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Moyen Orient et Monde

Aux États-Unis, une rentrée politique au ras des pâquerettes

Seule embellie au tableau : le cas Joe Biden.

Joe Biden s’adresse à ses supporters à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Jeff Swensen/AFP

Le Congrès s'est remis au travail mardi dernier après une pause de cinq semaines et peu avant le retour des 17 jours de vacances du président Obama. Ce redémarrage a été qualifié de « Silly Season » par le New York Times parce qu'il se restreint au duel entre l'administration Obama et les membres républicains du Congrès à propos de l'accord avec l'Iran (le vote sera sûrement concluant le 17 septembre), aux débats au ras des pâquerettes des candidats en lice pour la présidentielle et aux fissures dans le leadership et la base des deux grands partis.


Première confirmation de cet état bancal, les efforts renouvelés d'un groupe de républicains pour déloger le président de la Chambre John Boehner (lui-même républicain), comme ils le font à chaque début de saison. En échouant à tous les coups et en recommençant la saison suivante. Comme s'il s'agissait d'un problème vital pour le pays. Seconde preuve : la domination des candidats outsiders à la présidentielle (Donald Trump et Bernie Sander en tête) qui ont poussé de côté, pour l'instant, l'establishment des deux partis (Hillary Clinton et Jeb Bush), se retrouvant qui plus est en tête des sondages.
Signe troublant : Paul Krugman, le célèbre éditorialiste économique du New York Times, Prix Nobel faut-il le rappeler, a intitulé sa dernière colonne « Donald Trump a raison en politique économique ». Autre déception pour les membres du Congrès : il s'est avéré que beaucoup de membres de leurs circonscriptions électorales, consultés durant leurs vacances d'été, appuyaient Donald Trump.

 

Comme monsieur Tout-le-Monde...
Néanmoins, ce début de Silly Season vient de connaître une certaine embellie avec un plein éclairage sur le vice-président Joe Biden. Ce dernier, qui n'a pas encore annoncé sa candidature, s'est vu, selon un sondage de la NBC, accrédité de 71 % d'intentions de vote contre 7 % en sa défaveur, face à Hillary qui emporte également 71 % en sa faveur, mais 17 % en sa défaveur. Ce qui explique qu'elle s'apprête à faire des apparitions publiques affichant chaleur, grand cœur et bonne humeur.
Des qualités naturelles lorsqu'il s'agit du vice-président, qui cumule au compteur, outre ses 8 ans aux côtés de Barack Obama, trois décennies au Sénat. Joe Biden est ainsi connu pour sa personnalité aimable et son honnêteté (il est le moins fortuné de la classe politique), et il jouit de l'appui des syndicats, importants au niveau électoral. Dernier petit détail : il a aussi l'avantage de se nommer Joe... Comme monsieur Tout-le-Monde.

 

Les 500 derniers beaux jours d'Obama
Le président Obama, pour sa part, n'est jamais apparu aussi relax depuis sept ans, et c'est ainsi qu'il est censé aborder les 500 derniers jours qu'il lui reste à la Maison-Blanche. Et pour cause :
il aura réussi à baisser le chômage (actuellement à moins de 6 %,), à sceller un accord avec l'Iran et à embarrasser le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l'Aipac (le lobby juif). Cerise sur le gâteau : fin septembre, il reçoit à Washington le président chinois, Xi Jinping.
En outre, Barack Obama pense sans doute déjà aux millions de dollars que des donneurs fortunés et de simples citoyens offriront pour la construction et le fonctionnement de la bibliothèque qui portera son nom. Parce que c'est une coutume que soit établi pour chaque chef d'État un centre d'études et de recherches, reflétant sa vision du pays et du monde, et conservant les documents de sa carrière politique.

 

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