiqué, le président de la Banque mondiale a pour sa part pointé du doigt le poids créé par l'arrivée au Liban de près d'un million et demi de réfugiés syriens du fait de la guerre syrienne, au point que Liban fait face désormais à « une crise existentielle ».
« Nous annonçons que nous allons offrir 100 millions de dollars d'aide au Liban pour réaliser son objectif d'améliorer la qualité de l'éducation des enfants de 5 à 17 ans et garantir que tous les enfants réfugiés syriens qui vivent ici soient inscrit dans des écoles », note le communiqué de Jim Yong Kim.
« Nous ne resterons pas les bras croisés et ne permettrons pas que le système scolaire libanais perde ses critères ou que près de 200 000 enfants réfugiés syriens ne puissent pas bénéficier de l'accès à l'éducation », a-t-il ajouté.
Il a à nouveau appelé le gouvernement et le Parlement à légiférer pour que ces crédits puissent être alloués au Liban le plus rapidement possible et que davantage d'aide puisse être apportée ultérieurement.
Ban Ki-moon a enfin clôturé sa visite par une tournée dans le camp Naufal de réfugiés syriens à Dalhamiyé, dans la Békaa, où il s'est de nouveau enquis des besoins des habitants.
Dans un communiqué, M. Ban a souhaité que « les efforts de l'Onu aboutissent à des résultats positifs au niveau du cessez-le-feu en Syrie », précisant que « l'Onu cherche à aider les réfugiés syriens et palestiniens dans la région, et pas seulement au Liban », et que « la paix civile est la seule option pour résoudre la crise syrienne ».


Le second jour de la visite au Liban du secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a été consacré à une tournée auprès des camps de réfugiés palestiniens et syriens au Liban-Nord – notamment le camp de Nahr el-Bared – et dans la Békaa.
Mais la journée a surtout été marquée par l'annonce faite par le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, d'une aide de 100...

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