Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Rapport

Nadim Houry à « L’OLJ » : Le monde ne doit pas oublier les prisonniers du régime Assad

Human Rights Watch explique comment elle a procédé à l'authentification des cadavres des détenus torturés par le régime Assad et photographiés par « César ».

Photo d’archives d’une exposition organisée en mars 2015 par les Nations unies à son siège de New York, et au cours de laquelle les photos des victimes du régime syrien prises par « César » ont été exposées. Lucas Jackson/Reuters

Depuis 22 mois, les photos de « César » hantent les esprits. Des dizaines de milliers de clichés de cadavres de détenus qui avaient été émaciés, torturés, défigurés, ont fait le tour du monde, sans que cela ne contribue à mettre fin à un conflit qui a fait plus de 250 000 morts en presque cinq ans.

Ces photos, une preuve « accablante » des crimes du régime du président syrien Bachar el-Assad, selon un nouveau rapport de Human Rights Watch (HRW) à ce sujet, montrent des yeux arrachés, des gens avec des lésions sur le dos ou le ventre, des corps décharnés et des centaines de cadavres gisant dans un hangar, au milieu de sacs de plastique devant servir à les enterrer. Pendant neuf mois, l'ONG a étudié 28 707 photographies de « César », ex-photographe de la police militaire syrienne qui s'était enfui de Syrie en juillet 2013, en emportant plus de 53 000 photographies effroyables de corps torturés. « Nous avons méticuleusement vérifié des dizaines de récits et nous sommes certains que les photographies de César sont des preuves authentiques et accablantes de crimes contre l'humanité en Syrie », affirme à l'AFP Nadim Houry, vice-président de HRW pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. HRW a interviewé 33 proches de 27 victimes identifiées, 37 anciens prisonniers qui ont vu des personnes mourir en détention et quatre anciens gardiens de centres de détention ou hôpitaux militaires qui ont fait défection.

Ahmad al-Musalmani avait 14 ans quand il a été arrêté en août 2012 parce qu'il avait sur son téléphone portable une chanson anti-Assad. Il essayait de passer la frontière libanaise pour assister à l'enterrement de sa mère. Son oncle, un ancien avocat, a payé plus de 14 000 dollars pour sa libération, en vain. Quand les photos de « César » ont été publiées, Dahi al-Musalmani a reconnu son neveu. « Ce fut le choc de ma vie. Je l'ai cherché pendant 950 jours. Avant de mourir, sa mère m'avait dit : "Je le laisse sous ta protection." Quelle protection aurais-je pu lui donner ? »
« Ces photographies représentent une infime partie des personnes qui sont mortes alors qu'elles étaient détenues dans les geôles syriennes. Des milliers d'autres subissent le même destin », a souligné M. Houry.

(Lire aussi : « Vous au Liban, vous savez ce que c'est, ce genre d'enlèvements par le régime »)

 

Exactions « secondaires »
Ce rapport intervient à un moment où les pays occidentaux, notamment la France, ne font plus du départ du président Assad une priorité, concentrant leurs efforts dans la lutte contre le groupe État islamique (EI). D'ailleurs, les exactions du premier ont été quelque peu reléguées au second plan depuis la montée en puissance du second, devenu un phénomène médiatique international. Peut-on espérer que les responsables de ces exactions de masse se retrouvent un jour devant la justice ? « Cela va être dur dans l'immédiat, donc on essaie d'abord de replacer ces détentions au centre du débat », explique Nadim Houry à L'Orient-Le Jour. « On n'essaie pas de faire obstacle aux négociations (de paix), mais de rappeler le sort des milliers de personnes (aux mains du régime syrien), ajoute-t-il. Dans notre rapport, on demande d'ailleurs l'envoi d'observateurs indépendants dans ces centres de détention. »

En attendant, il est important de souligner que si l'affaire « César » a éclaté en janvier 2014, seules quelques dizaines de victimes ont été formellement identifiées par leurs proches. « C'est un travail de fou, indique M. Houry à L'OLJ. On est en train de dresser une liste exhaustive des victimes à l'aide de témoignages » des familles et des proches, ou encore d'anciens détenus. « Plus de 700 familles ont approché les ONG – dont HRW – s'occupant de l'identification des victimes, s'appuyant sur des signes distinctifs physiques, comme des tatouages ou autres », pour confirmer l'identification de ces cadavres numérotés.
Il s'agit aujourd'hui d'accélérer le processus et de créer une liste « unifiée », affirme le responsable de HRW à L'OLJ. « L'une des recommandations de notre rapport est d'ailleurs la création d'une association qui serait une sorte de "dépôt" de toutes les informations concernant ces victimes et qui ont été collectées. Mais c'est un travail qui prendra probablement des années », conclut Nadim Houry.

 

Pour mémoire
Enquête ouverte en France visant le régime Assad pour "crimes contre l'humanité"

"J'ai vu des policiers violer des enfants devant leurs parents" : des transfuges syriens témoignent

Battus, pendus, recouverts de cafards : le supplice des prisonniers syriens

La détention des femmes, "arme de terreur" du régime syrien

Depuis 22 mois, les photos de « César » hantent les esprits. Des dizaines de milliers de clichés de cadavres de détenus qui avaient été émaciés, torturés, défigurés, ont fait le tour du monde, sans que cela ne contribue à mettre fin à un conflit qui a fait plus de 250 000 morts en presque cinq ans.Ces photos, une preuve « accablante » des crimes du régime du président syrien Bachar el-Assad, selon un nouveau rapport de Human Rights Watch (HRW) à ce sujet, montrent des yeux arrachés, des gens avec des lésions sur le dos ou le ventre, des corps décharnés et des centaines de cadavres gisant dans un hangar, au milieu de sacs de plastique devant servir à les enterrer. Pendant neuf mois, l'ONG a étudié 28 707 photographies de « César », ex-photographe de la police militaire syrienne qui s'était enfui de...
commentaires (4)

L'ÉCHANTILLON " SEMAHA" DES CRIMINELLES DU RÉGIME BAAS ET À LEUR TÊTE LE MONSTRE BACHAR NE SUFFIT PAS POUR MONTRER AU MONDE QUI EST CE RÉGIM ! ? SEMAHA BIENTÔT POURRA S'AMUSER À ÉCRIRE UN LIVRE PEUT ÊTRE.

Gebran Eid

14 h 58, le 17 décembre 2015

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • L'ÉCHANTILLON " SEMAHA" DES CRIMINELLES DU RÉGIME BAAS ET À LEUR TÊTE LE MONSTRE BACHAR NE SUFFIT PAS POUR MONTRER AU MONDE QUI EST CE RÉGIM ! ? SEMAHA BIENTÔT POURRA S'AMUSER À ÉCRIRE UN LIVRE PEUT ÊTRE.

    Gebran Eid

    14 h 58, le 17 décembre 2015

  • ILS SE FONT DE LA BILE POUR LES PRISONNIERS DU DAESCH COPIE ET NON DE CEUX DE L'ORIGINAL...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 45, le 17 décembre 2015

  • Telle est le régime super criminel, super assassin, super monstrueux, soutenu par Poutine, les mollahs d'Iran, le Hezbollah et certains chefs et hommes politiques libanais qui ont perdu conscience et bon sens. Une des plus grandes hontes de l'histoire ! Tfeh !.....

    Halim Abou Chacra

    04 h 06, le 17 décembre 2015

  • MILLE MERCI NON UN MILLION DE MERCI POUR NE PAS OUBLIER !!!

    Bery tus

    03 h 21, le 17 décembre 2015

Retour en haut