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Économie

Le secteur financier arabe rêve d’intégration financière

Conférence
C. Hd. | OLJ
31/03/2016

Faut-il intégrer davantage les systèmes bancaires dans la région ? Telle est la question posée hier lors de la conférence annuelle de l'Union des banques arabes (UBA) à l'hôtel Phoenicia. « L'intégration bancaire arabe contribuerait à l'avancée du processus d'intégration économique de la région, permettant ainsi la réalisation de grands projets d'infrastructure, l'optimisation de la productivité et la réduction de l'endettement », lance d'emblée le président de l'UBA, Mohammad Barakat.

« Nous espérons trouver une approche commune afin de promouvoir la coopération entre les secteurs bancaires arabes, d'autant plus que la situation politico-sécuritaire et la chute des prix du pétrole ont négativement impacté les économies de la région », poursuit le président de l'Association des banques libanaises, Joseph Torbey.

« Les tensions entre les pays de la région – et dernièrement entre les pays du Golfe et le Liban – sont purement politiques, et nous devons nous assurer que la politique n'a pas de pouvoir sur la finance », ajoute le secrétaire général de l'UBA, Wissam Fattouh.

Obstacles
Un enthousiasme partagé par le ministre de l'Économie et du Commerce, Alain Hakim : « Du fait du savoir-faire du secteur bancaire libanais, nous pourrons jouer un rôle important dans une possible intégration bancaire », affirme-t-il.

Reste qu'aucun des acteurs interrogés ne s'est pourtant mis d'accord sur une définition de l'intégration bancaire. « Ce concept est très fort en Europe, où il existe bien une intégration bancaire, avec une monnaie commune et une Banque centrale européenne... Mais, avant de parler d'intégration économique et bancaire arabe, nous devrions déjà discuter de coopération car les pays arabes coopèrent très peu entre eux par rapport aux autres régions dans le monde », indique Mazen Soueid, économiste chez BankMed. « Il ne peut pas y avoir une coopération financière sans avoir un échange commercial important, or, les échanges entre les pays arabes sont en baisse de 6 % au Liban entre 2014 et 2013.

Comment peut-on avoir une intégration bancaire si elle n'existe pas au double niveau commercial et économique? » confirme M. Hakim. « Les gouvernements ont déjà beaucoup à faire pour faciliter la mobilité des personnes, des produits et des investissements, ensuite le secteur privé pourra suivre, mais il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs », ajoute M. Soueid.

Le ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan, se montre encore plus sceptique : « Le sujet de l'intégration économique arabe est récurrent et avancé par tous les secteurs de l'économie. C'est une idéologie qui n'a jamais été achevée, car il ne peut y avoir d'intégration économique ou bancaire sans décision politique, car cela nécessite la mise en place de lois et de mécanismes. »


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