X

Liban

L’islam politique et Michel Chiha

Réflexion

Le sujet que j'ai choisi comporte de nombreux défis. Peut-être qu'il induit, en premier, une interrogation sur le rapport entre l'islam politique et Michel Chiha. Aussi, ferai-je un retour à l'époque où se situaient l'un et l'autre pour montrer que si l'islam politique avait accepté et adopté ce que Michel Chiha avait dit dans les années 30 et 40, l'islam politique aurait su que la voie qu'il a suivie est celle qui a mené à l'enfer où nous vivons.

09/11/2015

 

Le 25 mars 1959, la rencontre entre Fouad Chéhab et Jamal Abdel Nasser dans une tente à la frontière libano-syrienne : « La sagesse de Fouad Chéhab et le soutien de Nasser ont calmé l'islam politique libanais. »

 

Nous nous demandons aujourd'hui, au vu de la situation à laquelle cet islam fait face, s'il serait, pour lui, temps de réfléchir à l'enseignement de Michel Chiha. Peut-être pourra-t-il alors sortir de l'enfer intellectuel du passé, de ses prisons mentales, de ses carcans religieux, et accéder à la lumière de la pensée moderne où brillent la liberté, l'amour et la tolérance entre les gens, au vrai islam.

Le choc de l'islam politique
Mais la culture ottomane, qui est la culture de l'obscurité et la culture musulmane momifiée par le coup d'arrêt infligé par la « fermeture des portes de l'ijtihâd » pendant onze siècles, a rejeté les idées offertes par Michel Chiha au Liban et à ses habitants chrétiens et musulmans. L'islam politique a choisi à l'époque de demeurer dans la prison de l'arriération intellectuelle et le fanatisme aveugle, ce qui a abouti à la chute de la liberté à laquelle avait appelé Michel Chiha et à la chute du Pacte national qu'il avait promu, et ce qui a également abouti à la chute de l'islam politique lui-même, lors de la guerre de 1975, puis à la sortie de la guerre civile chaude et à l'entrée dans la guerre civile froide, puis au mandat du Baas oppresseur des Assad. Tout cela a abouti à la défaite écrasante de l'islam politique, dont le point d'orgue a été l'assassinat de Rafic Hariri. Cet événement qui a secoué cet islam politique en profondeur l'a fait réveiller sur des faits graves et effrayants et l'a porté à se demander comment il s'est laissé arriver à cela, jusqu'à ce jour du 7 mai 2008 au cours duquel l'islam politique sunnite a été humilié par l'islam politique chiite et qui a mené à une situation où le fouettement des musulmans sunnites dans les prisons est devenu chose habituelle et où nul ne s'en soucie et nul n'est requis d'en rendre compte.
L'islam politique a commencé par être, comme je l'ai indiqué, ottoman et sunnite. La communauté chiite se trouvait en marge de l'histoire. Il est devenu arabiste contre le colonialisme français succédant aux ottomans et nassérien après la période de l'indépendance qui a suivi, et ce jusqu'à l'explosion de 1958 qui était son œuvre et, en fait, l'avatar d'un affrontement entre Abdel Nasser et le Pacte de Bagdad.

 

« Le christianisme politique a causé la chute de Fouad Chéhab... »

 

Le chéhabisme
L'islam politique s'est ensuite calmé grâce à la sagesse de Fouad Chéhab et au soutien de Abdel Nasser. Cette période était celle des éruptions volcaniques dans le monde arabe, mais le Liban a joui de la sécurité et de la stabilité parce que le chéhabisme avait choisi la politique consistant à adopter « peu d'arabisme pour en échapper à un arabisme quasi-total ». Ce fut là une période qui rappelait beaucoup la pensée de Michel Chiha.
La philosophie de la démocratie est, pour le Liban, différente de celle conçue pour les autres pays, et l'union des Libanais est autre que celle susceptible de se réaliser chez les autres. Ainsi pensait Michel Chiha.
Dans l'esprit de ce dernier, le Liban est le pays des diversités et des contradictions qui, en l'absence d'une fusion opérée par le temps, font exploser cet ensemble. Cette fusion a un seul creuset qui est le Parlement qui ne cesse d'exister.

Le christianisme politique n'est-il pas responsable ?
Il ne faut pas restreindre la responsabilité de cet enfer dans lequel nous vivons au seul islam politique. Le christianisme politique est également responsable parce qu'il a fait chuter le chéhabisme et l'État consolidé par lui. Fouad Chéhab avait refusé de se porter candidat à la présidence en 1970 parce qu'il prévoyait des dangers à venir.
Le christianisme politique avait choisi ce moment pour nous offrir le massacre de l'église d'Ehden dont ont été victimes vingt personnes tuées devant la statue de la Vierge. Cette boucherie était venue abattre le chéhabisme et nous laisser affronter la plus grave épisode de l'histoire du Liban. Ce même christianisme politique a tenté d'assassiner Raymond Eddé puis demandé l'intervention de la Syrie, dénommé les privilèges « garanties », abusé ensuite de ces privilèges, éloigné Raymond Eddé, s'est fait assister par Israël et ainsi de suite...
La responsabilité de cet enfer que nous vivons n'est-elle pas commune à cet islam et à ce christianisme politiques qui contrevenaient au message laissé par Michel Chiha ?

 

La satisfaction était visible sur le visage des négociateurs, au cours des entretiens le 3 novembre 1969, au siège du ministère égyptien de la Guerre. En haut, la délégation libanaise : le général Émile Boustany, M. Halim Abou Ezzeddine et le commandant Sami Khatib ; en bas, MM. Yasser Arafat, Mahmoud Riad et le général Mahmoud Fawzi.

 

Le Liban doit être gouverné avec sagesse et non avec la force
Dans l'esprit de Michel Chiha, le Liban doit être gouverné avec sagesse et non avec la force, parce que la force fige les positions qui deviennent incompatibles, alors que la sagesse les rapproche et finit par les unir. Cette union se réalise par l'assemblage des contradictions et des dissemblances dans une opération de concoctage de lois. Les lois et les intérêts s'équilibrent lorsqu'ils s'inspirent des leçons du passé, même s'ils excèdent quelquefois les règles démocratiques rigides.
La démocratie libanaise a, par ailleurs, un « côté fédéral », les communautés constituant, à peu de chose près, des cantons mais qui ne sont pas délimités par des frontières physiques mais par l'appartenance confessionnelle.

Le péché mortel : l'accord du Caire
Telles étaient les idées de Michel Chiha, mais l'islam politique d'avant 1975 a commis un péché mortel après 1967 lorsqu'il a contraint l'État libanais à signer l'accord du Caire, véritable porte de l'enfer où le Liban a vite fait de s'engouffrer en 1975 et où il vit jusqu'à présent, chaque jour étant pire que le
précédent...
Parce que l'enfer qui a débuté en 1975 par la chute de la liberté, du Pacte national et de l'État libanais lui-même a abouti, à la fin de la guerre civile chaude, à l'apparition d'un nouvel islam politique, un islam politique sunnite et un islam politique chiite.

 

 

Le Liban d'abord
Depuis l'assassinat de Rafic Hariri et l'humiliation du 7 mai 2008, lorsque l'islam politique chiite a giflé l'islam politique sunnite, et depuis la convocation par le cheikh Hassan Nasrallah des candidats à la présidence du Conseil et l'attribution, sur les écrans de la télévision, à Nagib Mikati du poste de président d'un gouvernement politique chiite, iranien, syrien, baassiste, après le coulage du gouvernement d'entente présidé par Saad Hariri, l'islam politique sunnite n'est plus en phase avec l'islam politique chiite mais est engagé dans une guerre froide avec ce dernier.
De là le slogan Le Liban d'abord brandi par l'islam politique sunnite devenu ainsi très proche de la pensée de Michel Chiha, bien qu'avec beaucoup de retard.
Il aurait été bien inspiré de l'adopter bien plus tôt.

La création d'Israël ressuscitera les luttes interreligieuses
Michel Chiha est mort le 29 décembre 1954 et est mort avec lui l'intellectuel, le poète, le journaliste, le rédacteur de la Constitution, le démocrate qui croit religieusement à la dignité de l'homme et à la liberté, l'homme de la liberté que ne préoccupait que la cause libanaise, le politique qui a participé au Pacte de 1943, le banquier accompli, l'économiste et, plus que tout, le chrétien croyant, non fanatique, dont les valeurs humaines se retrouvaient vivantes dans ses ouvrages et ses paroles, et qui était un partisan du Grand Liban, opposé au petit Liban.
Il était parmi les premiers à élever la voix dans le monde contre le danger de la création d'Israël sur le Liban. Il croyait que la paix dans l'histoire se nourrit de la cohabitation des religions monothéistes, à savoir l'islam, le christianisme et le judaïsme, et que la création d'un État religieux en Orient fera revivre les luttes interreligieuses. Le 11 septembre 2001 à New York n'est-il pas le jour de l'annonce du début de la guerre des religions ? Et la caricature du Prophète Mohamed n'est-elle pas le début de cette guerre ? André Malraux avait bien dit que le vingt et unième siècle sera religieux ou ne sera pas !
Le tout fut ensuite couronné par el-Qaëda, al-Nosra et Daech, après le Hezbollah et le gouvernement des mollahs en Iran.
Cela a confirmé l'analyse de Michel Chiha qui avait dit que la création d'Israël constitue une grande faute historique qui fera revivre la guerre des religions, celle qui opposait dans le passé les catholiques aux protestants et qui oppose aujourd'hui les sunnites aux chiites, celle qui nous conduira de ce pas vers un conflit islamo-chrétien et qui nous fera retourner aux temps des
croisades.

 

« L'assassinat de Rafic Hariri, une gifle du chiisme politique assénée au sunnisme politique libanais... ». Photos d'archives

 

La liberté avant le bien-être
N'est-ce pas la création même d'Israël en 1948 qui a abouti à la lutte entre les civilisations et les religions que nous vivons à présent ? Michel Chiha l'avait prédit et avait émis des mises en garde à ce sujet avant 1954, dans les années trente et quarante.
La création d'Israël au Moyen-Orient a fait écrouler tous les régimes parlementaires et fait naître des régimes militaires totalitaires qui sont tous tombés avec leurs slogans en 1967. Les organisations palestiniennes ont suivi et ont été pires que les régimes militaires ! Elles ont libéré le Liban à partir de Jounieh et de Ouyoun el-Simane ! Yasser Arafat a alors gouverné, comme il l'a dit lui-même, et après lui la « résistance », celle de Jounieh et Ouyoun el-Simane. Est venue ensuite la « Résistance » islamique chiite d'Alep, de Homs, de Hama et du Qalamoun pour contrer la résistance sunnite à Idleb et au Qalamoun. Le bain de sang qui éclabousse ces contrées perses et arabes en Orient éclaboussera aussi les pays d'Occident parce qu'il s'agit d'une maladie contagieuse et mortelle. Il aurait suffi que les communautés acceptent toutes l'idée de Michel Chiha faisant prévaloir la liberté sur le bien-être pour que nous économisions beaucoup de malheurs, d'autant qu'en perdant la liberté nous avons également perdu le bien-être !

Quatre guerres ont tué le despotisme arabe, remplacé par les takfiristes
Michel Chiha misait sur le « Liban axe central » et non le « Liban-pont », le Liban patrie et non le Liban-hôtel, et c'est lui qui a fait valoir l'équation « la liberté avant le bien-être ».
Ce fut l'homme de la cause libanaise par excellence. Toutes ses idées, prévisions et mises en garde se sont révélées exactes par l'histoire. Il avait, après son décès, les yeux « très propres » parce qu'il voyait correctement et très loin.
Il est mort en 1954 lorsque l'Europe essuyait encore ses blessures de guerre et clôturait l'histoire des conflits pour débuter une histoire de paix, de développement et de prospérité. Ont éclaté par la suite des guerres décisives au Moyen-Orient : celle de 1948, celle de 1956, celle de 1967 et celle de 1973. Elles ont marqué les étapes qui ont abouti à la chute des dictatures militaires, mais elles n'ont pas réussi à combler le vide par des apports de liberté, par un plus grand respect de la dignité humain, parce que la pensée en Orient était étouffée, vidée, écrasée par les régimes totalitaires, par cinq siècles de domination ottomane et onze siècles d'interdiction de l'ijtihâd en Islam. Le vide a été hélas comblé par les organisations religieuses takfiristes qui ont consacré la guerre entre les sunnites et les chiites, de même que le 11 septembre a consacré la guerre islamo-chrétienne à son départ.

Le Liban est un creuset où ont fusionné de nombreuses ethnies
Michel Chiha dit : « Nous sommes sur une route, et c'est parce que nous sommes sur une route – ou mieux sur un croisement de routes entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique – qu'aucun grand pays, quel qu'il soit, ne peut que se s'occuper de nous... en plus du fait que tous les peuples de la terre se sont rencontrés sur notre sol, se sont soudés en s'y installant et ont fusionné. Aussi le Liban est-il devenu un creuset où fusionnent des ethnies, et les Libanais sont-ils devenus la quintessence de ce passé touffu et tourmenté... Ils ne sont ni phéniciens, ni égyptiens, ni égéens, ni assyriens, ni perses, ni grecs, ni romains, ni byzantins, ni arabes, ni européens, ni turcs... Ils sont tout cela en cette union née de la réunion de tout ce monde au cours des années, sur la terre libanaise. »

Nos regards sont à présent tournés vers le passé et ses hommes
L'islam politique sunnite est en guerre, plus que froide, et moins que chaude, avec l'islam politique chiite, cet islam chiite qui avait rejoint, avant 1975, les rangs de la gauche extrémiste et qui est devenu bigot et perse extrémiste après 1980. Ce même islam chiite a jeté au loin les ouvrages de Marx et Lénine et leur a substitué Nahj al-Balagha (La voie de l'éloquence), ce qui a fait que l'islam politique sunnite a aujourd'hui, et à l'instar des autres communautés, commencé à réexaminer toutes ses idées et politiques passées en considération de cet enfer que nous vivons. Il se remémore à présent l'histoire de ces grands hommes qui ont posé les fondations de cette belle patrie que ses fils chérissent et qui les chérit à son tour en leur assurant la prospérité et la sécurité. Il espère que cette chère patrie condamnera la porte de l'immigration et ne laissera plus le nombre de réfugiés atteindre la moitié du nombre des
habitants.
Pour ces raisons, tous sont revenus applaudir ce qu'avaient dit Raymond Eddé, Fouad Chéhab, Saëb Salam, Riad el-Solh, Hamid Frangieh et Adel Osseirane.
L'islam politique sunnite est en début de route.
Pourquoi ne pas retourner à Michel Chiha et réfléchir à ses dires ?

Le LiBan de Michel Chiha n'est-il pas préférable à la « résistance de Jounieh et Ouyoun el-Simane » et à celle de Qalamoun, de Homs et de Hama ?
« Les pays qui n'ont pas de richesses naturelles à tirer de leur sol, il faut leur donner la liberté économique pour richesse. Autrement comment vivraient-ils ?... C'est le cas du Liban, de la façon la plus saisissante ; et c'est ce qui fait qu'ici, il faut défendre la liberté comme d'autres défendent leurs mines d'or, leurs gisements de pétrole... »
Les yeux « très propres » de Michel Chiha voyaient le danger de la perte de la liberté dont nous souffrons aujourd'hui ! Lorsque cette liberté a été aliénée en 1975, ont été aliénés avec elle les mines d'or et les puits de pétrole libanais.
Chiha a compris que la richesse du Liban est son capital humain : les connaissances, la compétence et les talents de ses fils qui lui ont donné un avantage comparatif en termes de services et de produits basés sur la connaissance : les services financiers et bancaires, le commerce, les médias, les industries de la santé et de l'éducation, l'industrie pharmaceutique, les industries de la culture, l'agro-industrie et l'agriculture à haute valeur ajoutée.
Ce Liban de Michel Chiha n'est-il pas préférable au Liban de la résistance, celle de Jounieh et Ouyoun el-Simane ou celle du Qalamoun, de Homs et de Hama ?
Michel Chiha dit : « Si la chaîne de la cohabitation se rompt et que meurt la tolérance, si la représentation faiblit ou si les conseils institutionnels s'émacient, le pouvoir perd sa légalité et lâche les commandes. Les forces non régulières deviennent alors les forces organisatrices de l'État et ses gestionnaires. »
N'est-ce pas ce qui est advenu à ce Parlement au mandat prorogé, à cette présidence vacante et à ce Conseil des ministres paralysé ?

Le passé, on l'oublie, mais il demeure en nous
Michel Chiha a dit : « Je me souviens seulement que, depuis l'époque des mamelouks – et je n'oublie pas, avant ou après eux, les Seldjudiques, puis les invasions mongoles et la traversée dévastatrice de Timorlink – les communautés vivant au Liban ont été exposées plus d'une fois à des secousses colossales.
Le passé ne meurt jamais complètement pour l'homme : c'est ce qu'a écrit Fustel de Coulanges dans le préambule de la Cité antique : l''homme peut bien l'oublier mais il le garde toujours en lui, parce que l'homme est, en tout temps, le produit de toutes les époques antérieures et leur résumé...»

Le peuple du Liban est tout simplement libanais
Chiha a dit ensuite : « Le peuple du Liban est tout simplement libanais. Si nous exceptons ceux naturalisés en des temps très proches, ce peuple n'est ni phénicien, ni égyptien, ni égéen, ni assyrien, ni grec, ni romain, ni byzantin, ni arabe, par parenté sanguine ou autre, ni européen. »
Il a conclu en disant : « Nous sommes donc devenus une mosaïque religieuse n'ayant pas d'équivalent sur terre, et nous ne pouvons plus nous identifier, à l'intérieur de la nation et à l'intérieur de la ville, que par notre croyance ou notre confession. »
« Le Liban est un pays objet de convoitises à son pourtour.... Il est, d'autre part, un pays menacé par des agressions diverses de la part de chercheurs de terres promises. Aussi doit-il, s'il veut que les rebelles parmi ses fils conservent un bonheur relatif et s'il veut barrer la route aux tentatives de séduction du voisinage, conserver dans ses lois fiscales, et même dans ses lois en leur ensemble et, au moins, pendant une période déterminée, un élément d'avantage, un élément d'encouragement ou un élément de tolérance par rapport aux lois des tiers. C'est le moins que l'on puisse souhaiter, à notre avis. Mais l'essentiel est que le situation perdure en l'état pour que nous puissions jouir de sa
stabilité. »

L'islam politique sunnite révise un grand nombre des règles qui l'ont marqué. C'est le moment de réfléchir à la pensée de Michel Chiha
Des changements qui auraient exigé des siècles ont eu lieu en quelques années. Pour cette raison, l'islam politique sunnite constitue actuellement un environnement propice aux idées de Michel Chiha, sur la tolérance et la volonté de cohabitation, issues de la constatation que l'homme, à toute époque, est « le produit de toutes les époques antérieures et leur résumé », que l'histoire du Liban est l'histoire « des secousses colossales », que le peuple du Liban est « tout simplement libanais », que nous sommes devenus une « mosaïque religieuse n'ayant pas d'équivalent sur terre », que nous sommes un pays « objet de convoitises à son pourtour » et que « la liberté est plus importante que le bien-être ».
L'islam politique, dans les circonstances actuelles qui l'entourent, révise un grand nombre de ses règles qui l'ont marqué pendant des siècles. Il est l'heure de réfléchir à des idées telles que celles émises par Michel Chiha. Peut-être réussirons-nous alors de produire un pays qui se connaît et que son peuple connaît sans détours, ni mensonges, ni imposture. Par la liberté et non par le bien-être, nous pourrons former les convictions qui nous bâtiront un pays bien protégé des convoiteurs qui sont nombreux.


Lire aussi

La pensée « libaniste » de Michel Chiha plus que jamais de mise dans le Liban d'aujourd'hui

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dolly Talhame

Etre libanais et non point maronites grec orthodoxe catholique sunnites chiites druze et j en passe c est notre seule porte de salut mais est ce vraiment une priorite chez nos gouvernants? Ils sont accusesde venalite ,d assujetissements a l etranger ,d incapacite ,mais ils ne sont pas finalement les seuls responsables car ce qui manque a ce pays c est un peuple ayant une ame libanaise plutot qu un ramassis d individus debrouillards !!!

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Chiha a dit : "Je me souviens que les communautés vivant au Liban ont été exposées à des secousses colossales (des tragédies). Le passé ne meurt jamais : l'homme peut bien l'oublier mais il le garde toujours en lui, parce qu'il est le produit de toutes les époques antérieures et leur résumé." ! Sauf que, dans certains "cas", il en devient non pas le résumé, mais l’avatar sous forme de Farce....

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Et donc, l'équation "la liberté avant le bien-être.", n'a aucun sens ! Car, sans bien-être, cette "liberté" n'est qu'un simple mot "pour la galerie"....

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

"Il aurait suffi qu'on accepte l'idée de Michel Chiha faisant prévaloir la liberté sur le bien-être pour que nous économisions beaucoup de malheurs, d'autant qu'en perdant la liberté nous avons également perdu le bien-être !". Oui, mais le "problème", c'est qu'il ne peut y avoir de "liberté sans bien-être".... N'est-ce pas ?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES ANALYSES DÉPENDENT DU NOMBRE D'OEILS AVEC LEQUELS ON LES VOIT... IL Y A LES DEUX YEUX QUI SE BRAQUENT ET IL Y A L'OEIL QUI EST BRAQUÉ ! IL Y EUT MARONITISME POLITIQUE ! IL Y A AUJOURD'HUI CHIISME ET SUNNISME IDÉOLOGICO-POLITIQUEMENT ASSERVIS À DES CENTRES ÉTRANGERS...

Halim Abou Chacra

Le Liban de Michel Chiha, qui est l'authentique et le vrai Liban, n'aura ni tranquillité ni survie sans une réelle neutralité positive. Plus de 70 ans d'expérience et de malheurs ne suffisent-ils pas ?

Vahe Atmadjian

Je pense que c'est deja trop tard MALHEUREUSEMENT

Halim Abou Chacra

"Christianisme (maronitisme) politique", "islam sunnite politique", "islam chiite politique perse", trois sources de catastrophes qui, successivement, ont mené le Liban de Michel Chiha littéralement à la ruine. Les Libanais de bon sens voient cela à l'heure actuelle dans chacun de ces concitoyens chiites qui tombent en Syrie au nom d'une aventure perse insensée. A ce jour on dirait que nous sommes un peuple sot, qui ne tire jamais les bonnes et indispensables leçons du passé, pour son plus grand intérêt.

Bery tus

"""Le christianisme politique avait choisi ce moment pour nous offrir le massacre de l'église d'Ehden dont ont été victimes vingt personnes tuées devant la statue de la Vierge. Cette boucherie était venue abattre le chéhabisme et nous laisser affronter la plus grave épisode de l'histoire du Liban. Ce même christianisme politique a tenté d'assassiner Raymond Eddé puis demandé l'intervention de la Syrie, dénommé les privilèges « garanties », abusé ensuite de ces privilèges, éloigné Raymond Eddé, s'est fait assister par Israël et ainsi de suite..."""

si je puis me permettre CE NE SONT PAS LES CHRETIENS RESPONSABLE DE LA GUERRE OUI IL Y AVAIT UN MARONISTISME ET NON CHRISTIANISME POLITIQUE, DEUXIEMMENT VOUS SAVEZ TRES BIEN QUE MEME SI IL N'AVAIT PAS ETE DEMANDER DE L'AIDE, LA SYRIE ALLAIT RENTRER QUOI QU'IL ARRIVE IL SUFFIT DE LIRE le SPEECH d'Assad DE JUILLET 1973 A L'UD !!

demander assistance d'israel ou se servir d'israel sans lui donner quoi que ce soit en retour la preuve l'elimination de bachir a ete prise par la syrie et israel !! on sait tous pq ... et l'on sait tous d'ailleurs que michel chiha faisait partie de la littérature de bachir et geagea

Dernières infos

Les signatures du jour

Émilie SUEUR

L’édito de Émilie SUEUR

Indigne pouvoir libanais

Décryptage de Scarlett HADDAD

Ultimes concertations avant les consultations

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants