Plage et lecture, le combo gagnant de la relaxation estivale. Photo Bigstock
« Ibiza a beaucoup changé », Frédéric Beigbeder pas vraiment !

Avec Ibiza a beaucoup changé (211 pages ; Albin Michel), Frédéric Beigbeder ressuscite Octave Parango, le héros culte de 99 Francs et son alter ego littéraire. Dans ce recueil de nouvelles, l’ex-dandy fêtard revisite avec une nostalgie aussi grinçante que mêlée d’autodérision les années 1990, entre nuits blanches, cocaïne, conquêtes sans lendemain et fêtes sans fin aux Baléares. Si vous faites partie de ses inconditionnels, vous retrouvez, avec bonheur, tout ce qui fait le sel de Beigbeder : une écriture ciselée, une insolence jubilatoire et un regard d’une ironie mordante sur les travers de notre époque. Ses détracteurs, eux, lui reprocheront de recycler une fois de plus son personnage fétiche et ses obsessions de « mâle blanc de plus de soixante ans » confronté à l’impitoyable crise de la masculinité autant qu’à la terrifiante montée de l’Intelligence artificielle. Reste que son sens de la satire demeure intact, tout comme son talent pour la formule qui fait mouche. En témoigne cette saillie : « Résister aux intelligences artificielles va nous contraindre à nous accrocher à notre bêtise naturelle. » À méditer !
« Je suis drôle » de David Foenkinos, ou l’homme qui voulait faire rire

« Rien n’est plus drôle que le malheur. » Placée en exergue de Je suis drôle, cette formule de Samuel Beckett donne d’emblée le ton du 21e roman de David Foenkinos. Son héros, Gustave Bonsoir – un nom qui ne manque pas de drôlerie – , est devenu orphelin à cinq ans. Enfant adopté, hanté par la peur de l’abandon, il grandit avec la conviction que « pour être aimé, il faut faire rire ». En quête d’affection et de reconnaissance, ce jeune homme aussi attachant que désorienté se lance dans le stand-up. Mais ses tentatives tournent court et il découvre qu’il est parfois plus facile de faire pleurer que de faire rire.
Avec Je suis drôle (Gallimard ; 183 pages ), Foenkinos poursuit son exploration des destins fragiles, où le bonheur emprunte souvent des chemins de traverse. Dans cette fable douce-amère, émouvante et (parfois trop) pleine de bons sentiments, le rire et les larmes sont indissociables. Fidèle à l’univers sensible qui fait son succès depuis La Délicatesse, le romancier, qui maîtrise l’art de décrire les fêlures humaines avec une vivacité qui amène le sourire, signe un roman où l’humour côtoie la mélancolie. Une histoire de renaissance et de seconde chance qui invite à réfléchir à la frontière, toujours ténue, entre la comédie et la tragédie de l’existence.
« La Prof » de Freida McFadden : aussi troublante que « La Femme de ménage »

Portée par le succès de La Psy et, surtout, par le véritable raz-de-marée de sa série La Femme de ménage, Freida McFadden s’est imposée comme l’une des reines du suspense psychologique. Difficile, dès lors, de passer à côté de son dernier roman : La Prof (disponible en format poche), sans l’ajouter à notre sélection.
À quoi faut-il s’attendre cette fois ? Eh bien, comme toujours chez cette autrice américaine, à un thriller addictif aux ressorts redoutablement efficaces : personnages à la personnalité trouble, tension qui s’installe dès les premières pages, succession de rebondissements et un récit mené à un rythme haletant grâce à de courts chapitres.
L’intrigue suit Addie, seize ans, qui tombe amoureuse de son professeur d’anglais, Nathaniel (Nate), un trentenaire empêtré dans un mariage sans amour ni sentiments avec Eve, professeure de maths au sein du même établissement. Une école qui a été récemment secouée par un scandale impliquant Addie. On ne vous en révèlera pas plus, sinon que La Prof (J’ai Lu ; 477 pages) explore les thèmes de la manipulation, des rapports de pouvoir, des apparences trompeuses et des traumatismes. Voilà un roman difficile à lâcher avant son dénouement particulièrement déroutant, et qui confirme le talent de Freida McFadden à tenir ses lecteurs en haleine… de livre en livre.
« Tata » de Valérie Perrin, le roman des secrets de famille

Si vous avez aimé Les Oubliés du dimanche ou encore Changer l’eau des fleurs, Vous aimerez Tata. Dans ce quatrième roman, Valérie Perrin déploie une nouvelle fois son talent de conteuse…Sur plus de 600 pages tout de même !
Tout commence lorsqu’Agnès, réalisatrice de films, reçoit un appel de la police lui annonçant le décès de sa tante Colette. Cette dernière a pourtant été enterrée trois ans plus tôt. Intriguée par ce troublant mystère, Agnès se rend à la maison de la défunte, où elle découvre une valise remplie de cassettes audio enregistrées par sa tante.
Des confidences posthumes qui dévoilent une existence secrète, des blessures enfouies et une histoire familiale traversée par les guerres et les drames du XXᵉ siècle. Mêlant suspense et émotion, la romancière, par ailleurs compagne du réalisateur Claude Lelouche, compose une fresque sensible où s’entrelacent amour, amitié, secrets et transmission. On y retrouve tout ce qui fait la singularité de son univers. À savoir : une écriture simple, une galerie de personnages profondément humains et cette touche de fantaisie qui illumine les destins les plus douloureux. (Le Livre de Poche ; 635 pages)
« Le Génie de Beyrouth », la bédé de Selim Nassib et Léna Merhej

Dans Le Génie de Beyrouth Tome II (La fille tombée du ciel), Selim Nassib nous plonge au cœur de Beyrouth en 1982, alors que la capitale est assiégée et bombardée par l’armée israélienne. Youssef, journaliste, issu d’une famille juive et installé à Paris, choisit de revenir dans sa ville natale pour raconter la guerre de l’intérieur. Réfugié dans un appartement de Beyrouth-Ouest, il fait la rencontre improbable de Hyam, une jeune femme qui rêve de liberté malgré le chaos qui l’entoure.
À travers leurs regards, Nassib dresse le portrait d’une ville meurtrie, où la violence et la peur règnent sur le quotidien. Pourtant, le roman ne se limite pas à la guerre. Il révèle aussi l’humour, la solidarité et cette étonnante capacité des Libanais à continuer de vivre, d’aimer et de rire envers et contre tout. Enrichi par les illustrations de Léna Merhej, Le Génie de Beyrouth Tome II (111 pages ; Ed. Dargaud) est une lecture aussi émouvante que lumineuse, idéale pour saisir l’âme d’une ville qui refuse de se laisser réduire à ses blessures. Il prolonge le récit entamé dans Rue de la Fortune de Dieu, premier tome de cette série de bande dessinée, qui dressait le portrait d’une rue multiconfessionnelle de Beyrouth vivant encore en harmonie, avant que la guerre civile n’éclate en 1975 et ne fasse basculer son histoire. Une lecture vivement recommandée pour qui souhaite comprendre Beyrouth au-delà des clichés.
« La belle-mère parfaite » S L Harker ou le plus dangereux des liens familiaux

« Elle vous accueille chez elle. Elle ne vous laissera jamais partir. » Avouez qu’avec une telle accroche en couverture, nombre de belles-filles parmi vous auront envie de se jeter sur La belle-mère parfaite de S L Harker (Michel Lafon Poche ; 281 pages).
La trame ? Jeunes mariés, Mark et Jess s’installent temporairement chez la mère de Mark afin d’économiser pour acheter leur maison. Mais la cohabitation vire rapidement au cauchemar. Belle-maman se révèle un peu trop attentionnée, un peu trop envahissante, un peu trop tactile… Un peu trop tout, en somme. Lorsque Mark s’absente pour deux mois, Jess se retrouve seule avec cette femme au comportement de plus en plus troublant, passant de l’extrême gentillesse aux regards glaçants, dans une maison aux allures de manoir, où chaque pièce semble receler un secret.
Vous l’aurez compris, ce thriller psychologique s’amuse avec l’un des plus vieux clichés familiaux : les relations toujours supposément tendues entre belles-mères et belles-filles. Sauf qu’ici, les piques laissent place à un suspense lent aussi savoureux qu’angoissant. De quoi regarder d’un autre œil la prochaine invitation à passer quelques jours chez belle-maman… Surtout si elle vous accueille avec des effusions trop débordantes pour être honnêtes.
*Disponibles à Beyrouth, dans les différentes branches de la Librairie Antoine.


