Photo Nasser Traboulsi.
Le président des Forces libanaises, Samir Geagea, s'est singularisé samedi à Maarab par son refus de participer à l'initiative de dialogue lancée par le président de la Chambre, Nabih Berry. M. Geagea, qui avait boycotté le dialogue national sous la présidence de Michel Sleiman, estime qu'il s'agit d'une perte de temps. Même son principal allié, le chef du courant du Futur, Saad Hariri, s'était pourtant empressé d'attraper la balle au bond, sitôt après le discours de M. Berry au meeting annuel commémorant la disparition de l'imam Moussa Sadr.
Cependant, le leader FL n'a pas complètement fermé la porte au dialogue, posant comme condition l'élection d'un président de la République et réclamant que le Hezbollah annonce, avant le début du dialogue, que ses députés prendront part à la séance électorale du 30 septembre. Des sources FL soulignent que Samir Geagea est resté fidèle à la même logique qui l'avait conduit à quitter la table de dialogue du temps de l'ère Sleiman et qu'il a voulu, à travers sa position, palper le degré de sérieux du Hezbollah, qui est, selon lui, le principal responsable du blocage présidentiel.
Quant à l'initiative Berry, en sus de revitaliser le dialogue et les institutions, elle vise surtout à circonscrire la crise et à contenir la grogne populaire dans la rue. Le mouvement de protestation dérange toutes les composantes politiques, y compris le Hezbollah, qui se méfie de ses objectifs.
La position de Samir Geagea n'a pas vraiment étonné le 14 Mars, dont les composantes s'étaient préparées à ce que le leader FL boycotte le dialogue. Quelque part, les autres formations du 14 Mars profitent même de la posture adoptée par M. Geagea, qui hausse ainsi les enchères et renforce la position du camp souverainiste dans le cadre du dialogue. Lors d'une réunion à la Maison du Centre, jeudi dernier, en présence de MM. Fouad Siniora, Farid Makari, Georges Adwan, Samy Gemayel, Boutros Harb et Nabil de Freige, chacune des parties avait exprimé son point de vue vis-à-vis de l'initiative Berry et proclamé son attachement au dialogue, à l'élection d'un président de la République et à la redynamisation des institutions. Cependant, le soin avait été laissé à chacun de déterminer sa position vis-à-vis de l'initiative en fonction de ses propres données.
De sources bien informées, même les FL n'avaient pas encore pris position d'une manière tranchée contre la participation au dialogue, ce soir-là. Selon des sources bien informées, les participants ont décidé de rester attachés à la feuille de route présentée par Saad Hariri avant la fin du mandat Sleiman, et dont le premier point était l'élection d'un président de la République avant tout. Le 14 Mars refuse en effet de discuter d'une autre clause avant qu'il n'y ait un accord sur ce point. Il exige un calendrier bien défini pour aboutir à un accord, en dépit du fait que Nabih Berry ait déjà fait savoir que l'ordre du jour est fixé et qu'il ne peut être modifié.
De sources bien informées, on indique que la position du 14 Mars rejoindrait celle de Bkerké, qui souligne la nécessité de l'élection d'un président de la République avant de discuter de tout autre chose. Le 14 Mars souligne que l'agenda du Courant patriotique libre, concernant le cabinet, l'élaboration d'une nouvelle loi électorale sur base de la proportionnelle et des élections législatives, ne saurait être discuté avant l'élection d'un président qui ne soit pas provocateur, mais au contraire agréé par tous et consensuel. Face à l'antagonisme entre les deux agendas – celui du 14 Mars, dont la priorité est la présidentielle, et celui du CPL, qui réclame un président élu « par le peuple » ou de nouvelles élections législatives sur base de la proportionnelle –, certains milieux politiques ne cachent pas leur crainte que le dialogue ne tourne court.
Le 14 Mars devrait par ailleurs réclamer d'emblée la reconnaissance des résolutions des séances précédentes du dialogue, depuis 2006, pour qu'elles ne soient pas jugées comme nulles et non avenues, dans la mesure où l'initiative de dialogue actuelle semble les occulter, notamment la très précieuse déclaration de Baabda.
Tout le monde attend donc le début du dialogue, mais tout le monde a aussi les yeux rivés sur le mouvement de protestation de la société civile dans la rue. Des sources proches de l'Église affirment que le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, poursuit ses contacts pour la tenue d'un sommet islamo-chrétien, mais qu'il souhaiterait en reporter la tenue pour éviter qu'il ne fasse de l'ombre à l'initiative Berry. Ces sources précisent que les tentatives déployées par le patriarche pour assurer une réunion des pôles maronites en faveur d'un accord sur l'élection d'un président de la République et d'une entente sur un candidat acceptable de tous ont échoué. Il s'est avéré que certains chefs s'entêtent à maintenir leur candidature indéfiniment, sans accepter de discuter un jour de l'éventualité d'un candidat consensuel.
En dépit de la gêne du patriarche maronite vis-à-vis de l'annulation du sommet islamo-chrétien, Bkerké soutient le dialogue, notamment sa première clause, en l'occurrence l'élection d'un président de la République, d'autant que l'initiative Berry bénéficie d'un soutien extérieur. La déclaration du Conseil de sécurité a soutenu le dialogue, de même que le Quai d'Orsay, mettant l'accent sur la nécessité pour la Chambre d'élire un nouveau président de la République. Cela signifie que la communauté internationale ne suit pas les agendas de « changement » que certains élaborent dans le but de modifier les priorités. L'élection présidentielle reste donc la priorité absolue.
Le mouvement foudroyant initié par la société civile opère dans ce cadre comme un « game changer » et vient brouiller les cartes. Il pourrait être utilisé pour pousser toutes les parties vers un compromis politique global dans le but de libaniser les élections. Sinon, le dossier libanais sera au menu d'« une conférence qui se tiendra à Mascate », similaire à celle de Doha, pour assurer le succès d'un règlement qui débuterait par l'élection d'un nouveau président et se conclurait par de nouvelles législatives.
Le dialogue de 2006 et le 7 mai 2008 ont débouché sur l'élection de Michel Sleiman. Le mouvement de protestation et le dialogue de 2015 conduiront-ils à un président de compromis ? En 2008, les décisions du cabinet relatives au réseau de communication du Hezbollah, qui étaient l'œuvre, à l'époque, de Walid Joumblatt, avaient précipité les événements. L'histoire se réédite-t-elle aujourd'hui avec la fermeture du dépotoir de Naamé, que l'on doit également au chef du PSP... ?
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OUI... DIRAIENT TOUS LES MOUTONS... MAIS CHACUN FANATIQUEMENT SUIVISTE DE SON PANURGE... - LA MÉDICATION : ÉLECTION CONSTITUTIONNELLE D'UN PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE... MÊME SI CHOISI CONSENSUELLEMENT... CHANGEMENT DE GOUVERNEMENT... ÉLECTIONS LÉGISLATIVES, Où LES MOUTONS... SI ÉMANCIPÉS... NE DONNERAIENT PLUS LEURS VOIX AUX ZAÏMS DES TRIBUS FAMILIALES ET DES TRIBUS DES DÉSIGNÉS PAR L'ÉTRANGER ! ET LE CHANGEMENT SERA ÉNORME, LÉGAL ET DÉMOCRATIQUE ! JE RÊVE ? JE LE SAIS... MAIS LES RÊVES SONT PERMIS ET SOUVENT... AU RÉVEIL... SI RÉVEIL IL Y AURAIT... SE RÉALISENT !!!
09 h 44, le 08 septembre 2015