Nos Lecteurs ont la Parole

Grégoire Haddad et la démographie libanaise

Robert KASPARIAN
OLJ
31/12/2015

Je voudrais témoigner d'un aspect peu connu de l'action du père (c'est ainsi qu'on l'appelait malgré son rang d'évêque) Grégoire Haddad. Il s'agit de sa contribution à la connaissance de la réalité socio-économique des différentes régions du Liban.
Pour rendre plus efficace l'action du Mouvement social qu'il avait créé, il descendait souvent sur le terrain pour voir de plus près les conditions de vie des gens et étudier leurs besoins. J'ai moi-même participé, sous sa conduite, avec un groupe de volontaires de son mouvement, à une visite d'étude dans un village du Liban-Nord. Cela a été l'occasion pour moi d'un début de collaboration avec ce personnage d'un grand humanisme.
Étant en charge du service d'études à la Direction centrale de la statistique au ministère du Plan, il me propose de créer un « ordinateur vivant ». Projet consistant à mobiliser les volontaires du Mouvement social présents dans les différentes régions du pays pour recueillir les données nécessaires à l'établissement sinon des plans, du moins des projets ponctuels d'aide au développement des régions. Cela rejoignait la politique de développement du président Chéhab concrétisée par la création d'un ministère chargé de l'élaboration des plans de développement basés sur des données chiffrées sur les besoins et les possibilités des différentes régions du Liban.
Il était évidemment difficile d'institutionnaliser un tel projet pour assurer sa permanence. J'ai alors proposé d'utiliser cet ordinateur virtuel dans la réalisation du projet d'une grande enquête sur la population dont j'avais la charge. C'est ainsi que l'« Enquête par sondage sur la population active au Liban en 1970 », qui a porté sur un échantillon de 130 000 individus résidant sur le sol libanais, a pu être menée à bien.
Je peux donc témoigner que c'est grâce au monseigneur Grégoire Haddad que le Liban a pu prendre connaissance en 1970, pour la première fois depuis son indépendance, de sa situation démographique.

Robert KASPARIAN
Ancien directeur général de l'Administration centrale de la statistique

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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

"C'est ainsi que l'« Enquête par sondage sur la population active au Liban en 1970 », qui a porté sur un échantillon de 130 000 individus résidant sur le sol libanais, a pu être menée à bien.
Je peux donc témoigner que c'est grâce au monseigneur Grégoire Haddad que le Liban a pu prendre connaissance en 1970, pour la première fois depuis son indépendance, de sa situation démographique." !
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