Un enfant porte le drapeau de la rébellion syrienne, le 23 février, dans le village de Kafr Batna, en banlieue de Damas, devant une foule qui attend l'arrivée de l'aide humanitaire. REUTERS/Bassam Khabieh
En s'engageant avec les Américains pour un cessez-le-feu en Syrie, Vladimir Poutine cherche à transformer en victoire diplomatique et politique les succès militaires engrangés sur le terrain et sortir renforcé sur la scène internationale, estiment les analystes.
Lorsque le 30 septembre les avions de chasse russes ont commencé à larguer leurs premières bombes en Syrie, l'intervention russe a été vivement critiquée par les Occidentaux qui ont accusé Moscou de jouer l'escalade du conflit.
Cinq mois et des milliers de "cibles terroristes" bombardées par l'aviation russe plus tard, le régime de Damas enchaîne les victoires militaires. Et Américains et Européens sont obligés de constater que la Russie de Vladimir Poutine est plus incontournable que jamais dans le règlement politique et diplomatique d'un conflit qui a fait plus de 270.000 morts depuis 2011.
Avec la conclusion d'un accord entre Moscou et Washington fixant le cadre pour un cessez-le-feu entre groupes rebelles et soldats de l'armée d'Assad, censé entrer en vigueur vendredi à 22H00 GMT, le conflit est entré dans une nouvelle phase. Et ce "pile au moment où la Russie est en position de force après les progrès militaires significatifs des forces du président syrien Bachar el-Assad", résume Maria Lipman, experte russe indépendante.
"Il subsiste peut-être de nombreux doutes concernant la viabilité de cette trêve", ajoute Mme Lipman. "Mais malgré tout, cela met en lumière la volonté de la Russie d'avancer vers la fin de son opération militaire et surtout, sa tentative de s'affirmer comme puissance équivalente à la puissance américaine", souligne-t-elle.
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Rapport de forces modifié
Lundi, Vladimir Poutine a promis de "faire le nécessaire" pour que Bachar el-Assad respecte la trêve. De son côté, lors d'un entretien téléphonique avec le président russe, le chef d'Etat syrien s'est dit "prêt" à observer ce cessez-le-feu. M. Poutine a depuis enchaîné les entretiens téléphoniques avec les acteurs-clés de la région: mercredi, il a discuté avec le roi Salmane d'Arabie saoudite et le président iranien Hassan Rohani.
Aux yeux des analystes, si la Russie joue la carte de l'apaisement après avoir mené des bombardements massifs, c'est parce qu'il était temps pour elle d'engranger politiquement les gains remportés par son offensive militaire. Autrement dit, maintenant que la Russie a modifié les rapports de forces en Syrie, il lui fallait en tirer les bénéfices, notamment sur la scène internationale.
Par ailleurs, estiment des experts, Moscou pouvait craindre que le conflit ne connaisse une escalade majeure après l'appel d'Ankara à mener une opération terrestre en Syrie. "Si l'armée syrienne continue ses frappes le long de la frontière turque, les chances que la Turquie intervienne directement seront de plus en plus grandes et si cela a lieu, il s'agira d'un conflit d'une toute autre échelle", estime Fedor Loukianov, président du Conseil pour la politique étrangère et de défense. "Pour les Russes, la difficulté consiste à savoir si cela vaut la peine de faire un compromis, et engranger ce qu'ils ont déjà acquis, ou continuer" l'opération en Syrie malgré les risques d'escalade, explique-t-il.
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Réfréner les ardeurs d'Assad
Parallèlement, la Russie cherche à s'assurer que son allié Bachar el-Assad, enhardi par les succès de son armée, ne pousse son avantage trop loin.
Ainsi, Moscou a semblé mercredi mettre en garde le président syrien contre sa volonté d'organiser des élections législatives en avril, rappelant qu'aucun vote ne peut avoir lieu avant un accord entre le régime de Damas et ses opposants sur une nouvelle constitution.
Après les déclarations à l'AFP de Bachar el-Assad sur sa détermination à reconquérir la Syrie même au prix de longs combats, l'ambassadeur russe à l'Onu, Vitali Tchourkine, avait également appelé le président syrien à réfréner ses projets estimant qu'ils nuisaient aux efforts diplomatiques russes. "La Russie s'est impliquée dans cette crise politiquement, diplomatiquement et militairement", avait souligné M. Tchourkine. "Du coup, nous aimerions aussi qu'Assad soit à la hauteur".
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Lorsque le 30 septembre les avions de chasse russes ont commencé à larguer leurs premières bombes en Syrie, l'intervention russe a été vivement critiquée par les Occidentaux qui ont accusé Moscou de jouer l'escalade du conflit.
Cinq mois et des milliers de "cibles terroristes" bombardées par l'aviation russe plus tard, le régime de Damas enchaîne les victoires militaires. Et Américains et Européens sont obligés de constater que la Russie de Vladimir Poutine est plus incontournable que jamais dans le règlement politique et diplomatique d'un conflit qui a fait...


L'Arabie saoudite dit avoir intercepté trois drones en provenance d'Irak
DE QUELLE EQUIVALANCE DE FORCE PARLE-T-ELLE ? POUR QU,ON PUISSE COMPARER ON DEVRAIT PRENDRE EN COMPTE L,ECONOMIE ET L,AVANCEMENT TECHNOLOGIQUE. L,AMERIQUE EST DEPUIS UN AN DANS LES CAMPAGNES D,ELECTIONS... ELLE A FAIT UN ENTENDEMENT -CONNIVENCE- QUE LE POUTINIEN EXECUTE POUR LE COMPTE DES DEUX... C,EST CLAIR COMME LE JOUR... L,ATTITUDE AMERICAINE LE PROUVE CHAQUE JOUR... MAIS GARE AUX DEROGEMENTS... AU LIEU D,UNE SYRIE IL EN NAITRA DES SYRIES... SI LE POUTINIEN POUVAIT S,IMPOSER SEUL COMME AU TEMPS DE L,URSS IL L,AURAIT FAIT... MAIS IL NE PEUT PAS... ALORS IL TRAVAILLE AVEC LES AMERICAINS... L,HISTOIRE SE REPETERA... IL NE FAUT PAS OUBLIER QUE C,EST L,ECONOMIE QUI A FOUTU EN L,AIR L,URSS !
12 h 25, le 25 février 2016