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La Dernière

Au Liban, Patrick Fiori se sent « en famille »

Rencontre

Le chanteur arméno-corse réussit actuellement le pari de présenter le patrimoine corse au public français. Après le report de son concert, qui était prévu à Beyrouth, il estime encore qu'« il est temps » de renouer avec ses fans libanais.

04/03/2016

En pleine phase de promotion de l'album Corsu Mezu Mezu, dans les bacs depuis bientôt cinq mois, Patrick Fiori entreprend actuellement un véritable retour aux sources. Ayant découvert, grâce à sa mère, les chants traditionnels de l'île de beauté dont elle est native, il a voulu, à travers cet album de reprises de chansons du patrimoine corse, renouer avec ses racines. Pour le plus grand bonheur du public français. Déjà certifié ce mois « quadruple disque de platine » avec plus de 400 000 ventes, l'opus – qui comprend une quinzaine de duos et réunit sur chaque morceau un artiste du continent et un artiste originaire de l'île – a surtout été défendu par le titre Corsica, interprété par Patrick Fiori et Patrick Bruel. À L'Orient-Le Jour, Patrick Fiori s'est confié à propos de ses projets les plus récents, après le report de son concert qui était prévu au mois de décembre à Beyrouth.

 

 

 


« Le projet de l'album Corsu me tient vraiment à cœur et je m'implique beaucoup dans sa promotion, raconte le chanteur de 46 ans. Nous allons faire quelques concerts en France, ce qui devrait retarder un peu mon prochain album solo. Je m'y mettrai un peu plus tard, même si j'ai déjà commencé à composer à mes heures perdues. » « Rares heures perdues, ajoute-t-il. Ouh lala ! C'est encore un peu tôt pour l'album ! » En effet, l'interprète de T'aime et Que tu reviennes vient de clôturer il y a quelques semaines une tournée de plus de 100 dates dans toute la France. Elle a porté le nom de son dernier album solo paru il y a deux ans, Choisir. « La scène est dans mon esprit à chaque étape de création d'un album, explique Patrick Fiori. Quand je compose les morceaux, j'imagine déjà les arrangements que je ferai pour les concerts. Aller à la rencontre du public, interpréter mes chansons sur scène, c'est effectivement l'essence même de mon métier. Pour cette tournée, je voulais monter un show moderne, avec de la vidéo, des arrangements dynamiques. J'ai pensé le spectacle comme une fête. Beaucoup pensent que je suis un chanteur romantique, derrière un piano, mais en fait, lors de mes concerts, au bout de quelques titres, les gens se lèvent et dansent ! »

 

Éternel Phoebus
De quoi faire regretter aux nombreux fans libanais de la star le report de son spectacle à Beyrouth – qui devait clôturer la tournée – suite aux attentats de Paris au mois de novembre. Mais les organisateurs du concert (Sud Concerts et Plur) assurent qu'une nouvelle date sera annoncée ultérieurement et que les billets vendus peuvent être conservés sans souci. « La première chose qui me vient à l'esprit quand on me dit "Liban", c'est l'image d'un peuple généreux et bienveillant, assure-t-il. Je me sens en famille quand je suis au Liban ! » « La dernière fois que je suis venu à Beyrouth, se rappelle Patrick Fiori, je n'ai pas trop eu le temps de me balader. Mais le seul endroit que j'ai visité est le quartier arménien, puisque je suis également arménien du côté de mon père, raconte le chanteur qui vient de rentrer du Karabagh. N'importe où dans le monde, quand je croise un Arménien, je le reconnais. Et qu'il soit à Beyrouth ou à New York, j'ai la sensation que ses valeurs sont les mêmes. Les Arméniens ont une discrétion naturelle et une telle faculté d'adaptation. Tout cela doit venir de leur histoire... »


Présent en 2012 au Biel avec la troupe originale de la comédie musicale Notre-Dame de Paris pour deux spectacles inédits, celui que l'on connaît surtout comme Phoebus ne semble pas être gêné le moins du monde qu'on l'associe encore à ce rôle après plus de 15 ans. « Ces deux concerts de Notre-Dame en symphonique sont de merveilleux souvenirs. Nous avons ressenti une telle vague d'émotion sur scène, émanant du public. Je crois qu'on a tous fini en larmes ! », s'exclame-t-il en souriant. « Être associé à Notre-Dame de Paris ne me dérangera jamais. Je suis fier de ce spectacle, qui a battu tous les records à l'époque. C'est une belle carte de visite. Et nous avons créé entre nous, les membres de la troupe, un lien très fort qui, près de 15 ans plus tard, ne s'est pas rompu. Oui, cette visite m'a vraiment donné envie de revenir chanter à Beyrouth. Mon dernier concert solo date de 2003, il est temps de revenir ! »

 

La musique comme histoire
Il faut dire que Patrick Fiori savoure tout particulièrement ses concerts à l'étranger. « Il faut souvent adapter le répertoire en fonction du public, souligne-t-il. Par exemple, quand je fais des concerts en Russie, je sais que le public préfère les ballades aux chansons pop rock, il aime les démonstrations vocales. Pour les pays où il y a la barrière de la langue, c'est toujours difficile, car je parle habituellement beaucoup sur scène. Du coup, je suis obligé d'utiliser des subterfuges en mimant, ou en inventant tout un dialecte en mélangeant plusieurs langues pour me faire comprendre ! Mais c'est toujours un réel plaisir d'aller présenter sa musique dans un pays qui n'est pas le sien et de créer une nouvelle histoire. Au Liban, je suis sûr de passer une très bonne soirée et de m'amuser à chaque visite. Cela me fait penser aux paroles d'une chanson que Jean-Jacques Goldman m'avait faite, et qui fait partie du show d'ailleurs, À la vie, À l'amour, Que la musique sache nous réunir. » Et d'ajouter : « Normalement, je ne chante aucune chanson de Notre-Dame de Paris, mais peut-être que pour le public libanais, à mon retour, je ferai une exception... »


En attendant, les fans peuvent retrouver Patrick Fiori sur le clip solaire de Corsica, finement réalisé au cœur de la vallée de l'Orezza, sous la direction de Carole Mathieu-Castelli. Il reprendra également son rôle de coach pour la troisième saison de The Voice Kids sur TF1, au terme de la saison adulte. Le tournage des auditions à l'aveugle est en tout cas déjà achevé depuis le mois d'octobre, pour permettre aux enfants de poursuivre leur année scolaire sans interruption. Évoquant Jane, un talent de son équipe qui a remporté la saison précédente, Patrick Fiori souligne qu'elle le méritait amplement, « de par sa technique imparable et les tonnes d'émotions qu'elle envoie ». Coach dans The Voice version adulte, c'est pour bientôt ? « J'y réfléchirais si on me le proposait, dit-il. Il y a d'autres enjeux avec les adultes qu'avec les enfants, qui eux ne viennent que pour s'amuser. Mais je dois vous dire que je m'éclate tellement dans ce fauteuil et que c'est un tel plaisir de participer à ce programme que, tout compte fait... j'irais certainement ! »

 

Pour mémoire

Les larmes de Patrick Fiori

La belle histoire, à chaque fois recommencée, d'Esméralda

 

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