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Lifestyle - Beyrouth Insight

Cynthia Merhej, art, techniques et émotions

Elle ressemble à un de ses personnages qu'elle se plaît à croquer. Jeune fille de 26 printemps, entre mélancolie et passion, couleurs et pastels, talent et discrétion. Cynthia Merhej parle comme elle illustre ses propos, dans de charmants murmures qui ont même séduit les fameux « The Man Repeller » et « Rookie Magazine », avec lesquels elle collabore.

« C'était une évidence. Je ne me suis jamais posé la question de ce que j'allais faire quand je serais grande ! » L'évidence se résumait pour Cynthia Merhej en un mot : le dessin. « J'ai toujours aimé tout ce qui me transporte dans un autre monde. Lire, illustrer des histoires... » Ses gribouillages d'enfant, déjà, dévoilaient son talent et sa prédilection pour la mode et les gens, avec un zeste de poésie, un autre d'humour et un troisième chargé d'une palette très personnelle. Observatrice, en silence de préférence, curieuse des choses et des êtres, plutôt en solitaire, elle ne rate rien des événements et des tendances qui l'entourent. L'exercice, pour elle, commence par un mot, une phrase, un sentiment et se décline en photo, en illustration ou création de vêtements. « Je ne me limite pas à une discipline », confie la jeune fille (devenue grande).

Forte de ses études à la Central Saint Martins de Londres où elle apprend surtout le design et l'illustration, puis au Royal College of Art où elle se spécialise en visual communication, tous les moyens techniques, artistiques et émotionnels sont bons pour lui permettre de s'exprimer. Même les voyages, le déracinement, la vie aussi loin qu'en Nouvelle-Zélande lui servent d'observatoire du monde et de son monde intérieur. Après 10 mois passés dans ce coin de paradis retiré de tout, elle rentre au Liban, le cœur battant. « J'avais peur de ce qui m'attendait, dit-elle. Surtout après avoir vécu cette expérience magnifique où j'étais complètement en dehors de ma zone de confort. »

L'archéologie, « peut-être »...
Alors, pour cette rêveuse qui voit le monde en couleurs, sa gamme de couleurs, il fallait, hélas, trouver un travail, se fixer, se cadrer, être (légèrement) encadrée. Elle sera directrice artistique chez Bokja, une belle parenthèse qui va également lui permettre de travailler avec la créatrice Milia M. sur le projet de conception d'une série de manteaux. Puis, durant 6 autres mois, elle sera designer de marque et graphic designer auprès de PSLab, avant de décider de se retirer bientôt pour se retrouver. « J'ai senti que je m'étais trop éloignée de moi-même et des choses que j'avais vraiment envie de faire. J'ai eu besoin de me ressourcer et de faire quelque chose d'actif, pas de réactif. » En clair, reprendre tous les médiums qu'elle maîtrise et les mettre au service de la mode. « Ma mère est dans ce domaine et il m'a paru naturel de commencer avec elle, puis de prendre la relève et de commencer à créer ma propre collection. » Sa vision : « Une ligne de vêtements simple, discrète, mais en même temps avec du caractère. Des vêtements dans lesquels on peut vivre, travailler, sortir, qui vivent avec soi. »

En attendant, Cynthia Merhej continue de taquiner ses crayons de couleur, ses pinceaux, son appareil photo et son clavier d'ordinateur. Outre les commandes personnelles, « souvent des portraits sur grandes toiles », elle collabore depuis un an et demi avec The Man Repeller, un blog de mode lancé en 2010, à partir de New York, par Lendra Medine, et qui a réussi à s'imposer comme une référence dans cet univers à la fois sérieux, jeune et sans prétention. Ses visages de femmes illustrent l'horoscope du blog chaque mois. Avec un autre genre de dessins, plus pointus, elle est présente dans Rookie, également un célèbre magazine on line qui traite de sujets aussi diversifiés que la mode, la poésie, la photo, la technique, le cinéma, le sexe et l'amour. En 2012, enfin, elle a cosigné avec Jacky Bahbout un livre interactif pour enfants, My Fashion Lookbook (éd. A. Thames & Hudson Book).

Et quand on lui demande si elle était obligée de choisir un autre métier, Cynthia Merhej avoue que, « peut-être, l'archéologie... » . Et pourtant, comme un poisson dans l'eau, elle flotte, heureuse, dans une ambiance en demi-teintes, qui sont autant de couleurs fortes et qui collent parfaitement à son époque et sa personnalité.

 

Pour mémoire
Crayons croisés pour imaginaire en délire

Peut-on encore être caricaturiste au Liban ?

« C'était une évidence. Je ne me suis jamais posé la question de ce que j'allais faire quand je serais grande ! » L'évidence se résumait pour Cynthia Merhej en un mot : le dessin. « J'ai toujours aimé tout ce qui me transporte dans un autre monde. Lire, illustrer des histoires... » Ses gribouillages d'enfant, déjà, dévoilaient son talent et sa prédilection pour la mode et les gens, avec un zeste de poésie, un autre d'humour et un troisième chargé d'une palette très personnelle. Observatrice, en silence de préférence, curieuse des choses et des êtres, plutôt en solitaire, elle ne rate rien des événements et des tendances qui l'entourent. L'exercice, pour elle, commence par un mot, une phrase, un sentiment et se décline en photo, en illustration ou création de vêtements. « Je ne me limite pas à une...
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