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Les Kurdes, un peuple écartelé entre quatre pays

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Les Kurdes, répartis sur près d'un demi-million de km2, constituent une cible privilégiée des jihadistes.

OLJ/AFP
17/03/2016

Les Kurdes qui ont annoncé jeudi l'établissement d'une région fédérale dans les zones sous leur contrôle dans le nord de la Syrie sont un peuple d'origine indo-européenne de 25 à 35 millions de personnes, installé principalement dans quatre pays (Turquie, Iran, Irak, Syrie).



Un peuple écartelé entre quatre pays


Les Kurdes sont actuellement répartis sur près d'un demi-million de km2 à cheval sur la Turquie, où vivent la plupart (12 à 15 millions, soit environ 20% de la population totale du pays), l'Iran (environ 5 millions soit moins de 10%), l'Irak (4,6 millions soit 15 à 20%) et la Syrie (environ 3 millions, 15%). Ils y ont préservé leurs dialectes, leurs traditions et une organisation largement clanique.
D'importantes communautés kurdes vivent également en Azerbaïdjan, en Arménie et au Liban ainsi qu'en Europe, notamment en Allemagne.

 

( Lire aussi : La partition de la Syrie selon Moscou : gage aux Kurdes ou pression contre les Turcs ? )

 

En conflit avec les pouvoirs centraux

Les Kurdes revendiquent la création d'un Kurdistan unifié et sont perçus comme une menace envers l'intégrité territoriale des pays où ils vivent.

- En Turquie, le conflit a repris l'été dernier entre le gouvernement et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l'Union européenne), faisant voler en éclats les pourparlers de paix engagés fin 2012. Le conflit a fait plus de 45.000 morts depuis trente ans.

- En Iran, des accrochages armés ont lieu périodiquement dans le nord-ouest près de la frontière turque avec le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK, proche du PKK turc), principal mouvement kurde de lutte armée contre le régime de Téhéran, basé dans le nord-est de l'Irak. Un soulèvement kurde durement réprimé avait suivi la révolution islamique de 1979. En 1946, l'armée avait démantelé une république kurde créée un an auparavant.

- En Irak, les Kurdes persécutés sous Saddam Hussein se soulèvent en 1991 après la défaite de Bagdad au Koweït et instaurent une autonomie de fait, légalisée par la Constitution irakienne de 2005 qui a instauré une République fédérale.

Ils ont ajouté à leur territoire de 40.643 km2 riche en pétrole (provinces de Souleimaniyeh, Dohouk et Erbil) la ville de Kirkouk en juin 2014 à la faveur de la déroute irakienne face aux jihadistes de l'organisation Etat islamique (EI). Leur président Massoud Barzani, resté au pouvoir malgré l'expiration de son mandat, appelle à la tenue d'un référendum d'autodétermination.

- En Syrie, les Kurdes pourtant réprimés par le pouvoir pendant des décennies s'engagent prudemment dans la révolte de mars 2011. Ils profitent du retrait des forces gouvernementales mi-2012 de leurs régions pour y établir une administration locale.
Le puissant Parti de l'Union Démocratique (PYD) dont les Unités de protection du peuple (YPG) sont le bras armé établit le 12 novembre 2013 une administration autonome de transition. Les Kurdes syriens contrôlent actuellement plus de 10% du territoire du nord-ouest au nord-est du pays et les trois-quarts de la frontière syro-turque.

 

( Lire aussi : Erdogan relance la guerre contre les « complices » des « terroristes » kurdes )

 

En première ligne face aux jihadistes

Essentiellement sunnites, avec des minorités non-musulmanes (chrétiens, Yazidis...) et des formations politiques souvent laïques, les Kurdes constituent une cible privilégiée des jihadistes car le "califat" voulu par l'EI inclut les zones kurdes d'Irak et de Syrie.

En Syrie, ils ont remporté une victoire remarquée, avec le soutien de la coalition internationale antijihadistes, le 26 janvier 2015 en chassant l'EI de Kobané, frontalière de la Turquie, après plus de quatre mois de violents combats. Récemment, ils ont profité de la déroute des rebelles face au régime pour s'emparer de localités près de la frontière turque.  La Turquie a bombardé régulièrement les YPG depuis l'été 2015 jusqu'au cessez-le-feu du 27 février.

En Irak, l'effondrement de l'armée en juin 2014 a laissés les peshmergas (combattants kurdes) en première ligne face à l'EI, là aussi avec le soutien de la coalition internationale antijihadistes.

 

Lire aussi
Le fédéralisme pour réunifier la Syrie ?

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