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Liban

Sit-in à Dalieh « en signe de solidarité avec les activistes libérés »

Société civile
Y. A. A. | OLJ
05/10/2015

Plusieurs collectifs de la société civile ont effectué samedi un sit-in dans le secteur Dalieh de Raouché « en signe de solidarité avec les activistes détenus puis libérés pour avoir participé aux manifestations au centre-ville », suite à la crise des déchets. Selon un communiqué publié samedi, cette action a été menée « pour affirmer le droit de manifester, mettre fin aux décharges, récupérer les espaces publics par la force populaire et imposer la libération de 24 détenus dont 9 mineurs ont été transférés au tribunal militaire ».
Dans leur communiqué, les collectifs ont demandé « la fin des arrestations arbitraires et de la poursuite des civils devant le tribunal militaire », ainsi que « la démission des ministres Mohammad Machnouk et Nouhad Machnouk pour avoir échoué à gérer la crise des déchets et porté atteinte au droit de manifester garanti par la Constitution ».
Les activistes ont également réclamé « l'ouverture d'une enquête transparente et indépendante pour déterminer les responsabilités dans les atteintes aux manifestants ». Ils ont demandé aussi « l'arrêt du contrat liant l'État à la société Sukleen, le retrait de la mainmise du Conseil du développement et de la reconstruction sur le dossier des déchets, la réclamation de comptes à ceux qui ont pris part à la corruption durant les 20 dernières années et le ramassage des ordures amoncelées dans les rues ». Ils ont également appelé au « déblocage des fonds des municipalités et des fédérations des municipalités pour qu'elles puissent résoudre la crise des déchets », avant d'inviter à la « libération des propriétés publiques », tout en soulignant leur « opposition à la proposition de loi visant à légaliser les atteintes à ces propriétés ».

Limiter les prérogatives de la justice militaire
À signaler que le Comité des avocats des manifestants a participé au sit-in de Dalieh. Dans un communiqué rendu public samedi, il a énuméré une série d'atteintes aux manifestants, notamment : l'emploi de la violence, du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc, les enquêtes engagées avec des mineurs en l'absence de leurs parents. Le comité a stigmatisé « l'emploi de la violence » et revendiqué « l'ouverture d'une enquête transparente concernant les pratiques des FSI lors des manifestations des 22, 23, 25 et 29 août, et 16 septembre ». Il a également dénoncé « la poursuite des civils devant la juridiction militaire », estimant qu' « elle ne procure pas les conditions d'un procès équitable, tout en demandant « la modification de la loi concernant la juridiction militaire pour limiter les prérogatives de cette dernière ». Les avocats ont également rejeté « l'emploi du concept d''infiltration" dans les manifestations pacifiques. Il s'agit, selon eux, d'un « concept politique qui ne figure pas dans les lois libanaises ».
Notons que les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont rappelé, dans un communiqué publié samedi, que « les moyens antiémeute n'ont été employés qu'après avoir tenté tous les moyens pacifiques pour empêcher les atteintes aux membres des FSI, et aux propriétés privées et publiques », avant de faire valoir que « ces moyens sont utilisés dans les pays les plus démocratiques ».
Les FSI ont, par ailleurs, souligné que « les enquêtes et les arrestations de manifestants mineurs ont été faites à la demande de la juridiction concernée », tout en signalant que « ce type d'arrestations est contrôlé par le code pénal, notamment l'article 422 relatif aux mineurs », avant d'assurer que « les arrestations qui ont eu lieu lors des manifestations ont été celles des auteurs des actes de vandalisme et de leurs instigateurs ».
Interrogé par L'Orient-Le Jour, le fondateur de l'Agenda légal, Nizar Saghiyeh, a confirmé que « les collectifs de la société civile qui ont effectué le sit-in à Dalieh samedi vont s'opposer à la poursuite des civils devant la juridiction militaire, mais la décision finale n'a pas encore été prise ». « Ils vont également porter des recours pour demander des comptes à ceux qui ont porté atteinte aux manifestants, qu'ils relèvent des institutions de l'État ou non », a-t-il ajouté.

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