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L'Orient Littéraire

Daech, la fulgurance d’un parcours sans faute

D.R.

À chaque époque sa barbarie, serions-nous tentés de dire ! Cela va bien au-delà, « l’irruption fulgurante de l’État islamique au Moyen-Orient a provoqué une sorte de sidération tant sur la scène internationale qu’au niveau des élites politiques régionales ». Tout le système de valeurs se trouve ainsi remis en question. Daech (ou État islamique/EI) se nourrit de cette rhétorique de la Guerre des civilisations, servie en continu et si chère aux politiques. Pierre-Jean Luizard, directeur de recherches au CNRS, nous offre ici une analyse d’une grande clarté sur une organisation tentaculaire.
 
À travers ses allées et venues dans l’histoire plus ou moins récente du Moyen-Orient, l’auteur nous aide à comprendre un phénomène qui entend bien opérer une mutation de la région. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Daech se présente comme une force de libération, profitant d’un contexte irakien où règnent instabilité et corruption sans oublier un clientélisme profondément ancré. Daech agit comme un révélateur des failles minant la région, à commencer par l’Irak et la Syrie, tout autant qu’il met en exergue les politiques ambigües et dangereuses de certains États, à commencer par la Turquie et l’Arabie saoudite.
 
L’année 2014 marque un tournant pour l’EI. Son projet prend forme… La proclamation du califat et l’effacement de la frontière entre l’Irak et la Syrie à Yoaroubiya sont un moment fondateur. Il est avant tout question pour Daech de faire référence aux promesses trahies de ces alliés (à commencer par les Britanniques) qui avaient poussé les Arabes à se soulever contre l’Empire ottoman. L’organisation fait sienne l’humiliation imposée par les puissances coloniales au début du siècle dernier, surfant sur le sentiment de victimisation dominant dans la région tout autant que chez les jeunes de banlieue en Occident en quête de gloire et de reconnaissance. Elle offre une porte de sortie dans un univers clos et sans avenir. Rien n’est laissé au hasard ! L’EI obéit à une véritable stratégie tant à l’échelle locale que sur le plan international. Le succès repose aussi sur la présence d’anciens officiers baasistes, exclus par les Américains, ayant rejoint l’organisation. La nouveauté réside bien dans la territorialisation en tirant partie des contradictions internes propres à la Syrie et à l’Irak. À la différence d’al-Qaïda, l’État islamique tente par tous les moyens d’établir une assise territoriale solide lui donnant un poids jamais atteint jusqu’alors par son rival. En instrumentalisant la question des minorités, l’EI a parfaitement su tirer à son avantage une communication reposant avant tout sur les mises en scène macabres et le sensationnalisme, suscitant l’indignation d’un Occident qui a trop tendance à se laisser emporter par l’affect. La « politique du pire » est une provocation de Daech, visant à entraîner et enfermer l’Occident dans une logique de guerre. Quelle alternative offre la coalition internationale anti-Daech ? Aucune n’est capable d’offrir une sortie convenable à travers un vrai projet politique, qui pour l’heure n’existe toujours pas, même à l’état embryonnaire.
 
Les zones frontalières de l’Irak et de la Syrie se trouvent dans la ligne de mire de Daech. Si le Liban semble être le pays le plus vulnérable, le multiconfessionnalisme du pays est un facteur clé expliquant l’impossibilité pour l’EI d’occuper durablement des territoires d’un tel État ! A contrario, il semblerait que la Jordanie soit autrement plus fragile face à la montée en puissance de Daech.
 
Il est grand temps pour les acteurs régionaux et internationaux de se réveiller, d’assumer le passé et de prendre enfin en compte les vraies raisons à l’origine du succès de Daech. Tout cela passera par une remise en question de politiques toutes plus désastreuses les unes que les autres. Rien ne sera possible tant qu’une vraie réflexion accompagnée d’un projet politique viable et cohérent ne sera pas lancée.
 
L’auteur a le mérite de sortir de ce politiquement correct qui ne mène nulle part…
 
 
 
 
Bibliographie:  Le piège Daech, l’État islamique ou le retour de l’Histoire,  de Pierre-Jean Luizard, La Découverte, 2015, 178 p.

 

 

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À chaque époque sa barbarie, serions-nous tentés de dire ! Cela va bien au-delà, « l’irruption fulgurante de l’État islamique au Moyen-Orient a provoqué une sorte de sidération tant sur la scène internationale qu’au niveau des élites politiques régionales ». Tout le système de valeurs se trouve ainsi remis en question. Daech (ou État islamique/EI) se nourrit de...

commentaires (4)

DE LA BOURDE ! TOUT CE QUI SE PASSE DANS LA RÉGION... PRÉ-ANNONCÉ PAR LE LUNATIQUE... FUT DÉCLENCHÉ PAR LES PARENTS POUR IMMUNISER LEUR ENFANT GÂTÉ !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

11 h 56, le 15 septembre 2015

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Commentaires (4)

  • DE LA BOURDE ! TOUT CE QUI SE PASSE DANS LA RÉGION... PRÉ-ANNONCÉ PAR LE LUNATIQUE... FUT DÉCLENCHÉ PAR LES PARENTS POUR IMMUNISER LEUR ENFANT GÂTÉ !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    11 h 56, le 15 septembre 2015

  • Pure apologie du terrorisme salafowahabite cet article !!! incroyable !!!

    FRIK-A-FRAK

    12 h 36, le 14 septembre 2015

  • Sans faute ...? mais avec de grosses tâches de sang ...Daech a condamné son parcours avant d'exister vraiment....

    M.V.

    19 h 24, le 13 septembre 2015

  • On va leur envoyer F.Hollande Il va régler le problème de Daech !!!

    FAKHOURI

    18 h 55, le 13 septembre 2015