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Coalition saoudienne : comme le Liban, d'autres pays pris de court

Revue de presse
J. A. R. | OLJ
17/12/2015

Comme le Liban, d'autres pays ont visiblement été surpris par l'annonce faite mardi à Riyad de la création d'une coalition antiterrorisme comprenant 34 pays musulmans. Le Pakistan, la Malaisie et l'Indonésie ont ainsi reconnu ne pas avoir été avertis à l'avance par Riyad.

Le Pakistan "surpris"
Le Pakistan a néanmoins confirmé jeudi sa participation à la coalition. "Oui, nous participons à cette alliance destinée à lutter contre le terrorisme", a déclaré à la presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Qazi Khalilullah. "Ce qui reste à décider, c'est l'étendue de notre participation", a-t-il ajouté. "Nous allons demander des précisions afin de déterminer l'étendue de notre participation dans les diverses activités de cette alliance," a-t-il insisté, soulignant "cela prendra du temps" et refusant de préciser si le Pakistan avait été consulté en amont.

Cette question d'une consultation préalable avait toutefois été évoquée par le ministre des Affaires étrangères lui-même. Mercredi, le quotidien pakistanais Dawn avait indiqué qu'Aizaz Chaudhry s'était déclaré "surpris" de voir figurer le Pakistan dans la liste de la coalition de l'Arabie Saoudite contre le terrorisme. Aizaz Chaudhry a ajouté que l'ambassadeur du Pakistan dans la capitale saoudienne, Riyad, avait été contacté pour des clarifications, poursuit le quotidien.

De hauts responsables avaient déjà admis qu'Islamabad n'avait pas été consulté avant son inclusion dans la liste des membres de la coalition formée par l'Arabie Saoudite contre le terrorisme, présentée en conférence de presse par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Ce n'est pas la première fois que Riyad inclut le Pakistan dans une coalition militaire sans le consentement préalable d'Islamabad, rappelle Dawn. Ce fut le cas avec l'annonce de la coalition contre les rebelles houthis au Yémen. Dans ce cas-là, le Parlement pakistanais s'était toutefois opposé à ce que l'armée participe à la coalition menée par Riyad contre les rebelles chiites, Islamabad craignant de se retrouver impliqué dans un conflit à tournure confessionnelle, susceptible d'exacerber les tensions entre communautés au Pakistan, où les attaques contre les chiites se sont multipliées ces dernières années.

 

(Lire aussi : L'adhésion du Liban à la coalition antiterroriste se fera dans les règles, assurent les milieux favorables à l'initiative)

 

L'Indonésie attend pour voir
Mercredi, l'Indonésie, dont le nom figurait sur la liste saoudienne, a également démenti avoir rejoint la coalition islamique antiterroriste, selon le quotidien indonésien The Jakarta Post.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Arrmanatha Nasir a déclaré que l'Indonésie ne faisait pas encore partie de la coalition militaire, attendant de connaître ses modalités d'action et de coopération pour décider de sa participation.

Un communiqué publié par l'agence de presse saoudienne SPA publié mardi indiquait que plus de 10 pays, dont l'Indonésie, avait «exprimé leur soutien" à cette alliance et que des "dispositions" en matière de coopération seraient prises entre "nations amies éprises de paix".

Jakarta Post rappelle que le ministre indonésien des Affaires étrangères, Retno Marsudi, a indiqué que le gouvernement devait d'abord veiller à ce que les intentions saoudiennes soient compatibles avec la politique indonésienne, assurant que Jakarta soutient la lutte contre le terrorisme.

"Aucune obligation militaire" selon la Malaisie
De son côté, la Malaisie a exclu mercredi "toute implication militaire" au sein de cette coalition, par la voix du ministre de la Défense du pays, Hishammuddin Hussein, rapporte le site malaisien d'informations FMT
M. Hussein a indiqué que Mohammed Ben Salmane l'avait contacté avant cette annonce, lui précisant que tous les pays membres de la coalition devaient prendre une position ferme contre le groupe Etat Islamique, mais chacun en fonction de ses capacités.

"L'initiative saoudienne ne comprend aucune obligation militaire, mais constitue un accord sur la nécessité de combattre le terrorisme", a précisé  le ministre de la Défense. "C'est un bon début et j'ai expliqué au prince héritier [Mohammad Ben Salmane] que nous étions d'accord avec cette prise de position".

 

 

 

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M.V.

En d'autres termes...cela s'appelle jouer, le rôle du pompier pyromane....

LA TABLE RONDE

foireux comme dab.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

À CE QUI PARAÎT LES PAYS N'ONT DONNÉ QUE DES OUI DE PRINCIPE... CEUX QUI FURENT CONSULTÉS... MAIS PEUT-ON MONTER UNE TELLE ENTREPRISE SANS L'ACCORD PRÉALABLE DE TOUS LES INTÉRESSÉS ET L'ANNONCER AVANT LEURS ACCORDS ? UNE FAUTE IMPARDONNABLE ! IL RESTE QUE LA SAOUDITE DOIT SE JUSTIFIER...

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