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À La Une - Reportage

A Alep, des jeunes boxent pour oublier le bruit des bombes

"Nous avons ouvert le club Chahba pour revenir à notre niveau d'avant et pour participer à nouveau à des compétitions régionales et asiatiques", raconte un ancien champion national.

Aujourd'hui âgé de 31 ans, Chaaban Kattan a commencé la boxe professionnelle en 1994. Un an plus tard, il devenait champion national de Syrie puis récoltait de nombreuses médailles d'or dans des compétitions aux Proche et Moyen Orients. AFP / KARAM AL-MASRI

Sous les néons d'une cave de la ville d'Alep ravagée par la guerre, de jeunes garçons frappent des punching-balls rouges sous le regard attentif d'un ex-champion national de boxe.

A l'intérieur du club de boxe Chahba, le son rythmé des gants frappant le cuir des punching-balls étouffe presque le vacarme des mortiers et des bombes qui tombent sur l'est de l'ancienne capitale économique syrienne.

"Je viens ici pour m'entraîner parce que je rêve de devenir un champion de boxe depuis que je suis tout petit", raconte à l'AFP Omar, un jeune garçon débutant aux cheveux bruns lisses. "Quand le centre a ouvert, j'ai commencé à venir ici pour réaliser ce rêve. Ces quatre dernières années, nous n'avions aucune activité sportive, que de la destruction et des bombardements", poursuit-il.

La guerre qui déchire la Syrie depuis près de cinq ans a fait plus de 260.000 morts et poussé des millions de personnes à quitter leur foyer. Plus de deux millions d'enfants sont déscolarisés et une école sur quatre a été détruite par les affrontements, selon les Nations unies.

Alep, deuxième ville syrienne, est ravagée depuis 2012 par de violents combats entre forces favorables au régime du président Bachar el-Assad qui contrôlent les quartiers ouest et les rebelles qui tiennent les quartiers est. Les combattants de l'opposition tirent des roquettes sur l'Ouest de la cité tandis que le régime pilonne l'Est à coup d'obus et de bombardements aériens.

Dans les quartiers contrôlés par l'opposition au régime Assad, des dizaines de jeunes revivent grâce au club de boxe Chahba où ils peuvent s'entraîner gratuitement. "A cause de la guerre en Syrie et plus particulièrement dans la province d'Alep, les activités sportives ont cessé complètement, y compris la boxe", explique Chaaban Kattan, fondateur de ce club de boxe.
Aujourd'hui âgé de 31 ans, M. Kattan a commencé la boxe professionnelle en 1994. Un an plus tard, il devenait champion national de Syrie puis récoltait de nombreuses médailles d'or dans des compétitions aux Proche et Moyen Orients.

 

(Lire aussi : Le siège d'Alep par l'armée syrienne affaiblit le camp occidental)

 

Futurs champions
Silhouette svelte et cheveux coupés courts, l'ancien boxeur traverse chaque jour les rues en ruine d'Alep pour se rendre de sa modeste maison remplie de trophées à la salle de sport installée dans une cave.

Avec son collègue Ahmad Mechallah, ils ont ouvert ce club de boxe à l'été 2015, louant un entrepôt souterrain qu'ils ont aménagé avec des équipements rachetés à une salle de gymnastique qui avait fermé ses portes. "Nous avons ouvert le club Chahba pour revenir à notre niveau d'avant et pour participer à nouveau à des compétitions régionales et asiatiques", explique-t-il.

Cet après-midi, une dizaine d'adolescents en habits de sports en nylon font des pompes sur le ring avant que M. Kattan ne distribue à chacun une paire de gants. Tour à tour, ils s'élancent enchaînant directs, crochets ou uppercuts avant que l'entraîneur commente leurs performances respectives. Régulièrement, les adolescents participent à des tournois locaux organisés par le club.

L'année dernière, MM. Kattan et Mechallah ont organisé un tournoi pour leurs jeunes disciples ainsi que pour d'autres garçons plus âgés. La compétition avait réuni des participants d'Alep mais aussi des provinces d'Idleb, au nord-ouest de la Syrie, de Homs, au centre, et même de Raqqa, au nord-est, une zone tombée aux mains du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Le club espère organiser d'autres tournois de ce genre à l'avenir même si l'avancée des forces du régime dans la province d'Alep et l'intensification des frappes de l'aviation russe pourraient mettre en difficulté le club de boxe, une des dernières oasis de normalité dans Alep en guerre.

Malgré tout, les deux boxeurs continuent à former des jeunes. "Certains enfants ont le potentiel pour devenir de futurs champions", dit avec un timide sourire M. Mechallah. Tous gardent l'espoir chevillé au corps de pouvoir un jour "être compétitifs dans des tournois hors de Syrie, dans le monde arabe ou au niveau international".

 

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commentaires (1)

Ils iront défendre les couleurs de leur Syrie sauvée des complots et porteront l'étendard de la résistance du héros Bashar . Par contre on lit que erdo à carrément pèté les plombs et veut envoyer les réfugiés DANS d'autres pays . OUI OUI OUI VAS Y ERDO ENVOIE LES EN BENSAOUDIE JE T'EN CONJURE , POUR UNE FOIS JE TE DONNE RAISON. Y EN MARRE QU'ON TE PRENNE POUR UN PORTEUR D'EAU, TOUT ÇÀ POUR AVOIR ENCAISSER 3 MILLIARDS D'EUROS, PEUCHÈRE !!!!!!

FRIK-A-FRAK

12 h 26, le 11 février 2016

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Commentaires (1)

  • Ils iront défendre les couleurs de leur Syrie sauvée des complots et porteront l'étendard de la résistance du héros Bashar . Par contre on lit que erdo à carrément pèté les plombs et veut envoyer les réfugiés DANS d'autres pays . OUI OUI OUI VAS Y ERDO ENVOIE LES EN BENSAOUDIE JE T'EN CONJURE , POUR UNE FOIS JE TE DONNE RAISON. Y EN MARRE QU'ON TE PRENNE POUR UN PORTEUR D'EAU, TOUT ÇÀ POUR AVOIR ENCAISSER 3 MILLIARDS D'EUROS, PEUCHÈRE !!!!!!

    FRIK-A-FRAK

    12 h 26, le 11 février 2016

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