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Moyen Orient et Monde

L’armée loyaliste progresse à Hama, Washington livre des armes à des rebelles

Syrie

Le Royaume-Uni estime qu'Assad ne peut être autorisé à se maintenir au pouvoir, mais est « souple » sur les modalités de son départ.

OLJ
13/10/2015

L'armée syrienne, forte de l'appui crucial aérien russe, avançait sur plusieurs fronts hier au prix de violents combats avec les rebelles islamistes.
L'armée et ses alliés – les milices prorégime, les combattants du Hezbollah et des militaires iraniens – tentaient de reprendre le terrain perdu dans le centre, l'ouest et le nord du pays en guerre depuis plus de quatre ans. L'armée a annoncé avoir repris la localité clé de Kafar Nabouda, dans la province centrale de Hama, mais l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a indiqué que les combats s'y poursuivaient et a fait état de 14 morts. « Il s'agit de la plus violente bataille depuis le début de l'intervention russe en Syrie le 30 septembre », selon l'OSDH. L'objectif est d'avancer vers Khan Cheikhoun, un fief du Front al-Nosra – branche syrienne d'el-Qaëda – dans le sud de la province d'Idleb, et de l'encercler. La prise de Kafr Nabouda rapprocherait les forces gouvernementales des positions tenues par les insurgés le long de la grande autoroute qui va de la capitale Damas, dans le sud, jusqu'à Alep au nord en passant par Homs et Hama. « La ville est très importante et stratégique », a souligné l'OSDH.
L'armée a fait état de la prise de neuf localités autour de Khan Cheikhoun depuis le début de la contre-offensive il y a près d'une semaine. Et selon une source militaire, elle a aussi pris cinq villages dans la région montagneuse de la province occidentale de Lattaquié, dont le plus important est Jib Ahmar. L'offensive vise à terme à reprendre aux rebelles la plaine de Sahl el-Ghab, à l'intersection des provinces de Hama, Lattaquié et d'Idleb. L'armée a aussi annoncé la prise de la zone franche à la lisière d'Alep. Elle cherche ainsi à couper les lignes d'approvisionnement des rebelles à Alep et se trouve quasiment en face des jihadistes de l'EI. Au 13e jour de son intervention en Syrie, l'aviation russe a bombardé sans relâche, en appui à une contre-offensive du régime, les positions de rebelles islamistes alliés au Front al-Nosra.

50 tonnes de munitions
Pour leur part, les États-Unis ont parachuté des munitions « à des groupes arabes syriens dont les responsables ont fait l'objet de vérifications appropriées par les États-Unis », selon le commandement des forces américaines au Moyen-Orient (CentCom). Selon l'OSDH, les armes ont été livrées aux Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition regroupant les Unités de protection du peuple kurde (YPG) et le groupe majoritairement arabe Burkan al-Furat. Ces forces ont déjà montré leur efficacité en chassant l'EI de plusieurs localités à la frontière avec la Turquie. Un responsable de la défense a précisé que les avions avaient parachuté au total « 50 tonnes de munitions », confirmant une information de CNN. Le parachutage illustre la nouvelle orientation de l'administration Obama pour lutter contre l'EI en Syrie, après l'échec de son programme d'entraînement de rebelles syriens modérés. Cette nouvelle approche a été annoncée vendredi à Washington par l'administration américaine.
De son côté, l'émissaire de l'Onu pour la Syrie Staffan de Mistura se rendait hier à Moscou puis à Washington, insistant toujours sur un processus politique pour mettre fin au conflit qui perdure. « Il est clair que l'intervention militaire russe a introduit une nouvelle dynamique », a-t-il dit.
Pour sa part, la Turquie pourrait discuter avec la Russie et l'Iran dans le but de parvenir à une solution politique en Syrie, mais n'adoptera pas de position diplomatique susceptible de « légitimer le régime syrien », a déclaré hier le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.
Parallèlement, les 28 pays de l'Union européenne ont sommé Moscou de « cesser immédiatement » ses frappes contre les insurgés « modérés » et estimé qu'il « ne peut y avoir de paix durable avec les dirigeants actuels ».
Enfin, le Royaume-Uni estime que M. Assad ne peut être autorisé à se maintenir au pouvoir, mais est « souple » sur les modalités de son départ, a déclaré hier le secrétaire au Foreign Office Philip Hammond, confirmant la position de son gouvernement. Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne doivent se réunir aujourd'hui à Luxembourg. Avant ce conseil, diplomates et fonctionnaires tentent de parvenir à un compromis entre les pays qui veulent le départ immédiat du président syrien et ceux qui sont prêts à accepter une période de transition avec Bachar el-Assad.
(Sources : agences)

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