Beyrouth-Paris

Une lettre de Sleiman à Hollande pour que le Liban ne soit pas à la traîne d’un règlement en Syrie

Au cours de son entretien récemment avec l'ambassadeur de France, Emmanuel Bonne, en sa résidence de Yarzé, l'ancien président Michel Sleiman a remis à son hôte une lettre adressée au président français, François Hollande, indique l'agence locale al-Markaziya.
La missive comporte les points dont l'application est jugée indispensable par l'ancien chef de l'État, dans le cadre d'un règlement politique en Syrie. Ils concernent principalement le Liban et devraient être pris en considération par l'Occident lorsqu'un règlement pour la Syrie sera concocté, estime-t-il.
Au nombre de quatre, M. Sleiman a déjà eu l'occasion d'en discuter avec François Hollande, lors de leur entretien en septembre dernier, à l'Élysée. L'ancien chef de l'État croit ferme en un « Genève 3 », qui engagerait la Syrie sur la voie d'une solution politique. Et c'est dans cette perspective qu'il pense que le Liban ne devrait pas « rester sur le bord du chemin », de peur qu'il ne fasse les frais d'un éventuel règlement de la crise syrienne.
Ces quatre points sont donc les suivants : une délimitation des frontières libano-syriennes, le déploiement d'observateurs internationaux tout le long des frontières nord et est, un règlement de la crise des réfugiés syriens et un dédommagement du Liban.
En ce qui concerne les frontières, le président Sleiman rappelle qu'il n'a jamais été possible pour le Liban de les tracer et que le problème remonte à plus de 70 ans. Relevant que les Syriens ont toujours avancé un prétexte, « le plus souvent injustifié », pour se dérober à cette mesure, il a insisté sur le fait qu'une délimitation des frontières est de nature à « mettre fin à l'anarchie en cours ainsi qu'à la contrebande et aux infiltrations d'éléments armés vers et du Liban ». L'ancien président rappelle également les dispositions de la résolution 1701 du Conseil de sécurité sur le même sujet.
Concernant les observateurs internationaux, il estime que leur déploiement « répond à l'esprit de la même résolution qui appelle le gouvernement dans son article 14 à contrôler ses frontières, ainsi que toutes les entrées du pays pour empêcher l'introduction d'armes illégales ».
Au sujet des réfugiés syriens, Michel Sleiman juge indispensable de classer leur retour en tête des priorités dans le cadre d'un règlement politique et d'œuvrer avec l'Onu pour établir un calendrier-programme de ce retour, quel que soit le nombre des réfugiés. Il revient sur le danger que représente les réfugiés syriens pour le Liban dans la mesure où leur nombre correspond, note-t-il, au tiers de la population libanaise.
L'ancien chef de l'État propose ensuite à la France d'orienter elle-même l'intérêt international qui serait porté au dossier libanais. Dans ce contexte, il estime qu'une partie des fonds qui seraient alloués pour la reconstruction de la Syrie devrait être débloquée pour le Liban, « étant donné les pertes accumulées par le pays du fait de la crise syrienne ». M. Sleiman rappelle que le Groupe international de soutien au Liban, qui avait tenu sa première réunion en 2013 à New York, avait estimé à 7,5 milliards de dollars les pertes du Liban du fait des réfugiés syriens.
Selon al-Markaziya, le président Sleiman compte adresser des lettres similaires aux pays membres du Groupe international de soutien au Liban et du Conseil de sécurité de l'Onu, à travers leurs ambassadeurs au Liban.


Au cours de son entretien récemment avec l'ambassadeur de France, Emmanuel Bonne, en sa résidence de Yarzé, l'ancien président Michel Sleiman a remis à son hôte une lettre adressée au président français, François Hollande, indique l'agence locale al-Markaziya.
La missive comporte les points dont l'application est jugée indispensable par l'ancien chef de l'État, dans le cadre...

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