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Économie - Finance

Salamé rassure sur la livre ; Riyad entretient la psychose

Le gouverneur de la BDL affirme n'avoir été informé d'aucune mesure contre le secteur financier. De son côté, l'Arabie saoudite sanctionne des sociétés et des hommes d'affaires liés aux Hezbollah.

Le gouverneur de la BDL, Riad Salamé. Charif Karim/Reuters

Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, est intervenu hier pour rassurer sur la stabilité de la livre libanaise dans le climat d'incertitude qui a régné cette semaine. « Il n'y a aucun risque pour la livre libanaise, la Banque centrale et les autres banques commerciales ont les outils nécessaires pour préserver la stabilité de la monnaie du pays », a assuré M. Salamé dans un entretien accordé à l'agence Reuters.
Depuis le début de la semaine, les milieux d'affaires sont en émoi face à une multiplication des rumeurs sur de nouvelles mesures de rétorsion de la part de l'Arabie saoudite et de ses alliés du Golfe. Après avoir annoncé le 19 février la suspension de son aide de quatre milliards de dollars aux forces armées libanaises, Riyad a appelé mardi ses ressortissants à ne pas se rendre au Liban ou à le quitter. Le Koweït, les Émirats arabes unis, le Qatar et Bahreïn ont fait de même.

« Je ne cesse de recevoir des appels d'entrepreneurs libanais installés en Arabie saoudite ou commerçant avec ce pays. Bien que tous me confirment n'avoir subi ni sanctions ni menaces directes, ils sont paniqués à l'idée d'une poursuite de l'escalade », se désole le président du Rassemblement des dirigeants et chefs d'entreprise libanais (RDCL) Fouad Zmokhol.
Un climat de panique qui semble savamment entretenu par le royaume wahhabite. Illustration avec la décision prise hier par Riyad de geler les avoirs et d'interdire toute transaction avec trois hommes d'affaires libanais – Fadi Hussein Sarhan, Adel Mohammad Sheri et Ali Hussein Zuaitar – et quatre sociétés – Le-Hua Electronic Field Co Ltd, Aero Skyone Co Ltd, Labico Sal Offshore et Vatech Sarl –, accusés d'être liés aux activités du Hezbollah, selon l'agence officielle saoudienne Spa. « Il s'agit de questions purement sécuritaires », confirme Raouf Abou Rizk, président de la branche libanaise du Conseil des affaires libano-saoudien. Mais le moment choisi interpelle, alors que ces mêmes acteurs avaient été sanctionnés pour les mêmes raisons par le Trésor américain en... novembre 2015. Le palais Bustros n'aurait par ailleurs pas préalablement été informé des sanctions saoudiennes, selon notre chroniqueur diplomatique Khalil Fleyhane.


(Lire aussi : La stratégie de la tension des pays du Golfe peut-elle ébranler l'économie ?)


De son côté, M. Salamé a également tenu à apporter une mise au point sur les rumeurs d'un possible retrait par l'Arabie saoudite de ses dépôts à la BDL – estimés entre 500 millions et 1 milliard de dollars, selon des déclarations rapportées dans la presse. « Je pense que le marché a été mal informé, les chiffres ont été largement gonflés (même si) selon la loi je ne peux pas (les) révéler », a-t-il déclaré, avant d'ajouter que ni l'Arabie saoudite ni d'autres membres du CCG n'ont contacté la BDL à ce sujet. Pour rappel, les réserves de la BDL se sont établies à 48,3 milliards de dollars à la mi-février.
Plus généralement, M. Salamé a indiqué n'avoir été informé « d'aucune mesure prise par l'Arabie saoudite visant le secteur financier et les intérêts économiques libanais ». Une déclaration qui fait notamment écho aux propos tenus la veille par l'ambassadeur saoudien au Liban Ali Awad Assiri qui avait refusé de commenter un éventuel retrait des dépôts des ressortissants saoudiens dans les banques, tout en précisant qu'en cas de décision de Riyad dans ce sens, « il faudra s'exécuter ». Pour rappel, le total des dépôts auprès des banques atteignait 152 milliards de dollars en 2015, dont 20 % détenus par les non-résidents. Aucun chiffre officiel ne peut renseigner sur la nationalité de ces derniers, même si l'ensemble des observateurs s'accordent sur le fait qu'il s'agit en majorité d'expatriés.


(Lire aussi : Assiri : Pas d'expulsion de Libanais d'Arabie saoudite)


Le sort de ceux installés dans les pays du Golfe a lui aussi fait l'objet de nombreuses informations difficilement vérifiables. Comme celle, relayée mercredi dans plusieurs médias locaux – dont L'Orient-Le Jour –, faisant état de la mise à pied de 90 ressortissants libanais en Arabie saoudite. C'est Élie Rizk, président du comité de développement des relations économiques libano-saoudiennes, qui avait confirmé l'information à la chaîne LBCI. « Ce chiffre vient du regroupement de plusieurs cas, motivés par des raisons officiellement contractuelles ou dus à un sentiment de déception vis-à-vis de la position du Liban », a simplement répondu M. Rizk aux demandes de L'Orient-Le Jour sur l'origine de ses sources. « L'ambassadeur libanais à Riyad a affirmé ne rien savoir à ce sujet, et si nous notons une hausse des licenciements, ils concernent aussi bien les expatriés libanais que d'autres ressortissants étrangers », commente de son côté M. Abou Zaki. L'ambassadeur saoudien a, lui, assuré hier « ne pas être au courant » de tels faits, avant d'ajouter : « Il se peut que les employeurs aient donné congé à leurs salariés libanais dans l'attente de l'obtention de permis de séjour. »
« Ce climat de psychose délétère – entretenu par les déclarations politiques et les médias – paralyse l'activité et les projets d'entrepreneurs qui ne sont en rien responsables de cette crise. Cela confirme la nécessité de dissocier les enjeux économiques des intérêts politiques ! » conclut M. Zmokhol.

 

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Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, est intervenu hier pour rassurer sur la stabilité de la livre libanaise dans le climat d'incertitude qui a régné cette semaine. « Il n'y a aucun risque pour la livre libanaise, la Banque centrale et les autres banques commerciales ont les outils nécessaires pour préserver la stabilité de la monnaie du pays », a assuré M. Salamé...

commentaires (4)

Faisons confiance au gouverneur de la BDL l'homme le plus sérieux à jour .

Sabbagha Antoine

23 h 01, le 27 février 2016

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Commentaires (4)

  • Faisons confiance au gouverneur de la BDL l'homme le plus sérieux à jour .

    Sabbagha Antoine

    23 h 01, le 27 février 2016

  • Ou, la Méthode Coué chez les "Culottés" Per(s)cés....

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    15 h 30, le 27 février 2016

  • EN 75 LA LIVRE VALAIT UN DM OU 2.5 FF OU UN PEU MOINS QU'UN $ ET AUJOURD'HUI ÇA VAUT QUOI ? RIEN. IL NOUS RASSURE SUR QUOI ? ÇA VAUT PLUS RIEN UNE POUSSIÈRE ET ENCORE.

    Gebran Eid

    14 h 12, le 27 février 2016

  • FAUT-IL QUE TANT DE MAL FRAPPE LE PAYS ET LES CITOYENS DANS LEUR GAGNE-PAIN ET LEUR QUOTIDIEN ET AVENIR ET QUE LE SEUL RESPONSABLE... AUX ORDRES DE LA PERCEE ET DE SES ACCESSOIRES GARDE ENCORE SA PLACE ET FAIT DES DECLARATIONS TPOUT AUSSI IRRESPONSABLES ENCORE AU LIEU DE DEMISSIONNER ?

    OLJ, FOSSOYEUR DE LA LIBRE EXPRESSION !

    14 h 00, le 27 février 2016

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