Rosane Chawi : une planche de « Mélodie Blue ».
Ils sont nombreux à participer à ce festival de l'illustration à la galerie ArtLab. Venus de trois pays différents – l'Iran, le Liban et l'Irlande du Nord –, ils mettent en commun leurs rêves et leur imaginaire, et tentent de faire évoluer cette discipline si ancienne. Rosane Chawi et Ivan Debs (Liban), Hassan Amekan, Hasan Moosavi, Marayam Tabatabaei, Mashid Raghemi, Mostafa Akbari, Saba Soleimani, Safa Kasaei, Sepideh Kazemi, Nahid Kazemi, Shoeib Kashani, Milad Khanevadeh, Yasaman Joneidi (Iran) et une seule Irlandaise du Nord, Rebecca Bromley.
Qui dit festival évoque une explosion de sens et de teintes. Mais au-delà des couleurs, ce sont le trait et la ligne qui se libèrent, et prennent vie dans les nombreux dessins exposés.
Des illustrations pour enfants à l'univers surréel, et des contes traditionnels narrés par certains, à un monde totalement postmoderne, cette discipline artistique s'enrichit au fil des histoires et de l'histoire. Elle évolue avec le temps et s'amplifie tel un fleuve grossi par d'autres affluents. En noir et blanc, en couleur sépia ou aux teintes flamboyantes, les dessins exposés lors de différents festivals comme Bologne, Bratislava ou Angoulême, ou compilés dans un ouvrage, suivent avec humour l'histoire d'amitié entre un gorille et une banane, le parcours d'hirondelles qui se posent délicatement sur des fils électriques, ou s'envolent vers d'autres horizons. Ils dépeignent également des petites filles aux grosses têtes ou croquent des portraits à partir d'objets recyclés.
Outre les artistes maison, venus d'Iran, ce sont les œuvres des deux jeunes Libanais qui retiennent l'attention. Il y a d'abord Ivan Debs, dont les illustrations font depuis quelque temps la une de L'Orient-Le Jour. Récemment interrogé dans nos pages (Campus), le jeune artiste diplômé de l'Alba avoue s'être imprégné des illustrateurs belges et ceux de Métal Hurlant. En effet, son graphisme mêlant science-fiction et cultures primitives, et rappelant les dessins de Moebius, introduisent le regard dans une troisième stratosphère, celle d'un monde à part, énigmatique et onirique.
Rosane Chawi, fraîchement diplômée de l'Alba, elle aussi, décrit un monde totalement différent. Sur les planches de Mélodie Blue, ouvrage illustré narrant le pacte signé par le personnage principal avec le diable, et qu'elle présentera au festival d'Angoulême en 2017, la jeune illustratrice utilise le digital et la peinture acrylique, créant ainsi un espace techno et très moderne. Son rêve ? Que ce livre, son projet de diplôme, soit un jour porté sur grand écran.
Quant aux autres artistes, ils s'amusent à manier différentes techniques, que ce soit le goudron, l'acrylique ou le simple crayon, et même le collage et le recyclage, afin de faire évoluer un art désormais en marche. Tellement en marche qu'on a l'impression qu'il s'anime. N'est-ce pas le rêve de tant d'illustrateurs que de voir leurs dessins se libérer de la feuille afin de s'animer ?
* ArtLab (Gemmayzé), jusqu'au 30 janvier.
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