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Économie - Liban - Rapport

Santé : Le Liban peut mieux faire, selon la Banque mondiale

L'organisation internationale dresse un bilan relativement positif du système de santé libanais tout en relevant quatre défis à surmonter pour en garantir la viabilité et améliorer son équité.

Le ratio de lits d’hôpital disponibles par habitant (3,5 %) au Liban est sensiblement plus élevé que la moyenne de la zone Mena (1,5 %). Photo Wissam Moussa

Le système de santé libanais se porte plutôt mieux que ses pendants de la zone Mena et que ceux des pays à niveau économique comparable, selon le dernier rapport de la Banque mondiale (BM), qui dédie un dossier spécial à ce sujet. « Malgré de longues périodes d'instabilité, le Liban s'est significativement amélioré en matière de santé », soulignent d'emblée les auteurs du rapport. Plusieurs chiffres soutiennent cet argument : entre 1990 et 2012, la durée de vie moyenne au Liban est passée de 66,6 à 81,5 ans, tandis qu'elle s'élève à 69 ans dans la zone Mena. Sur la même période, la mortalité infantile a chuté de 27,4 décès pour 1 000 naissances à 8 ; contre 30 en moyenne dans la région. De même, le taux de mortalité maternelle a baissé de 52 décès pour 100 000 naissances à 16. « Mais des disparités régionales demeurent, avec la Békaa et le Nord qui ont de moins bons résultats que la moyenne nationale », observe le rapport. Autre point positif : le ratio de lits d'hôpital disponibles par habitant (3,5 %) est sensiblement plus élevé que la moyenne de la zone Mena (1,5 %).

Cependant, le rapport identifie quatre défis principaux auxquels fait face le pays du Cèdre. Tout d'abord, « la faiblesse des dépenses publiques consacrées à la santé », qui sont également en diminution : la BM note que « la part attribuée au ministère de la Santé dans le budget du gouvernement (dette non comprise) a diminué de 41 % entre 2005 et 2012, passant de 5,9 à 3,4 % des dépenses totales » (chiffres du ministère de 2012). En contrepartie, le secteur privé, qui regroupe 84 % des lits du pays répartis sur 168 hôpitaux, « prend une part prépondérante. » En effet, celui-ci représente 74,5 % des dépenses totales en matière de santé, contre seulement 25,5 % pour le secteur public.

Des dépenses élevées...

Deuxième défi : « L'obligation de payer de sa poche (pour des services de santé) met une grande partie de la population dans une situation de difficulté financière et d'appauvrissement. » En effet, les individus à faibles revenus dépensent 14 % de leurs revenus en matière de santé, contre 4,2 % pour les individus à revenus élevés, selon un précédent rapport de la BM. De plus, ces dépenses sont dirigées pour plus de 50 % vers les produits pharmaceutiques. « Ces chiffres suggèrent que les Libanais ont recours aux pharmacies comme alternative à des visites coûteuses chez un médecin », observe l'étude.

Troisième défi : « Une attribution disproportionnée des ressources à des traitements curatifs coûteux », et non à des soins de santé primaires, comme « les services de santé de base, tels que la santé maternelle et infantile, reproductive, préventive – comme les mammographies – et la gestion de maladies chroniques telles que le diabète », explique la BM. En effet, la majorité du budget du ministère de la Santé – 61,9 % en 2012 – est orientée vers le remboursement d'hôpitaux privés pour leur traitement de personnes non assurées, ce qui représente tout de même la moitié de la population. Le ministère leur fournit « un programme généreux de services hospitaliers via des hôpitaux publics et privés, et couvre 85 % des coûts liés à une hospitalisation et 100 % du traitement des maladies chroniques et à haut risque », rappelle le rapport. De leur côté, les ONG, qui sont les principaux fournisseurs de soins primaires, n'ont reçu que 2,4 % des fonds du ministère en 2012.

... accentuées par la crise syrienne

Dernier obstacle : « L'émergence de nouvelles épidémiologies associées à l'afflux sans précédent de réfugiés syriens, ce qui a une incidence importante sur les prestations du secteur de la santé et son financement. » Selon les estimations, le coût de la crise syrienne pour le secteur libanais de la santé s'est situé entre 48 et 69 millions de dollars en 2014. Et selon une étude sur l'impact du conflit syrien publiée en 2013 par la BM et l'Onu, le Liban devrait débourser entre 216 et 306 millions d'euros afin de retrouver le même niveau de qualité et d'accès aux soins qu'avant la crise syrienne.

En conclusion, la BM recommande au ministère d'améliorer l'efficacité de ses dépenses afin d'optimiser le secteur, dans un contexte de déficit budgétaire qui va continuer à se creuser d'ici à 2017, selon les projections de l'institution internationale. Celle-ci salue les initiatives déjà prises « qui ont contribué à la résilience du système face à la crise ». Par exemple, la baisse de l'ordre de 15 % des prix des médicaments les plus coûteux, ou encore la stratégie du ministère de la Santé orientée vers la couverture santé des non-assurés et ciblant 150 000 personnes à bas revenus d'ici à 2016. S'il est bien appliqué, ce programme permettrait de rationaliser les dépenses du ministère sur le long terme en se concentrant sur les soins primaires et les populations vulnérables, un signe encourageant, selon la BM.




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